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Proche-OrientAppels à une opération israélienne «proportionnée»

L'UE a appelé Israël à mener une opération «proportionnée» à Gaza, et le Hamas à «rendre les armes». Le conflit a tué au moins 620 Palestiniens, en majorité des civils, et 29 Israéliens.

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(Archives) Un rapport officiel accuse Benjamin Netanyahu d'avoir mal préparé l'armée face aux tunnels du Hamas (mardi 28 février 2017)

(Archives) Un rapport officiel accuse Benjamin Netanyahu d'avoir mal préparé l'armée face aux tunnels du Hamas (mardi 28 février 2017)

AFP
Plus de 2000 Palestiniens sont morts durant la guerre dans la bande de Gaza (Lundi 18 août 2014)

Plus de 2000 Palestiniens sont morts durant la guerre dans la bande de Gaza (Lundi 18 août 2014)

Reuters
(FILES) This file photo taken on March 03, 2015 shows a Palestinian militant from the Islamic Jihad's armed wing, the Al-Quds Brigades, standing in a tunnel, used for storing weapons, as he takes part in military training in the south of the Gaza Strip.Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu appeared on the defensive ahead of a report on February 28, 2017 expected to criticise him and military leaders for insufficiently preparing for attack tunnels in the 2014 Gaza war. / AFP PHOTO / Mahmud Hams

(FILES) This file photo taken on March 03, 2015 shows a Palestinian militant from the Islamic Jihad's armed wing, the Al-Quds Brigades, standing in a tunnel, used for storing weapons, as he takes part in military training in the south of the Gaza Strip.Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu appeared on the defensive ahead of a report on February 28, 2017 expected to criticise him and military leaders for insufficiently preparing for attack tunnels in the 2014 Gaza war. / AFP PHOTO / Mahmud Hams

AFP

L'Union européenne a appelé Israël à une opération «proportionnée», tout comme le chef de la diplomatie française Laurent Fabius. alors que le conflit a déjà fait 620 morts côté palestinien, en majorité des civils, et 29 côté israélien, dont 27 soldats.

Les hostilités entre le Hamas et Israël, entrées dans leur 15e jour, ne connaissaient aucun répit mardi, forçant de grandes compagnies aériennes à annuler leurs vols vers Tel Aviv, malgré l'appel ferme du secrétaire général de l'ONU à «arrêter de combattre».

L'Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) a indiqué à l'AFP qu'elle allait recommander à l'ensemble des compagnies européennes, au plus tard mercredi, de ne plus desservir jusqu'à nouvel ordre l'aéroport international Ben-Gourion de Tel Aviv.

Cette décision fait suite à celle prise par l'Agence fédérale américaine de l'aviation (FAA) d'interdire pour 24 heures aux compagnies américaines de voler vers ou depuis Israël, après qu'un tir de roquette a atteint une localité proche de l'aéroport. C'est la première fois depuis la guerre du Golfe en 1991 que de telles mesures touchent Israël.

Le plus sanglant depuis 2009

Ce cinquième conflit à Gaza en moins de dix ans est le plus sanglant depuis 2009. Israël n'avait pas perdu autant d'hommes depuis la guerre de 2006 contre le Hezbollah libanais.

Après une visite en Egypte, médiateur traditionnel entre Israël et le mouvement islamiste Hamas, le patron de l'ONU Ban Ki-moon a réclamé à Tel-Aviv l'arrêt des hostilités.

«Mon message aux Israéliens et aux Palestiniens est le même: Arrêtez de combattre, commencez à parler. Traitez à la racine les causes du conflit», a-t-il souligné, en présence du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Désarmer le Hamas

L'objectif affiché d'Israël est de désarmer le Hamas, qui contrôle l'enclave palestinienne, faire cesser ses tirs de roquettes, détruire ses tunnels et arrêter les «infiltrations» en Israël des combattants islamistes.

Le Hamas, lui, réclame la levée du blocus israélien de Gaza, en place depuis 2006, la libération de prisonniers et l'ouverture de la frontière avec l'Egypte.

Netanyahu reste sur ses positions

Ban Ki-moon a appelé à cesser «immédiatement» les tirs de roquettes sur Israël qui de son côté doit faire preuve d'une «retenue maximum» et à agir pour que les Palestiniens «ne ressentent plus le besoin de recourir à la violence».

Mais Benjamin Netanyahu est resté sur ses positions, appelant la communauté internationale à considérer le Hamas comme le seul responsable du bain de sang: «La population de Gaza est la victime du régime brutal du Hamas».

Le chaos règne à Gaza

Sur le terrain, les frappes israéliennes ne faiblissaient pas. Selon les secours palestiniens, le bilan a atteint 620 morts, soit une quarantaine de victimes de plus que lundi, un chiffre difficile à vérifier compte-tenu du chaos régnant à Gaza où des corps de personnes décédées les jours précédents continuent d'être retrouvés dans les décombres en plus des dépouilles de Palestiniens tués mardi.

Parmi les nouvelles victimes, au moins 13 femmes et enfants ont été dénombrés, dont une femme enceinte. Quelque 3700 personnes ont été blessées et 100'000 déplacés ont trouvé refuge auprès de l'ONU.

Une école de l'ONU accueillant des déplacés a par ailleurs été frappée par des tirs israéliens, a indiqué l'ONU, sans faire état de victime.

Des quartiers entiers annihilés

Côté israélien, depuis le début des hostilités, quelque 1700 impacts de roquettes ont été comptabilisés, et environ 420 autres projectiles ont été détruits en vol. Des combattants du Hamas, passant par leurs tunnels, ont aussi porté le combat sur le sol d'Israël à plusieurs reprises depuis jeudi.

Au quinzième jour des opérations, des quartiers entiers de Gaza paraissaient annihilés, en particulier Chajaya où les frappes ont fait au moins 70 morts dimanche.

Face à l'ampleur des dégâts, les Palestiniens ont dénoncé un «crime de guerre», l'ONU une action «atroce» et des ONG ont réclamé «une enquête internationale indépendante».

Les bureaux d'Al Jazeera touchés

Mardi, les bureaux de la chaîne d'information qatarie Al Jazeera, très critiquée en Israël pour sa couverture des événements, a vu ses bureaux touchés par des tirs de sommation à Gaza, selon une journaliste.

Les rues de la ville étaient quasi désertes, quelques échoppes de fruits et légumes se risquant néanmoins à ouvrir leurs portes.

2 civils et 27 soldats israéliens tués

L'armée israélienne a fait état de 185 «terroristes» tués depuis le 17 juillet, mais elle enregistre aussi des pertes significatives dans ce qui était à l'origine une campagne aérienne lancée le 8 juillet mais qui s'est muée jeudi en opération terrestre.

Outre deux civils, 27 soldats israéliens ont été tués et les obsèques rythmaient les informations télévisées, qui diffusent les images de centaines d'anonymes venus rendre hommage aux défunts.

Un soldat, Oron Shaul, dont le Hamas avait revendiqué l'enlèvement, a été déclaré présumé mort par l'armée bien que sa dépouille n'ait pas été formellement identifiée. Selon les médias israéliens, tout ou partie du corps pourrait être entre les mains du mouvement islamiste.

«Nous n'allons pas faire le travail à moitié»

Sur le front politique, le ministre de l'Économie, Naftali Bennett, l'un des faucons du gouvernement israélien, a exprimé son opposition à tout cessez-le feu: «Nous payons un prix élevé et nous n'allons pas faire le travail à moitié».

Alors que de très nombreux vols ont été annulés par de grandes compagnies aériennes européennes et nord-américaines, comme Swiss, Delta, Air France, Lufthansa, EasyJet ou Air Canada, le ministre des Transports israélien Israël Katz a estimé qu'il n'y avait «aucune raison» qu'elles prennent de telles mesures.

Les efforts diplomatiques doivent encore se poursuivre dans les prochains jours pour arracher une trêve. Ban Ki-moon doit venir à Jérusalem mercredi, date à laquelle le secrétaire d'Etat américain, John Kerry est attendu en Israël. Ce dernier était au Caire mardi soir pour des consultations sur un cessez-le-feu dans l'enclave palestinienne où s'entassent 1,8 million d'habitants.

(afp/ats)

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