12.11.2015 à 10:27

GenèveAppel au boycott du discours de Maduro

Le président vénézuélien s'exprime jeudi au Conseil des droits de l'homme. Une enquête pourrait être ouverte contre lui pour crimes contre l'humanité.

Nicolas Maduro est accusé de crimes contre l'humanité par des opposants au pouvoir.

Nicolas Maduro est accusé de crimes contre l'humanité par des opposants au pouvoir.

Keystone

Une coalition de 50 défenseurs des droits de l'homme a demandé jeudi aux ambassadeurs à l'ONU de boycotter le discours de Nicolas Maduro. Le président du Venezuela doit s'adresser dans l'après-midi à Genève au Conseil des droits de l'homme.

Dans une lettre adressée aux 190 Etats membres, les représentants des militants et organisations non gouvernementales, dont Lilian Tintori, la femme du dirigeant de l'opposition emprisonné Leopoldo Lopez, dénoncent la répression en cours au Venezuela. Ils demandent aux gouvernements de démontrer leur solidarité avec les victimes en ne participant pas à la réunion spéciale prévue à 15h00 au Palais des Nations.

Cette réunion a été organisée à la suite d'une requête du Venezuela, malgré les réserves de quelques membres du bureau du Conseil des droits de l'homme. La formule ne prévoit aucun débat, ce que déplorent les ONG.

Perceptions négatives

«La crainte de perceptions négatives quant à cette réunion est aggravée par la nature extrême de la répression en cours exercée contre son peuple par le Venezuela et par le refus de ce pays d'accepter des missions d'enquête des rapporteurs spéciaux de l'ONU», écrivent les ONG.

Le Venezuela a été élu membre du Conseil des droits de l'homme par 131 voix à l'Assemblée générale de l'ONU le 28 octobre. Des élections législatives doivent avoir lieu le 6 décembre dans ce pays. Le parti du président pourrait perdre le pouvoir selon des sondages, après seize ans de gouvernement.

Plainte à la CPI

Mardi, un groupe de victimes et d'opposants au pouvoir vénézuélien a déposé plainte devant la Cour pénale internationale (CPI). Il a demandé l'ouverture d'une enquête pour «crimes contre l'humanité» contre huit hauts responsables vénézuéliens, dont le président Nicolas Maduro.

Le rapport présenté à la CPI dénonce plus de 30 homicides présumés, 3700 emprisonnements que l'opposition juge illégaux, près de 400 cas de torture et 800 cas de personnes blessées depuis février 2014. La CPI doit décider ou non de lancer une enquête préliminaire sur la base de ces dénonciations.

(ats)

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