Actualisé 30.05.2012 à 13:28

SyrieAprès la France, l’Australie songe à une intervention armée

Canberra indique être ouverte à des discussions sur une intervention armée contre le régime de Bachar el Assad, comme évoqué par Paris la veille.

Plus de 13 000 morts sont à déplorer depuis le début du conflit syrien, il y a un peu plus d'un an. La communauté internationale pourrait songer à intervenir militairement.

Plus de 13 000 morts sont à déplorer depuis le début du conflit syrien, il y a un peu plus d'un an. La communauté internationale pourrait songer à intervenir militairement.

AFP

C'est le ministre des Affaires étrangères qui le dit. Bob Carr, le chef de la diplomatie australienne, a déclaré que son pays «allait discuter» de l'évocation française pour une intervention armée.

«Mais on a besoin de l'unanimité au sein du Conseil de sécurité pour que cela se fasse, et on doit prendre en compte les critiques des Chinois et des Russes --et c'est leur droit-- sur la manière dont l'intervention avait été conduite en Libye», a-t-il nuancé devant la presse.

Ambassadeurs expulsés

Canberra a été le premier pays occidental mardi à annoncer l'expulsion sous 72 heures de diplomates syriens, après le massacre de Houla qui a fait au moins 108 morts. Européens, Américains et Canadiens ont annoncé dans la foulée des décisions similaires.

Armer l'opposition syrienne présente de réelles difficultés et le régime du président Bachar el Assad «interprètera cela comme le feu vert à de nouveaux massacres des opposants politiques, encore plus féroces que les précédents», a déclaré Bob Carr.

Il a aussi souligné les difficultés logistiques à armer l'opposition et à établir une zone interdite de vol dans un pays doté de défenses aériennes «considérables» et d'une armée «terriblement plus puissante» qu'en Libye.Il a aussi rappelé que les Etats-Unis n'avaient pas voulu envoyer de soldats en Libye sur le terrain.

Solution pas militaire?

«Je n'exclus pas des discussions sur le sujet (d'une intervention syrienne) mais je crois juste, par souci d'honnêteté, que je doive partager avec vous les réserves qui seront émises», a-t-il encore dit.Mardi soir, le président français François Hollande avait déclaré ne pas exclure une intervention armée, «à condition qu'elle se fasse dans le respect du droit international, c'est-à-dire par une délibération du Conseil de sécurité» de l'ONU.

Il faut donc convaincre Russes et Chinois de ne pas mettre leur veto au Conseil de sécurité à une telle opération, avait ajouté M. Hollande, évoquant une «solution qui ne serait pas forcément militaire parce que la pression doit se faire dès à présent pour chasser le régime de Bachar el Assad».

Le renvoi des ambassadeurs «contreproductif»

La Russie a condamné mercredi le renvoi selon elle "contreproductif" des ambassadeurs syriens des capitales occidentales, décidé la veille en réponse au massacre de Houla.

Près de 100 morts en un jour

Le bilan des violences de mardi a grimpé en soirée à 98 morts, contre 30 précédemment, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), qui a fait état d'un nouveau massacre de 13 civils à Deir Ezzor, dans le nord-ouest du pays. Un haut responsable de l'ONU a affirmé avoir de "forts soupçons" sur l'implication des "chabbiha", des miliciens pro-régime, dans le massacre de Houla (centre) qui a déclenché un tollé international. Plus de 100 personnes, dont une cinquantaine d'enfants, ont été tués à Houla vendredi et samedi, et 300 autres blessées selon les observateurs de l'ONU sur place.

Un moment «charnière»

Mardi, le médiateur international Kofi Annan, qui a rencontré le président syrien Bachar al-Assad, lui a demandé de «prendre des mesures courageuses maintenant» pour mettre fin aux violences, évoquant un «moment charnière» après le massacre de Houla, qui a déclenché un tollé international.

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