04.02.2019 à 13:56

Arabie Saoudite: une appli pour traquer les femmes

Egalité

Avec l'appui du gouvernement, l'application «Basher» gère une base de données sur les femmes saoudiennes que les hommes utilisent pour les suivre et les empêcher de s'enfuir du pays.

par
CBO
Les déplacement des femmes saoudiennes peuvent être contrôlés via une application mobile.

Les déplacement des femmes saoudiennes peuvent être contrôlés via une application mobile.

Fayez Nureldine/AFP

Rapportée par le Business Insider, cette information a de quoi faire frémir les militants de la lutte pour l'égalité homme-femme.

Pour rappel, on compte environ 1000 femmes qui fuient l'Arabie Saoudite chaque année. Elles sont néanmoins nombreuses à se retrouver coincées à la frontière. La faute à un système de surveillance mis en place par le gouvernement saoudien lui-même.

À l'aide de leur smartphone, les hommes peuvent utiliser l'application «Absher» («le prédicateur» en arabe) pour des tâches administratives diverses mais surtout pour surveiller les femmes qui sont sous leur tutelle.

Les Saoudiennes ont en effet besoin de l'autorisation d'un tuteur, en général leur mari ou leur frère, pour voyager. Via l'application, les hommes peuvent donner ou non leur permission.

Contrôle par notifications push

«Absher» offre donc la possibilité d'envoyer immédiatement une notification aux tuteurs si une de leurs proches présente son passeport à l'aéroport sans autorisation préalable. C'est le ministère de l'intérieur saoudien qui se charge alors d'envoyer directement un message via l'application.

Le site Business Insider a réussi a obtenir plusieurs captures d'écran de ces messages, qui étaient d'ailleurs obligatoires entre 2012 et 2014. Par exemple, un mari dont la femme part en voyage recevra un message stipulant: «Fatima, numéro ***3551, a quitté l'aéroport King Abdulaziz le 14-11-2012».

Pour échapper à ce contrôle stalinien, de nombreuses femmes volent le téléphone de leur tuteur, changent les mots de passe et se donnent des autorisations de voyager. Certaines ont également essayé de changer le numéro de téléphone d'alerte, afin que les messages de traque leur soient envoyés à elle plutôt qu'à leurs tuteurs.

Malheureusement, les familles retrouvent les «fugitives» dans de nombreux cas.

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