Coupe du monde: Après Brésil – Suisse, voici notre revue de presse

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Qatar 2022Après Brésil – Suisse: notre revue de presse

Dans les journaux de ce mardi, les médias helvétiques (et L’Équipe) commentent largement le succès étriqué mais implacable de la Seleção contre l’équipe de Suisse à la Coupe du monde (1-0).

par
Jérémy Santallo
Granit Xhaka et la Suisse ont souffert contre Gabriel Jesus et le Brésil, lundi.

Granit Xhaka et la Suisse ont souffert contre Gabriel Jesus et le Brésil, lundi.

AFP

Envoyé spécial pour la Tribune de Genève et 24 heures à Doha, Daniel Visentini estime que le «Brésil a forcé le passage en fin de match, sur un coup de fouet de Casemiro, face à des Suisses valeureux et prudents». Et notre collègue de commencer son texte ainsi. «Si la douleur de l’instant dit le désarroi, elle raconte à la fois l’espoir déçu et son impossibilité. Cette Suisse accrochée à son rêve de freiner le Brésil a sans doute longtemps frôlé la perfection dans l’abnégation, elle aurait même pu, par un pur miracle, surprendre une Seleção qui n’aurait pas mérité ça. Mais elle s’est inclinée logiquement, sur un mouvement génial, une inspiration follement brésilienne.»

«Perdre, mais la tête haute», titre le quotidien Le Temps en une de son journal. Sur place, à Doha, Lionel Pittet relève que «pendant 83 minutes, la Nati a opposé une résistance efficace à une Seleção aux multiples arguments offensifs». Avant de mettre en avant les propos de Michel Aebischer, sur le fait d’avoir joué le 0-0. «Le plan, c’était de bien défendre, mais aussi de se créer des occasions en cherchant la profondeur. Après, à la 60e minute, quand on voit qu’on tient mais que c’est dur d’inquiéter le gardien adverse, bien sûr qu’on commence à se dire qu’un nul ne serait pas si mal…»

La Une du «Temps».

La Une du «Temps».

DR

Pour le Nouvelliste et Arc Info, Emanuele Saraceno met en exergue la rigueur helvétique face à cette sélection brésilienne. «Une fois de plus lorsqu’ils sont confrontés à un des leaders du football mondial, c’est en équipe que les Suisses ont impressionné. Un 4-2-3-1 parfaitement maîtrisé, une équipe très compacte pour sevrer d’espaces les Brésiliens, des redoublements de marquage constants, tactique du hors-jeu parfaitement maîtrisée…» Le journaliste souligne aussi la performance de Manuel Akanji, «assez malin pour bloquer les actions adverses sans prendre un carton qui lui aurait valu d’être suspendu face à la Serbie. Au fond, toute la défense, ou plutôt le système défensif helvétique, mérite des louanges. Avec cette volonté de ressortir proprement le ballon.» Un aspect que l’on a surtout vu lors de la première mi-temps.

Via un commentaire dans La Liberté, Patrick Biolley pose une question d’emblée. «L’équipe de Suisse doit-elle rougir d’avoir perdu contre le Brésil? Dans l’absolu, non, pas le moins du monde. Peut-elle s’en vouloir d’avoir perdu contre ce Brésil hier soir? Oui, malheureusement. Non pas que Granit Xhaka et ses coéquipiers possèdent un Neymar dans chaque pied leur permettant de faire la différence, non. Par contre, ils ont évolué sans folie. Pour surprendre les Sud-américains, il n’en aurait certainement pas fallu beaucoup, juste un grain.» Et notre confrère de conclure habilement. «Contre la Serbie, vendredi, le salut passera par une volonté d’aller de l’avant et, c’est d’autant plus important dans cette revanche de 2018, de ne surtout pas regarder en arrière.»

«La Liberté»

«La Liberté»

DR

Chez nos confrères alémaniques, le Blick relate en une de son journal que l’équipe de Suisse a «bien dansé». «Personne ne s’attendait à un miracle. Cependant, la déception l’emporte», écrivent Christian Finkbeiner et Andreas Böni, avant de citer Ueli Maurer, présent dans le stade 974. «Elle a joué le Brésil les yeux dans les yeux.» Plus loin dans les pages, Finkbeiner retrace le fil d’une journée tortueuse. «Les premières mauvaises nouvelles sont arrivées dans la matinée, avec le forfait de Xherdan Shaqiri. Ensuite, le voyage vers le stade ne se déroule pas sans heurts non plus. Sur le chemin, le bus de l’équipe nationale est impliqué dans un accident mineur. Personne n’est blessé et le bus s’en tire avec quelques égratignures.»

Depuis le Qatar, le correspondant de la NZZ, Stephen Ramming, a été frappé par les premières minutes de la rencontre.  «Les Suisses ont commencé le match comme les petites équipes se défendent contre les grandes: avec des fautes (…) Au final, malgré une lutte acharnée face aux favoris et contrairement à il y a quatre ans, après le match nul 1-1 à Rostov, elle se retrouve cette fois les mains vides.»

En première page de l’Aargauer Zeitung, François Schmid-Bechtel recommande maintenant de «rester cool» – référence au match contre la Serbie de vendredi – et de «relativiser» le revers face au quintuple champion du monde. «Les deux attaquants du Real Madrid, Vinicius et Rodrygo, ont à eux seuls une valeur marchande aussi élevée que la quasi-totalité des 26 joueurs qui composent la liste helvétique.»

La Une de «l’Aargauer Zeitung».

La Une de «l’Aargauer Zeitung».

DR

En France, le quotidien de référence L’Équipe, sous la plume de Vincent Garcia, a vu une Suisse «petit bras, frileuse et prudente dans son plan de jeu (…) En l’absence de Xherdan Shaqiri, victime d’une alerte musculaire, Murat Yakin ne s’est pas embêté avec le plan de jeu. Tous derrière et le Monégasque Breel Embolo devant, voilà la stratégie entrevue.» En guise de chute, le journaliste écrit qu’un match nul contre la Serbie pourrait suffire et cite Murat Yakin sur la question: «On ne peut pas envoyer une équipe sur le terrain pour faire match nul quand on est entraîneur.» «C’est pourtant ce que le sélectionneur suisse a tenté contre le Brésil. Et effectivement, il y a un risque que cela ne marche pas», conclut Garcia.

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