11.03.2013 à 19:05

PaysBasArbitre battu à mort aux Pays-Bas : les suspects devant un juge pour préparer le procès

Par Nicolas DELAUNAY LELYSTAD (Pays-Bas), 11 mars 2013 (AFP) - Sept personnes inculpées pour le décès d'un arbitre de touche battu à mort pendant une rencontre de football amateur entre adolescents aux Pays-Bas ont comparu lundi devant un juge de Lelystad (centre) au cours d'une audience à laquelle les médias n'ont eu qu'un accès très limité, six des suspects étant mineurs.

Technique, l'audience était consacrée à la préparation de leur procès, dont l'ouverture est attendue fin mai : les avocats des suspects ont notamment demandé la libération de leurs clients, en détention depuis début décembre, dans l'attente du procès, ce qui leur a été refusé. Ils ont également demandé, ce qui leur a été accordé, une contre-expertise du rapport sur les causes de la mort de la victime. Les sept suspects, six adolescents âgés de 15 à 17 ans et un adulte de 51 ans père d'un des adolescents, sont soupçonnés d'homicide, de brutalités et de violences dans un lieu public. L'incident avait profondément choqué les Pays-Bas et le monde du football. "L'onde de choc dans la société à la suite de cette affaire a été très grande car cela s'est passé sur un terrain de football, un endroit où l'on fait normalement du sport, où il y a des enfants", a déclaré à l'AFP Jetty Bult, porte-parole du parquet. Le 2 décembre, après le coup de sifflet final d'une rencontre de jeunes, un des arbitres de touche, Richard Nieuwenhuizen, 41 ans, avait été agressé par des adolescents de l'équipe visiteuse, sv Nieuw Sloten B1 (Amsterdam), qui venait de jouer contre le SC Buitenboys B3 d'Almere, équipe dans laquelle évoluait son fils. Plusieurs adolescents l'avaient notamment frappé au visage alors qu'il était au sol. Quelques heures après l'agression, l'homme avait été pris d'un malaise et emmené à l'hôpital, où il est finalement décédé le 3 décembre. Dans le football amateur aux Pays-Bas, l'arbitre et ses assistants sont fournis par le club qui joue à domicile. Il est donc fréquent que des parents arbitrent leurs propres enfants, comme dans le cas présent. Un huitième suspect, âgé de 15 ans, avait été relâché peu de temps après son arrestation. Il ne comparaissait pas lundi, mais est poursuivi pour les mêmes chefs d'accusation. Hormis quelques photographes et caméramans néerlandais autorisés à prendre des images des juges et des représentants du parquet, aucun journaliste n'était autorisé à pénétrer dans la salle d'audience. Certains journalistes ont pu suivre l'audience en images depuis une salle adjacente. Seules des images des juges et du parquet y étaient diffusées. Cet accès limité à la procédure est toutefois exceptionnel aux Pays-Bas, où les affaires concernant les mineurs sont normalement entièrement à huis clos. "Le tribunal a estimé que l'information de la presse dans cette affaire était plus importante que la vie privée des mineurs", a déclaré à l'AFP Onno Mulder, un porte-parole du tribunal. La mort de l'arbitre de touche avait provoqué de vives réactions aux Pays-Bas : des milliers de personnes s'étaient réunies à Almere afin de lui rendre hommage et les 33.000 rencontres de football amateur prévues le week-end ayant suivi sa mort avaient été annulées. Une minute de silence avait en outre été observée lors du premier match de la Coupe du Monde des clubs 2013, organisée en décembre au Japon. Les médias néerlandais ont révélé fin février que certains des suspects n'auraient pas dû jouer la rencontre, deux d'entre eux n'ayant même pas la "carte de joueur" de la fédération nécessaire pour disputer des matchs officiels. ndy-jhe/sym

(AFP)

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