Actualisé 27.05.2017 à 01:05

Royaume-UniAprès Manchester, reprise de la campagne électorale

Suite à l'attaque terroriste, la sécurité se trouve désormais au centre de la campagne électorale britannique.

Suspendue depuis mardi suite à l'attaque perpétrée à Manchester, la campagne pour les élections législatives reprend. (Jeudi 25 mai 2017)

Suspendue depuis mardi suite à l'attaque perpétrée à Manchester, la campagne pour les élections législatives reprend. (Jeudi 25 mai 2017)

Keystone

Le gouvernement de Theresa May s'est retrouvé sous le feu des critiques de l'opposition à la reprise de la campagne électorale vendredi pour avoir diminué le nombre des policiers. L'enquête sur l'attentat de Manchester a, elle, été marquée par plusieurs avancées.

Suspendue après l'attentat d'un commun accord entre la première ministre britannique Theresa May et le chef de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn, la campagne électorale a repris dans un climat transformé par la mise du pays en état d'alerte terroriste maximal, avec l'armée déployée en renfort de la police.

Jeremy Corbyn a souligné le lien entre la politique étrangère du Royaume-Uni et les attentats - une référence aux engagements militaires en Irak et en Afghanistan, ainsi qu'aux frappes menées en Syrie, auxquels il s'est toujours opposé.

Une victoire du Parti travailliste aux législatives «changerait ce que nous faisons à l'étranger» a-t-il expliqué, en insistant sur le fait que «la guerre contre le terrorisme ne fonctionne tout simplement pas».

Baisse des écarts

Jeudi, la vice-présidente du parti europhobe Ukip, Suzanne Evans, avait reproché à Theresa May d'être «en partie responsable» de l'attaque en raison des coupes dans le budget de la police comme ministre de l'Intérieur (2010-2016), avant de devenir premier ministre.

Le nombre de policiers a diminué d'environ 14%, soit 20'000 officiers, entre 2009 et 2016, selon le groupe de réflexion indépendant Institut d'études fiscales. Les conservateurs sont au pouvoir depuis 2010.

Selon un sondage de l'institut YouGov publié dans le Times, la marge séparant les conservateurs des travaillistes dans les intentions de vote n'est plus que de cinq points, alors qu'elle s'élevait à 24 points en avril.

Theresa May a convoqué ces élections anticipées dans le but d'en sortir renforcée en vue des négociations sur la sortie de l'Union européenne qui doivent s'ouvrir peu après le scrutin.

Réseau quasi démantelé

D'après un nouveau bilan, l'attaque a fait 22 morts, dont des enfants, et 116 blessés dont 66 sont encore hospitalisés, 23 dans un état critique, selon un nouveau bilan. Une «bonne partie» du réseau djihadiste derrière l'attentat a été démantelée, a annoncé le responsable de l'anti-terrorisme britannique, alors qu'une nouvelle arrestation a eu lieu en soirée.

La police a fait des progrès «immenses» dans l'enquête et continue à explorer des pistes «importantes», a précisé dans l'après-midi Mark Rowley, tout en annonçant que d'autres arrestations étaient «probables».

Quelques heures plus tard, c'est dans la région de Rusholme, au sud de Manchester, qu'un homme de 44 ans a été arrêté, portant à neuf le nombre d'hommes en garde à vue dans le cadre de l'enquête. Parmi les onze personnes placées en garde à vue, deux ont été remises en liberté.

Bravant la tension et la peur du terrorisme, la ville de Manchester reprend une vie normale. Elle n'avait pas renoncé à tenir vendredi ses GreatCityGames. Plusieurs médaillés olympiques devaient participer à cette compétition d'athlétisme organisée sur Deansgate, l'une des principales artères de la ville, à quelques centaines de mètres de l'Arena, la salle de concert où a eu lieu l'attentat lundi soir.

«Manchester est vraiment une ville résiliente, et nous attendons avec impatience cet évènement sportif majeur, organisé avec le soutien de la police», a déclaré Luthfur Rahman, en charge des affaires culturelles et sportives de la municipalité.

Visite de Tillerson

L'attentat-suicide avait été perpétré lundi soir par un Britannique d'origine libyenne, Salman Abedi (22 ans) et revendiqué par le groupe Etat islamique.

En signe de solidarité, le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson a effectué une visite-éclair à Londres. Il s'est dit confiant que «la relation spéciale» entre les deux pays «surmonterait sans aucun doute» l'incident «particulièrement malheureux» des fuites dans l'enquête de police aux médias américains.

Jeudi à Bruxelles au sommet de l'Otan, Theresa May avait demandé à Donald Trump que les informations sur l'enquête en cours restent «confidentielles». Le président américain s'est engagé à poursuivre les responsables.

Vendredi, Theresa May se trouvait pour une journée en Sicile au sommet du G7, l'occasion d'exhorter les géants d'internet à s'impliquer davantage pour éliminer les contenus extrémistes.

Dans un entretien bilatéral, le président français Emmanuel Macron lui a promis une coopération plus intense avec le Royaume-Uni et les autres pays européens pour combattre le terrorisme.

(AFP)

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