Couture: Après les stars, il vise le prêt-à-porter écolo
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CoutureAprès les stars, il vise le prêt-à-porter écolo

Étoile montante de la mode, le Valaisan Kevin Germanier habille déjà Björk ou Rihanna. Cet automne, il lancera sa propre griffe pour femmes. Il la veut indémodable et durable, mais aussi glamour et colorée.

par
Anne-Charlotte Müller
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Pour son album «Utopia», la chanteuse Björk a choisi de porter une robe de Kevin Germanier.

Pour son album «Utopia», la chanteuse Björk a choisi de porter une robe de Kevin Germanier.

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Designer valaisan, créateur de la marque Germanier

Designer valaisan, créateur de la marque Germanier

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Les robes sur mesure de Kevin Germanier sont fabriquées à partir de déchets ou d'invendus.

Les robes sur mesure de Kevin Germanier sont fabriquées à partir de déchets ou d'invendus.

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Des paillettes, des strass, des perles, des couleurs vives… Les créations de Kevin Germanier brillent de mille feux au point que des stars du showbiz se les arrachent. Approché par Björk, Rihanna, Lady Gaga, Beyoncé, le Valaisan de 26 ans commence à se faire un nom dans le milieu de la mode. Le jour, il dessine des sacs Louis Vuitton pour femme à Paris. La nuit, il travaille à sa propre collection de pièces sur mesure Germanier. Une robe à paillettes pour Björk, une tenue pour Rihanna… les commandes pleuvent. Si bien qu’une agence de presse a pris le relais d’Instagram, canal par lequel il recevait autrefois ses demandes. «On sous-estime la force de ce réseau social. Mais je reconnais que j’ai eu une bonne étoile», glisse-t-il.

Glamours et durables

Le jeune créateur ne se contente pas d’habiller des icônes. Cet automne, il lance sa ligne de prêt-à-porter pour femme qu’il veut indémodable et surtout durable, garantie zéro déchet. «Quand on parle de vêtement durable, on pense au T-shirt en coton organique portant l’inscription «recycler vos bouteilles de PET» ou «arrêtez de tuer les arbres». Moi je veux prouver qu’on peut faire des vêtements durables à la fois glamours, féminins, colorés, brillants et désirables», confie-t-il. Pour cela, Kevin Germanier n’utilise que des tissus, ou matériaux issus d’invendus, destinés à être jetés. C’est en Chine qu’il a attrapé ce virus pour la mode durable, lors d’un stage à Hongkong. «Là-bas, les déchets qui ne peuvent pas brûler sont enterrés. Quand j’ai vu un artisan qui s’apprêtait à jeter un tas de belles perles, j’ai eu un déclic. J’ai compris qu’on tenait un discours complètement ridicule. Un discours de fainéants. Au lieu de réparer ou de réutiliser, on jette pour produire du neuf.» Depuis ce jour, Kevin Germanier s’inspire des ressources dont il dispose pour créer et non l’inverse.

Créations intemporelles

En plus d’en finir avec le gaspillage à la confection, il souhaite que sa future ligne de vêtements soit indémodable, intemporelle. «Si je crée une collection en 2018, je veux qu’elle garde sa valeur en 2050. Donc pas question de surfer sur les tendances», note-t-il. Pour cela, il souhaite confectionner ce qu’il appelle des «basiques glamours». «Tout le monde a un T-shirt blanc ou un jeans. Je veux faire des basiques mais en plus chics et colorés.» Pour commencer il se focalisera sur des vêtements uniquement féminins. Une fois que la sauce aura pris, il élargira sa cible. Originaire de Granges (VS), Kevin Germanier a eu une passion précoce pour le dessin et la couture. «J’ai une femme à habiller. Elle n’existe pas, donc je dois l’habiller constamment. C’est une obsession.»

La famille comme cobaye

Kevin Germanier a commencé par fabriquer des vêtements pour les Barbie de sa sœur puis pour les membres de sa famille. «Les pauvres!» commente-t-il. Il apprend le b.a.-ba de la couture au Centre de formation professionnelle arts appliqués (CFPAA) puis suit une première année de formation à la Haute École d’art et de design de Genève (HEAD) en fashion classique avant de bifurquer vers la prestigieuse école londonienne Central Saint Martins. Après les quatre ans de formation, Louis Vuitton l’engage pour neuf mois. Un contrat qui se terminera à la fin du mois. Après quoi, il aura tout le temps de se consacrer à 100% à ses propres collections: le sur-mesure et le prêt-à-porter. «Je sens que c’est le moment de prendre le taureau par les cornes», sourit-il.

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