Genève: Appel à une universalisation du traité sur les armes
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GenèveAppel à une universalisation du traité sur les armes

Les Etats discutent du texte contraignant qui lie le commerce des armes au respect des droits humains.

Des militants d'Amnesty International manifestent devant le palais des Nations Unies à Genève pendant que les discussions sur le traité des armes se tiennent à l'intérieur, ce 23 août 2016.

Des militants d'Amnesty International manifestent devant le palais des Nations Unies à Genève pendant que les discussions sur le traité des armes se tiennent à l'intérieur, ce 23 août 2016.

Salvatore di Nolfi, Keystone

«Le Traité international sur le commerce des armes (TCA) est comme un tout petit bébé qui commence juste à ramper, mais qui ne marche pas encore», illustre Brian Wood, responsable des questions liées au contrôle des armes et aux droits humains à Amnesty International, qui s'exprimait ce mardi à Genève dans le cadre d'une rencontre avec les médias de plusieurs experts des questions liées aux armes et aux droits humains, à l'invitation d'Amnesty International.

Cette réunion est organisée en marge de la deuxième Conférence des Etats parties au TCA qui se déroule à Genève jusqu'au 26 août.

«Il faudra encore au moins dix ans pour qu'il fonctionne pleinement dans la majeure partie du monde», précise Brian Wood. Le premier objectif pour y parvenir est «horizontal»: rallier le plus possible de nouveaux pays, en particulier les «poids lourds» comme la Russie, la Chine, l'Inde et d'autres grandes puissances asiatiques. Bien que signé par quelque 130 pays, ce traité n'en est qu'à ses balbutiements quant à son application concrète.

La Chine semble de plus en plus encline à s'approcher d'une adhésion: Pékin est représentée à cette deuxième conférence, contrairement à la Russie ou à l'Inde.

Moyens et volonté politique

La mise en oeuvre concrète passe par des changements de législations et de pratiques dans les pays signataires. «Cela peut aller assez rapidement dans des pays développés qui ont à la fois une volonté politique et des moyens pour le faire», estime Brian Wood.

Mais le processus peut s'avérer nettement plus long dans les pays en développement. Le Ghana par exemple, qui s'est attelé à la tâche, doit modifier 24 parties de sa législation pour la rendre conforme au TCA.

Pour les effets concrets, il faudra être patient. «Il est impossible d'éliminer toute forme abusive de transfert d'armes avant que tous les États du monde ne soient parties au traité et ne l'appliquent». Brian Wood appelle donc à une universalisation du traité. Outre les poids lourds mentionnés, pratiquement aucun pays du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord n'a adhéré, pas plus que nombre de pays asiatiques.

(ats)

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