29.05.2019 à 22:45

Après les «freedom fries», le «gaz de la liberté»

Etats-Unis

Washington aime à renommer son gaz naturel en «gaz de la liberté» en opposition à l'énergie concurrente, notamment russe.

Image d'illustration.

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AFP

Après les «French fries» (frites) rebaptisées «freedom fries» en 2003 à la suite d'une querelle avec la France sur l'intervention en Irak, les autorités américaines semblent désormais avoir renommé leur gaz naturel le «gaz de la liberté» en opposition à l'énergie concurrente, notamment russe.

«Augmenter nos capacités d'exportation est primordial pour répandre notre gaz de la liberté à travers le monde, en donnant à nos alliés une source diversifiée et abordable d'énergie propre», a affirmé très sérieusement Mark Menezes, le sous-secrétaire américain à l'Energie, cité dans un communiqué du ministère.

Publié mardi, ce communiqué, par ailleurs très aride, évoque l'approbation par le ministère de l'Energie de nouvelles exportations de gaz naturel liquéfié depuis la ville de Quintana, au Texas, par le biais de l'agrandissement d'un terminal.

Le texte file même la métaphore un peu plus loin, lorsque, citant un adjoint au secrétaire à l'Energie, il indique que la décision d'exporter davantage de «molécules de liberté américaine» à travers le monde représente un signe positif pour les emplois dans le pays.

En opposition au gaz russe

La référence au «gaz de la liberté» est d'abord apparue début mai sur le site du média spécialisé dans l'information européenne EURACTIV, évoquant la décision du secrétaire à l'Energie Rick Perry d'augmenter les exportations américaines de gaz naturel à destination du continent. L'expression a été utilisée en opposition au gaz russe, qui approvisionne largement l'Europe, au grand dam des Etats-Unis.

Cette «liberté» que s'est offerte le ministre de l'Energie rappelle un autre affranchissement de langue, celui-ci contre la France et sa décision de ne pas s'aligner sur les Etats-Unis au moment de l'invasion américaine en Irak, sous la présidence de George W. Bush.

En 2003, la Chambre des représentants du Congrès avait imposé que les «French fries» («frites françaises») soient rebaptisées «freedom fries» («frites de la liberté») à sa cantine. Cette époque avait également été marquée par du vin français déversé dans les égouts. Personne n'a toutefois vu pour le moment de vodka russe ruisseler dans les caniveaux de Washington.

(AFP)

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