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ArmementArmes nucléaires moins nombreuses dans le monde

Il resterait quelque 17'000 têtes nucléaires dans le monde, soit 75% de moins qu'il y a 30 ans.

Les États-Unis et la Russie ont donc encore un gros effort à fournir.

Les États-Unis et la Russie ont donc encore un gros effort à fournir.

Keystone

Il y a quatre fois moins d'armes nucléaires de nos jours que dans les années 80, au plus fort de la guerre froide. Mais les Etats-Unis, la Russie, la France, la Grande-Bretagne et la Chine ont tous engagé, ou envisagé, un processus de modernisation de leurs systèmes d'armement.

«En théorie tout le monde peut dire que le nombre idéal (d'armes nucléaires) est zéro, mais en pratique, personne n'est prêt à prendre ce risque», dit Henry Sokolski, du Nonproliferation Policy Education Center (NPEC), basé à Washington, en commentant un rapport de l'Institut international de recherche pour la paix de Stockholm .

Selon ce document, il resterait quelque 17'000 têtes nucléaires dans le monde, soit 75% de moins qu'il y a 30 ans. Cette baisse est due principalement aux programmes de désarmement américain et russe qui ont suivi l'effondrement de l'Union soviétique.

Durée de vie allongée

Mais l'aspiration à un monde dénucléarisé, exprimée par Barack Obama à son arrivée à la Maison blanche en 2009, se heurte à la modernisation des armements menée par les grandes puissances, sur fond de regain de tensions entre Moscou et Washington autour du bouclier anti-missiles en Europe.

Les Etats-Unis travaillent ainsi à allonger la durée de vie de leurs armes atomiques, pendant que la Russie équipe ses missiles balistiques de davantage de têtes nucléaires et que la Chine développe de nouveaux missiles nucléaires mobiles, selon le centre de réflexion Federation of American Scientists.

Ce qui fait dire à Angela Kane, haute représentante de l'Onu pour le désarmement, que l'on peut «légitimement se poser la question de savoir si ces programmes de modernisation nous conduisent vers un monde dénucléarisé ou au contraire un monde nucléarisé de manière permanente».

Effort sur la non-prolifération

A défaut d'être disposées à se priver de leur capacité de dissuasion nucléaire, au moins dans l'immédiat, les grandes puissances concentrent désormais leurs efforts sur la non-prolifération en cherchant à dissuader d'autres pays de rejoindre leur «club». A commencer par l'Iran, soupçonné de chercher à développer l'arme atomique, même s'il assure que son programme nucléaire est pacifique.

Élaboré dans les années 1970, le Traité de non-prolifération (TNP), signé depuis par 189 pays, a de ce point de vue porté ses fruits, puisqu'en dehors du «club des cinq», qui sont aussi les membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu, seuls quatre pays détiennent ou sont soupçonnés de détenir l'arme nucléaire: l'Inde, le Pakistan, la Corée du Nord et Israël. Aucun d'entre eux n'a signé le Traité.

A l'époque de l'élaboration du TNP, Washington s'attendait pourtant à ce que 25 pays accèdent à la puissance atomique en quelques décennies.

Risque pas écarté

Tout risque n'est pas pour autant écarté, comme le montre l'exemple de l'Iran, et pour les experts, la possession durable de l'arme nucléaire par certains pays, notamment en Asie, peut faire redémarrer à tout moment la course aux armements.

«Sans désarmement complet, nous finirons par perdre la bataille de la prolifération», a prévenu le mois dernier l'ambassadrice autrichienne auprès de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Christine Stix-Hackl.

Les États-Unis et la Russie ont donc encore un gros effort à fournir: selon les chiffres du Sipri et de la Federation of American Scientists, ces deux pays possèdent environ 90% des têtes nucléaires mondiales, dont une écrasante majorité des quelque 4400 têtes qui seraient actuellement déployées.

(ats)

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