Russie - Après la fusillade dans une école, le recueillement
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RussieAprès la fusillade dans une école, le recueillement

Des centaines de fleurs, des jouets et des bougies ont été déposés autour de l’école de Kazan, la capitale du Tatarstan, où s’est déroulée une fusillade, mardi.

par
Catherine Bex Bourqui
Des centaines de fleurs, des jouets et des bougies ont été déposés autour de l’école n°175 de Kazan, au Tatarstan.

Des centaines de fleurs, des jouets et des bougies ont été déposés autour de l’école n°175 de Kazan, au Tatarstan.

Reuters

La république russe du Tatarstan observait mercredi, une journée de deuil au lendemain d’une fusillade meurtrière dans une école, qui a lancé un débat au sein du pouvoir russe, sur le contrôle des armes et l’usage d’Internet.

Des centaines de fleurs, des jouets et des bougies ont été déposés toute la nuit autour de l’école n°175 de Kazan, la capitale du Tatarstan, où sept enfants et deux adultes ont été tués. Les drapeaux de plusieurs bâtiments publics ont été mis en berne, selon des images de l’agence de presse locale Tatar-Inform. Les premiers enterrements doivent avoir lieu dans la journée, selon les médias locaux.

Une enseignante a tenté de protéger des élèves

Mardi matin, Ilnaz G., 19 ans, a fait irruption dans cette école avant d’y semer la mort armé d’un fusil. Des élèves fuyant les tirs ont sauté par les fenêtres, selon des images diffusées par des témoins.

Les sept enfants tués étaient en 4e, soit âgés en principe de 13-14 ans. Les deux autres victimes sont une enseignante et une employée de l’école. L’agence de presse TASS a précisé que l’enseignante, Elvira I., âgée de 25 ans, était professeur d’anglais. Selon une source policière citée par TASS, elle aurait essayé de sauver des élèves avant d’être abattue.

Le suspect a été arrêté par la police. Selon les enquêteurs, il a fait exploser un engin improvisé avant d’entrer dans l’école. Au total, 21 personnes, 18 enfants et trois adultes, sont hospitalisées, dont six mineurs dans un état grave.

Il «déteste tout le monde»

Une vidéo diffusée à la télévision russe a montré mardi le tireur présumé, un jeune homme torse nu et couvert de sang allongé dans une cellule, clamant être un «Dieu» et avoir prémédité son acte, car il «déteste tout le monde». Il a été placé mercredi en détention préventive pour deux mois par un tribunal de la ville.

L’auteur présumé de la fusillade a écouté la décision du tribunal avec calme sans répondre aux questions de la presse, avant d’être mené hors de la salle d’audience, a constaté un journaliste de l’AFP sur place. Le jeune homme est un ancien élève de 19 ans.

Il s’agit de la plus grave fusillade dans une école russe depuis 2018. Ce genre de drame est relativement rare en Russie, où le contrôle des armes est strict, mais les violences impliquant des élèves sont en augmentation. Le président Vladimir Poutine a ordonné, mardi, de revoir les règles régissant le port d’armes, selon son porte-parole. Une loi pour durcir ces règles doit être étudiée la semaine prochaine.

En outre, le président de la Chambre basse du Parlement, Viatcheslav Volodine, a souligné qu’il était «nécessaire» de discuter de l’idée de «mettre fin à l’anonymat sur Internet» pour lutter contre la diffusion «de messages violents et glorifiant l’extrémisme».

Un précédent

Cette fusillade rappelle celle d’octobre 2018, lorsqu’un adolescent avait tué 19 personnes avant de se suicider dans un lycée de Kertch, en Crimée, une péninsule ukrainienne annexée par Moscou en 2014.

Vladimir Poutine avait alors blâmé «la mondialisation», estimant que le phénomène des fusillades scolaires provenait des États-Unis.

(AFP)

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