Floride: après l’ouragan Ian, leur vie tient dans une valise 

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Floride (USA)Après l’ouragan Ian, leur vie ne tient plus que dans une valise 

Dans la ville de Fort Myers Beach, certains habitants ont tout perdu. Désormais sans abri, ils errent dans les rues avec le peu qu’ils ont pu sauver.

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Certains habitants de Fort Myers Beach se sont retrouvés à la rue du jour au lendemain après le passage d’Ian. L’ouragan de catégorie 4 a fait plus de 20 morts en Floride, en grande partie des personnes âgées.

Certains habitants de Fort Myers Beach se sont retrouvés à la rue du jour au lendemain après le passage d’Ian. L’ouragan de catégorie 4 a fait plus de 20 morts en Floride, en grande partie des personnes âgées.

AFP
L’ouragan a frappé mercredi la ville de Fort Myers Beach avec des vents violents qui ont détruit les nombreuses maisons en bois de la région.

L’ouragan a frappé mercredi la ville de Fort Myers Beach avec des vents violents qui ont détruit les nombreuses maisons en bois de la région.

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Depuis le passage d’Ian, les secours s’organisent et les habitants s’entraident pour sauver le peu qui peut l’être.

Depuis le passage d’Ian, les secours s’organisent et les habitants s’entraident pour sauver le peu qui peut l’être.

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Pete Belinda et sa femme marchent lentement le long d’une route à l’extérieur de Fort Myers Beach, dans le sud-ouest de la Floride. Ils sont fatigués et traînent chacun une grosse valise. «C’est tout ce qu’il nous reste», murmure-t-il. Située sur les rives du golfe du Mexique, sa ville d’habitude paisible est devenue mercredi l’épicentre des destructions causées par l’ouragan Ian. Fort Myers Beach est désormais une ville presque déserte, parcourue uniquement par les véhicules des services d’urgence et quelques personnes qui rentrent brièvement chez elles pour constater les dégâts.

Le couple vivait au rez-de-chaussée de la maison de leur fille, où il s’était installé il y a six mois, mais la tempête les a laissés sans abri. «Tout est sens dessus dessous, tout couvert de boue», lâche Pete Belinda, 52 ans. «Nous ne savons pas vraiment quoi faire maintenant. Nous appelons nos amis et notre famille pour voir où on pourrait habiter car nous n’avons nulle part où aller.»

Le bord de mer n’est plus qu’un champ de ruines

La partie de la ville la plus touchée par Ian, celle en bord de mer, sur l’île d’Estero, est un champ de ruines. La police interdit l’accès à toute personne n’habitant pas ce quartier mais un vol en hélicoptère permet de constater l’ampleur des dégâts. Les vents de l’ouragan de catégorie 4 ont détruit les nombreuses maisons en bois de la région et, à certains endroits, il n’y a même pas de décombres à voir, seulement des terrains vagues là où il y avait autrefois une maison.

Rich Gibboni est l’un des habitants qui a perdu sa maison. «Le deuxième étage s’est effondré à cause du vent, et le premier étage a été inondé jusqu’au toit», explique-t-il, résigné. Cet homme de 50 ans s’est rendu dans un autre quartier de Fort Myers Beach pour chercher du ravitaillement mais il est revenu sur l’île d’Estero, où il a trouvé refuge dans un hôtel avec une vingtaine de personnes.

Des bateaux dans les rues et des voitures dans la baie

Chris Bills, une femme de 72 ans, enfonce son chapeau sur la tête en attendant qu’un bus vienne la chercher avec son mari. Cet après-midi, une patrouille des services de secours leur a donné deux heures pour récupérer leurs affaires et quitter l’appartement qu’ils avaient loué pour quelques jours près de la mer. Le couple a voyagé d’Angleterre jusqu’ici pour profiter du beau temps et a ignoré les prévisions d’ouragan. «Je ne pensais pas que ce serait si fort», admet-elle. «J’avais très peur. Nous n’avions jamais rien vécu de tel auparavant.»

Dans ce quartier, la force de l’ouragan a laissé des dizaines de bateaux immobilisés dans les rues et entraîné en revanche des voitures dans une baie voisine où elles flottent depuis. Rich Gibboni ne perd pas espoir malgré les dégâts causés par Ian, rétrogradé progressivement dans la journée de vendredi en tempête post-tropicale. «L’humeur est bonne. Nous devons survivre. Nous devons recommencer. Cela va prendre beaucoup de temps, nous devons donc reprendre des forces», dit-il.

(AFP)

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