Football: Anto Grgic, nouveau baromètre du FC Sion
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FootballAnto Grgic, nouveau baromètre du FC Sion

La courbe de forme des Sédunois suit assez précisément celle de leur milieu de terrain en ce moment. Et lorsqu'il souffre, comme dimanche contre Vaduz (0-2), c'est tout Sion qui souffre.

par
Florian Vaney

Écrire qu'Anto Grgic justifie son salaire à Sion depuis trois ans par deux ou trois gestes prodigieux par saison, pas plus, serait exagéré et très insultant. Et surtout particulièrement faux depuis cette saison où il fait la pluie et le beau temps en Valais, avec ses huit buts, son incroyable triplé contre Saint-Gall il y a un mois et ses trois passes décisives. Mais tout de même, quel joueur étrange que le milieu de terrain zurichois. Sa tendance à disparaître durant trois matches pour mieux sortir de sa boîte et claquer un coup franc à 25 mètres, cette nonchalance qui laisse parfois sa place à l’omniprésence. Et maintenant, cette dépendance qui le lie à son équipe.

Oui, le discret Anto Grgic sert désormais de baromètre au FC Sion. Depuis la reprise de janvier, on a souvent eu l'impression que les Valaisans surjouaient un peu, que leur propension à se retrouver au bon moment au bon endroit était supérieure à la moyenne. Elle n'expliquait pas à elle seule les résultats corrects obtenus par la troupe de Fabio Grosso, mais elle y participait clairement.

Sion – Vaduz, le symbole

Le constat vaut au moins tout autant pour Grgic. Lui l'habitué aux saisons entre deux et quatre buts, lui l'homme à l'initiative des actions plutôt qu'à leur conclusion, lui l'élément qu'on cite rarement spontanément comme meilleur ou pire joueur du match. Voilà qu'il brille de mille feux, inscrit des goals décisifs, figure dans tous les bons coups. Pour s'accrocher au bon wagon de Super League, Sion s'accrochait à lui. Et forcément, lorsqu'il redevient le joueur qu'il est depuis son arrivé à Tourbillon en 2018, le retour sur terre fait mal.

Le Sion - Vaduz de dimanche, c'est la personnification de cette théorie. D'abord, un Anto Grgic chatoyant, qui donne l'impulsion, le tempo. Les Valaisans réussissent leur début de match, partagent l'impression qu'ils vont enterrer des Liechtensteinois encore euphoriques de leurs dernières performances. Mais la balle que son maître à jouer aurait sans doute envoyée dans le petit filet il y a peu, il la propulse dans les tribunes vides (7e minute). Problème numéro 1.

Le mode survie à Vaduz, pas encore à Sion

Le problème numéro 2 arrive très vite, trop vite. Grgic s'essouffle, change d’apparence. Son jeu tout en vision ne devient que déchet. À la construction, il y a un trou béant entre les deux lignes sédunoises. Sion ne se projette plus vers l'avant, ou de manière trop déstructurée pour continuer à semer la confusion dans l'esprit d'un Vaduz venu en mission. La différence entre les deux équipes se situait sans doute ici. Toutes les deux ne sont jamais meilleures que lorsqu'elles enclenchent le mode survie. Vaduz l'avait fait, pas Sion.

Toute la question, désormais, est de savoir quand est-ce qu'Anto Grgic et ses camardes en feront de même. Battus par les derniers du classement, certainement pas meilleurs qu'eux, qui ont d'ailleurs bénéficié de deux penalties bien généreux pour inscrire les deux seules réussites de la rencontre, les voilà rattrapés et barragistes uniquement grâce à une différence de buts avantageuse. Mais est-ce vraiment suffisant pour que l'urgence gagne les rangs valaisans? L'année dernière, il a fallu attendre le sprint final avant de voir les pensionnaires de Tourbillon passer la vitesse supérieure.

Mais il y a sans doute là une analogie à ne pas faire entre deux effectifs passablement différents. Parce qu'avant la prestation insipide de dimanche, Sion avait montré une attitude et des qualités qui doivent lui garantir une certaine régularité. Sans cette identité, là où tous leurs rivaux ont trouvé la leur, les Valaisans n'y arriveront pas.

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