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IsolationnismeAprès le 9 février, le Nomes décide de tout faire pour revoter

Le Nouveau Mouvement européen de Suisse (Nomes), réuni aujourd'hui à Berne, adopte une résolution visant à revoter après le 9 février et se dote de nouveaux leaders pour mener la fronde.

Un des slogans du mouvement NOMES.

Un des slogans du mouvement NOMES.

Keystone

Les délégués de NOMES ont élu samedi à Berne une coprésidence chargée de prendre la tête de la lutte contre l'isolement de la Suisse amorcé le 9 février. Ils ont plébiscité une résolution exigeant notamment de revoter.

Depuis le 9 février et le oui à l'initiative sur l'immigration qui remet en cause de manière irrévocable les accords bilatéraux avec l'UE, la Suisse se trouve face à un dilemme, écrit le Nomes dans un communiqué. Face à Christoph Blocher et son nouveau mouvement (Europe non), le Nomes est le seul mouvement à s'engager activement pour l'adhésion de la Suisse à l'UE.

A l'occasion des Etats généraux européens qui ont succédé à la partie statutaire samedi, quelque 220 personnes issues de la politique, de la diplomatie, de l'administration, du Parlement et des universités ont entendu l'ex-conseiller fédéral Moritz Leuenberger avant de voter une résolution. Celle-ci affirme que la passivité générale dans le domaine des questions européennes appartient au passé, écrit le Nomes dans un communiqué.

Nouvelle votation populaire

Elle demande aux parlementaires de préparer un nouveau vote populaire qui permette à la Suisse de sortir de l'impasse actuelle et dont les chances de succès ne soient pas affaiblies par des complexités, notamment institutionnelles.

Le Conseil fédéral est pour sa part invité à tenir un langage de vérité qui ne masque pas les conséquences graves du 9 février et montre enfin l'importance et la valeur de l'UE pour la Suisse.

Le Nomes réclame des gouvernements cantonaux qu'ils se battent pour rétablir la libre circulation des personnes. Aux partis politiques, il demande d'abandonner les jeux tactiques pour affronter sans peur les dérives nationalistes.

En outre, le mouvement attend de la société civile, des secteurs économiques et académiques, qu'ils présentent les dégâts provoqués par l'incertitude actuelle. Ceci permettrait de gagner une future votation selon le Nomes, car la Suisse devra bientôt choisir entre isolement et adhésion, et cette dernière est redevenue une option crédible.

Une fronde à deux têtes

Pour mener le combat, deux coprésidents succèdent à Christa Markwalder (PLR/BE). Le duo sera composé du conseiller national Martin Naef (PS/ZH) et du Vaudois François Cherix, actuel vice-président et membre fondateur du Nomes.

Tous deux sont en mesure «de multiplier leurs capacités d'action dans leurs zones d'influences respectives, tant au Parlement que dans l'opinion», écrit le Nomes. Ce binôme sera appuyé par quatre vice-présidents: la conseillère nationale Aline Trede (Verts/BE), Sebastian von Graffenried, président de la YES (organisation de jeunesse du Nomes), le Tessinois Jacques Ducry, actuel vice-président du mouvement, ainsi que Sabrina Hofer.

Enfin, le comité directeur sera élargi à vingt membres. L'ensemble de ce dispositif souhaite accroître la visibilité et l'action du Nomes «pour ne pas abandonner la Suisse aux mains des isolationnistes».

(ats)

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