Football féminin: Après deux ans à Bordeaux, Camille Surdez veut se relancer au FC Bâle
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Football fémininAprès deux ans à Bordeaux, Camille Surdez veut se relancer au FC Bâle

La Neuchâteloise s’est engagée pour un an au FC Bâle, après un passage riche en expériences aux Girondins de Bordeaux.

par
Thibaud Oberli
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Camille Surdez signe au FC Bâle
Camille Surdez signe au FC Bâle

Camille Surdez s’est engagée un an avec le club rhénan.

Fabio Halbeisen / FC Basel 1893

Camille Surdez est de retour. La Neuchâteloise, qui a notamment fait ses classes avec les juniors de Neuchâtel Xamax, connaît la compétition en Suisse. L’attaquante a déjà évolué au plus haut niveau helvétique sous le maillot d’Yverdon Féminin et de Young Boys. Forte de ces expériences, la joueuse de l’équipe nationale avait fait ses valises pour tenter sa chance en France. Si les réalisations sportives n’ont pas été à la hauteur de ses attentes avec les Girondins de Bordeaux, cette expérience l’a fait grandir et découvrir un autre niveau de professionnalisme. Remise d’une opération au genou cet hiver, la Neuchâteloise de 22 ans explique vouloir se relancer en Suisse en s’engageant pour un an au FC Bâle.

Camille Surdez, quel bilan tirez-vous de votre passage aux Girondins?

C’est un bilan un peu mitigé. Je n’ai pas joué autant qu’espéré. Mais ces deux ans ont été une bonne expérience. J’ai eu l’occasion d’évoluer aux côtés de joueuses très talentueuses, des internationales françaises, brésiliennes, canadiennes, américaines. J’ai aussi beaucoup appris avec des super entraîneurs. Mais c’est vrai que j’espérais jouer plus, même si j’ai été freiné par deux blessures. Mon genou a nécessité une opération l’hiver dernier. En plus de cela, lorsque j’étais rétabli, tout a été bloqué à cause du coronavirus. Cette situation a aussi influencé mon choix de revenir en Suisse.

Y a-t-il un événement, quelque chose qui vous a particulièrement marqué durant votre passage à Bordeaux?

Toute ma dernière saison a été une belle expérience. Mais ce qui m’a le plus marqué a été notre camp d’entraînement aux États-Unis. Normalement, les équipes organisent plutôt des camps en Europe, mais cette fois nous avons fait neuf heures de vol pour rejoindre Washington, puis New York. Ça montre le niveau de professionnalisme du club, mais aussi du football français en particulier. Là-bas, les clubs disposent de plus de moyens.

Quelles sont les principales différences entre les championnats suisse et français? L’argent?

Oui. A Bordeaux, on ressent cette différence. C’est l’une des équipes qui a le plus de moyens. Les infrastructures sont très bien, même si en Suisse nous sommes aussi bien logés. Mais la plus grande différence est au niveau des salaires. En Suisse, tout le monde travaille à côté de son activité sportive. A Bordeaux, comme toute l’équipe est professionnelle, l’engagement est plus important, car nous pouvons nous concentrer entièrement sur le sport. Cela se ressent au niveau du jeu, dans la vitesse d’exécution ou l’engagement physique. Mais c’est vraiment cet aspect de professionnalisation qu’il faudrait travailler. Le football féminin n’est pas encore assez développé et il serait intéressant d’investir dans cette direction. En France, les clubs touchent des droits TV,. Ils ont aussi plus de sponsors, même si bien sûr, cela n’atteint pas encore le niveau des hommes. Mais ils me semblent que les investisseurs gagnent toujours plus d’argent en retour. En France, la Coupe du monde a donné une grande visibilité au football féminin. Chaque championnat évolue à son rythme. La Suisse est sur le bon chemin.

Vous remarquez que cela progresse?

Oui, certains clubs font ce qu’il faut. Comme le FC Bâle d’ailleurs, qui essaie de proposer des contrats professionnels, même si, souvent, il est impossible de vivre avec les salaires. Mais c’est un moyen de pousser, de motiver et, peut-être, de tendre vers le professionnalisme.

Quelles sont vos ambitions à Bâle? Pourquoi êtes-vous revenue?

A Bâle, notre objectif est clair: nous voulons gagner le titre. Quant à ma décision de revenir, j’étais dans une situation particulière, comme je l’ai dit avant. Mon contrat se terminait et il y avait aussi les blessures et l’opération cet hiver. Je me voyais mal tenter un nouveau challenge à l’étranger sans être à mon meilleur niveau, même si j’ai eu des propositions. Après une blessure, il y a toujours une perte de confiance. Le championnat suisse, je le connais. J’ai aussi des amies ici et ma famille n’est pas trop loin. Alors, le projet du FC Bâle m’a convaincu. L’équipe est jeune et je pense que je peux apporter quelque chose au collectif. Pour moi, c’est l’idéal pour me relancer. Mon contrat m’engage une année, ce qui m’ouvre des possibilités en fonction du déroulement de la saison. Selon mes performances, j’aurai encore l’occasion d’évoluer à l’étranger.

Votre intégration se passe bien?

Oui très bien! J’ai rarement des problèmes à m’intégrer. Je parle déjà l’allemand, ce qui est un gros atout. Nous sommes vraiment un bon groupe, avec des filles intelligentes et très chouettes.

Et au niveau sportif?

C’est sûr qu’après avoir joué en France, il y a un petit changement. Mais il y a un gros potentiel à Bâle. Si on l’exploite bien, on peut viser le haut du tableau. L’équipe a beaucoup changée. Maintenant, notre but est de créer une cohésion, d’apprendre à se connaître sur le terrain. Forcément cela va prendre un peu de temps, mais nous progressons de jour en jour. À nous d’être prêtes le 15 août!

La SFL a publié cette semaine les informations quant à la reprise du football féminin en Suisse après l’annulation de la saison dernière. Le coup d’envoi sera donné le 13 août, au kybunpark de St-Gall. Camille Surdez et le FC Bâle débuteront deux jours plus tard à Lucerne. Tout comme le Servette-Chênois Féminin, seule équipe romande de l’élite, qui accueillera le FC Lugano.

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