12.12.2017 à 12:42

Arbitrage: un premier pas vers le professionnalisme

Foot-Suisse

L'Association Suisse de Football (ASF) et la Swiss Football League (SFL) ont présenté mardi les lignes de leur politique visant à professionnaliser les arbitres.

Alain Bieri est l'un des spet arbitres FIFA de l'ASF.

Alain Bieri est l'un des spet arbitres FIFA de l'ASF.

Keystone

La professionnalisation de l'arbitrage en Suisse est en marche! A partir du 1er janvier 2018, les sept arbitres FIFA de l'ASF, Alain Bieri, Adrien Jaccottet, Stephan Klossner, Fedayi San, Sandro Schärer, Urs Schnyder et Lionel Tschudi n'auront plus le droit d'exercer un temps de travail de plus de 50 % dans leur activité professionnelle.

«Avoir aujourd'hui un arbitre de Super League qui travaille à 100 % est absurde, lance avec force le nouvel «Elite Referee Manager» de l'ASF Cyril Zimmermann. Nous n'avons plus vu un arbitre suisse officier dans un grand tournoi depuis la présence de Massimo Busacca à la Coupe du monde 2010. L'objectif est de présenter un arbitre suisse à l'Euro 2024, l'Euro 2020 venant encore un peu vite. Ces sept arbitres bénéficieront d'un statut protégé pendant deux ans. Mais il est évident qu'ils seront soumis à une obligation de performance.»

Un salaire annuel de 41'000 francs

Pour aider leurs arbitres de pointe à pouvoir vivre davantage du football, l'ASF et la SFL peuvent s'appuyer sur un budget de près de 3,25 millions de francs. Les sept élus verront ainsi leur fixe annuel passer de 24'000 francs à 41'000 francs. A ce salaire fixe s'ajoutent bien sûr les indemnités pour chaque match de Super League qui s'élèvent à 1250 francs.

Six juges de ligne, Stéphane de Almeida, Vital Jobin, Raffael Zgaggren, Bekim Zogaj et Marco Zürcher, bénéficient du même statut. Leur salaire fixe passe de 4000 francs à 33'000 francs et leurs indemnités par match est de 600 francs. Un arbitre et ses juges de ligne dirigeront 18 rencontres de Super League. Ils seront également à l'oeuvre en Challenge League et les meilleurs d'entre eux, comme Stephan Klossner cet automne, en Europa League.

L'ASF et la SFL ne cachent pas que le but à moyen terme est le professionnalisme de l'arbitrage. Mais les instances donnent l'exemple de Felix Brych, le meilleur arbitre allemand, qui continue d'exercer une activité professionnelle à 50 %. «Ce chiffre de 50 % consacré à l'arbitrage est, à mes yeux, un seuil au-delà duquel nous ne pouvons pas aller, souligne Cyril Zimmermann. Dans la semaine, le match du week-end représente 20 % du temps de travail. Auquel s'ajoutent 20 % pour l'entraînement et 10 % pour la préparation spécifique du match.»

Réunion de travail mensuelle

Dès février prochain, les sept arbitres et les six juges de ligne «promus» se réuniront une fois par mois le mercredi à Müri pour une séance de travail commune. «J'analyserai chacune rencontre de Super League pour en tirer les enseignements qui s'imposent», précis Cyril Zimmermann.

Ce pas vers le professionnalisme est, selon le directeur technique de l'ASF Laurent Prince, inévitable. «L'arbitrage suisse a besoin d'être à nouveau présent au plus haut niveau. Il nous faut une »locomotive«. Un arbitre qui sera sur une Coupe du monde ou sur un Euro gagnera une expérience précieuse qui sera bénéfique à tout le monde, explique Laurent Prince. Par ailleurs, le jeu s'est développé ces dernières années.

Il y a plus d'intensité. Les arbitres doivent s'y préparer, tant sur le plan physique que dans le domaine de l'analyse. Enfin, ces nouvelles mesures nous permettront sans doute d'enrayer la fuite des talents. Trop d'arbitres ont arrêté ces dernières années leur carrière avant l'âge limite de 45 ans.». Laurent Prince pense bien sûr en premier lieu au regretté Damien Carrel.

(ats)

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