Jura - Après son vol, le «cœur de la ville» a retrouvé son socle
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JuraAprès son vol, le «cœur de la ville» a retrouvé son socle

Arrachée par un voleur aujourd’hui décédé, la sculpture «La Promenade» a été réparée et remise à sa place à Delémont.

par
Vincent Donzé
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Le ferronnier d’art Marc Grélat (à dr.) et le mécanicien agricole Philippe Flückiger détachent Lili.

Le ferronnier d’art Marc Grélat (à dr.) et le mécanicien agricole Philippe Flückiger détachent Lili.

Lematin.ch/Vincent Donzé
Avant son rapt, la sculpture «La Promenade» de Heinz Schwarz était très appréciée.

Avant son rapt, la sculpture «La Promenade» de Heinz Schwarz était très appréciée.

Lematin.ch/Vincent Donzé
Le voleur a cisaillé et torsadé les pattes du chien en bronze.

Le voleur a cisaillé et torsadé les pattes du chien en bronze.

Lematin.ch/Vincent Donzé

Neuf mois après sa disparition, la sculpture «La Promenade» est de retour devant le collège de Delémont d’où elle a disparu le 23 janvier dernier. Amoureux fou de «Lili», un sexagénaire bâlois perturbé a volé cette statue en arrachant les pieds de la promeneuse et en cisaillant les pattes du chien. Au lieu de déboulonner la statue d’environ 200 kilos, il l’a fait osciller.

Pendant sa fuite, le voleur à bicyclette a délaissé le chien pour s’occuper de la promeneuse, enveloppée dans une couverture. La police n’a eu aucune peine à retrouver les deux éléments, le chien à proximité du socle, la promeneuse sur une remorque difficile à tracter en pédalant.

Le cœur

La laisse du chien était arrachée de la main gauche de la statue, retrouvée avec un pied et une main râpés. «Pour certains, on a arraché le cœur de la ville», indiquait le commissaire Roland Moritz. Tous les élèves passés par l’école secondaire ces soixante dernières années ont croisé la sculpture de Heinz Schwarz (1920-1994).

À la fourrière, le commissaire Roland Moritz a veillé sur la sculpture jusqu’à son transfert dans un atelier d’Asuel. Là, le ferronnier d’art Marc Grélat a consacré plus d’une centaine d’heures à la réparation et à la restauration de l’œuvre.

L’ajout d’un bronze du même alliage a demandé du savoir-faire: «Je l’ai sculptée par meulage avant de lui redonner sa patine à la cire d’abeille et à l’huile de lin», indique le ferronnier. La promeneuse a survécu, mais pas son voleur, qui s’est depuis donné la mort. Tous deux sont nés en 1961.

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Une adolescente de Heinz Schwarz a la tête posée sur ses pieds.

Une adolescente de Heinz Schwarz a la tête posée sur ses pieds.

Lematin.ch/Vincent Donzé
Le gel est passé par là.

Le gel est passé par là.

Lematin.ch/Vincent Donzé
Les fissures sont oxydées.

Les fissures sont oxydées.

Lematin.ch/Vincent Donzé

À l’instar de Delémont, la Ville de Porrentruy possède également deux statues de Heinz Schwarz. L’été dernier, «L’adolescente» la plus à l’Ouest a été retrouvée arrachée de son socle à hauteur des chevilles. Elle était fragilisée par des fissures oxydées. Par mesure de précaution, la deuxième version de «L’adolescente» placée au fond du parc du Pré de l’Étang a été décelée et mise à l’abri.

Soleurois d’origine, Heinz Schwarz est mort à Satigny, en 1994, à 74 ans. Installé à Genève en 1943, il a posé son atelier à Onex en 1968, comme en témoigne «La jeune fille agenouillée» posée devant la mairie. À Genève, «L’adolescent et le cheval» est une œuvre classique de 1971 très photographiée au bout du quai Wilson.

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