Football: Après le calme, place à la fureur

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FootballAprès le calme, place à la fureur

La Suisse attaque ce samedi la semaine de tous les rêves. Et de tous les dangers, aussi. Un point à Bâle face à la Hongrie est une obligation, avant de penser au Portugal.

par
Tim Guillemin
Feusisberg (SZ)
Est-ce la tempête qui attend Vladimir Petkovic et les Suisses, après le calme de cette semaine?

Est-ce la tempête qui attend Vladimir Petkovic et les Suisses, après le calme de cette semaine?

Keystone

Le contraste risque d'être marquant entre la quiétude de Feusisberg et ce qui attend la Suisse dans les quatre jours à venir. Dans la petite bourgade schwytzoise, le silence est une règle absolue, qui n'a pas besoin d'être écrite dans le règlement communal pour être respectée.

Dès 20h, les rues sont vides, les lumières éteintes, les rares restaurants commencent à fermer. Même le ronronnement discret des Mercedes et des BMW ne se fait plus entendre, leurs propriétaires les remisant dans leur garage privé une fois le soleil couché.

L'hôtel de l'équipe de Suisse, très feutré, n'est pas non plus un haut lieu de fiesta. Seuls s'échappent quelques cris d'une partie ou l'autre de Playstation, mais il s'agit bien là de la seule alerte possible pour ce qui est des décibels. Il ne faut pas imaginer un rassemblement d'une semaine comme une grande colonie de vacances entre enfants turbulents.

Les internationaux suisses ont bien eu droit à quelques sorties dans les collines environnantes, mais leur priorité est bien évidemment le football et la préparation des deux rencontres face à la Hongrie et au Portugal, le tout dans le calme le plus absolu.

Même les séances d'entraînement, à Jona (SG) et à Freienbach (SZ) n'ont pas donné lieu à des scènes d'émeute. Les enfants venus assister aux séances sont sages et les demandes d'autographe et de selfies se font en douceur. Même les applaudissements pendant l'entraînement se font quasiment en silence, comme si le calme atteignait même les adolescents du coin, ce qui doit faire rêver quelques éducateurs romands au passage. Bref, le lieu est idyllique, presque trop beau pour être vrai.

«Jouer pour gagner»

Et pourtant, samedi à Bâle et encore plus mardi à Lisbonne, l'équipe de Suisse va se préparer à affronter une fureur rarement vue ces dernières années. Le stade de Luz promet d'être un chaudron, occupé par 60'000 Portugais et quelques milliers de Suisses.

La pression sera folle, l'enjeu énorme et il faudra des joueurs prêts à répondre aux attentes. Il faudra alors se détacher du calme de Feusisberg et se battre comme des gladiateurs dans l'arène. Et, évidemment, il faut déjà penser à garder toutes ses chances samedi. Prendre un point, au moins, face à la Hongrie est un impératif pour arriver en tête à Lisbonne mardi et pouvoir, là aussi, se contenter du match nul

«Mais on doit jouer pour gagner à Bâle», prévient Vladimir Petkovic. Ne serait-ce que pour croire à une énorme surprise venue d'Andorre-la-Vieille, où le Portugal n'a pas encore gagné. Une victoire suisse face à la Hongrie couplée à un 0-0 entre Andorrans et Lusitaniens offrirait la Coupe du monde à Xherdan Shaqiri et à ses copains. La fête serait alors très belle au Parc Saint-Jacques. Et là, pour la première fois depuis le début de la semaine, il y aura du bruit autour de l'équipe de Suisse. Beaucoup de bruit, même.

Le scénario le plus probable reste cependant celui d'une qualification se jouant mardi à Lisbonne. Si tel était le cas, il faudra alors être très fort pour sortir vivant de l'enceinte lisboète. Mais à cela, il sera bien temps d'y penser dès dimanche matin. Pour l'heure, la priorité est hongroise. Un point, c'est tout ce qui suffit au bonheur suisse en attendant mardi.

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