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Entraîneur pédophile en ValaisAprès la honte, le milieu du foot réagit

A l’heure où l’affaire du pédophile secoue le Valais, le milieu du foot s’active. Et le Conseil fédéral planche sur deux lois pour éviter d’autres drames.

par
Anne-Florence Pasquier
Marco Tuberoso, de l’association Mira, aide le club de Châteauneuf (VS) à gérer la délicate situation face aux familles inquiètes.

Marco Tuberoso, de l’association Mira, aide le club de Châteauneuf (VS) à gérer la délicate situation face aux familles inquiètes.

Yannick Bailly

Le milieu du foot en Valais comme les agents de police de la région sédunoise sont bouleversés. «J’ai honte, il a sali notre profession et n’a pas le respect de l’uniforme», déclare un gendarme. Tant bien que mal, ils tentent d’encaisser la terrible affaire de pédophilie qui concerne leur collègue ou ami. Celui à qui ils avaient accordé leur confiance.

En détention, Daniel *, entraîneur bénévole au club de football de Châteauneuf (VS), a reconnu avoir abusé sexuellement de jeunes garçons. Les faits se sont déroulés dans sa villa à Sion. Si cinq plaintes ont été déposées, le nombre de victimes potentielles s’élèverait à plus de 30, car le pédophile aurait sévi depuis de nombreuses années et dans d’autres clubs, Chamoson, Nendaz ou Vex. Sur toutes les lèvres, une question: comment cela a-t-il pu se produire sans que personne le sache?

Des pédophiles entraînent encore

Victime collatérale, le club de Châteauneuf collabore étroitement avec la justice pour reconstituer les contingents des équipes. «Il n’y a jamais eu de réclamations ou de soupçons à son sujet», souligne le président Raymond Veuthey. Comment les clubs auraient-ils pu prévenir de tels actes? «C’est très difficile, on ne peut pas savoir avant, explique Kurt Henauer, porte-parole de l’Office fédéral du sport. C’est pourquoi nous sensibilisons nos entraîneurs de Jeunesse+Sport.» Mais, pour un bénévole, ne faudrait-il pas plus de contrôles? Selon Marco Tuberoso, coordinateur de l’association Mira (prévention d’abus sexuels dans le cadre de loisirs), «le Conseil fédéral se penche sur deux lois. Elles exigeraient un extrait du casier judiciaire vierge d’infractions d’ordre sexuel sur mineurs et interdiraient à toute personne qui en a commis d’entrer en contact avec des enfants. Ça rend le recrutement compliqué. Mais ça pourrait éviter certaines situations qu’on connaît aujourd’hui, où des bénévoles impliqués dans des infractions d’ordre sexuel entraînent encore.» Et de conseiller: «En cas de soupçon, il faut prendre l’enfant au sérieux et au moment d’engager quelqu’un, rechercher des références.»

* Prénom d'emprunt

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