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BasketballArnaud Revaz attend son heure et son premier panier

Le Sédunois joue peu, voire pas du tout depuis son arrivée dans la prestigieuse Université du Maryland, qui évolue en NCAA. Une situation qui ne le «choque pas plus que ça».

par
Jérémy Santallo
Arnaud Revaz, qui monte ici au dunk, à l’échauffement avant un match. 

Arnaud Revaz, qui monte ici au dunk, à l’échauffement avant un match.

Tony Price

Ce n’est pas tout à fait ce que l’on appelle le rêve américain. Depuis son arrivée à l’Université du Maryland, située à une vingtaine de kilomètres au nord-est de Washington, en septembre, Arnaud Revaz est loin d’être confronté à la réalité – Covid oblige – de la vie aux États-Unis. Ces célèbres bâtiments en brique – les mêmes que ceux dans les films – sont bien là, mais il n’y a personne pour déambuler autour. Le tout sonne creux. «Nous sommes 200 athlètes sur le campus, les autres étudiants suivent eux depuis l’extérieur des cours en ligne. Et les nôtres aussi se font depuis nos appartements, par Zoom», explique le Sédunois de 21 ans, joint par téléphone en fin de semaine passée.

En colocation avec trois personnes (deux coéquipiers et un étudiant au service de l’équipe), à cinq minutes à pied des infrastructures sportives, Arnaud Revaz n’est entré en jeu qu’à trois reprises – en treize rencontres – depuis le début de la saison NCAA. Pour cinq petites minutes, en tout. Une portion congrue qui ne le tracasse pas outre mesure. «Je savais plus ou moins que cela se passerait comme ça, précise celui qui attend toujours son premier panier lors d’une partie officielle. En tant que «Freshman», tu joues souvent peu, voire pas. D’ailleurs, les autres joueurs de première année sont dans le même cas que moi. Donc je ne suis pas plus choqué que ça, car c’est comme cela partout.»

«Je savais en arrivant que je n'avais pas les capacités pour jouer tout de suite 20 minutes par match»

Arnaud Revaz, joueur de l’Université du Maryland

Passé par le centre de formation de Bourg-en-Bresse lors des quatre dernières années, après avoir démarré le basket à 16 ans, Arnaud Revaz n’est qu’au début du chemin. «J'ai énormément à apprendre. Il a fallu s’adapter au style de jeu US, comprendre ce que le coach attend de moi, et de ce point de vue, cela prend du temps. Je savais en arrivant que je n'avais pas les capacités pour jouer tout de suite 20 minutes par match. Ma chance, c'est d'avoir quatre ans devant moi (ndlr: il est titulaire d’une bourse d’études). Si j'étais resté en France, il me restait une année dans la catégorie espoirs avant de devoir passer pro. Mais je pense que j'avais besoin de plus de temps pour me développer et m'améliorer.»

En attendant que son entraîneur, Mark Turgeon, fasse plus souvent appel à lui, le pivot de 2m06 s’est réfugié dans le travail. Notamment en salle de force. «C’est le truc qui m’a le plus frappé en arrivant. C'est extrêmement physique ici. La musculation, c'est super important pour eux», poursuit celui qui s’inflige trois séances par semaine, contre une pour ceux qui jouent plus en compétition. «Et j’en ai eu besoin, surtout après le premier confinement, enchérit-il. A l’entraînement, je suis en opposition directe avec un senior de 115 kilos et un autre de 2m11, donc ce n’est pas évident. Mais j’arrive de plus en plus à m’illustrer contre eux, donc je suis content de la progression obtenue depuis mon arrivée.»

Arnaud Revaz lors de son premier match NCAA, le 25 novembre dernier.

Arnaud Revaz lors de son premier match NCAA, le 25 novembre dernier.

Tony Price

«J’étais presque content qu’il n’y ait pas eu de public pour mes débuts»

Arnaud Revaz, joueur de l’Université du Maryland

Au sein de la très relevée conférence «Big Ten», les Maryland Terrapins, champions en 2002, pataugent un peu pour l’heure, avec sept victoires pour six défaites, depuis le 25 novembre. Des résultats en dents de scie qui n’aident pas Arnaud Revaz dans sa quête du parquet. «Nous avons souvent perdu en fin de match, sur des détails. C’est vrai que si les parties restent serrées, cela va être difficile d'avoir plus de temps de jeu, car le coach utilise ses joueurs les plus expérimentés pour essayer de gagner. Mais si de temps en temps l’écart est plus grand, j’aurai peut-être une chance de jouer. Comme jeudi dernier, où je suis rentré 1 minute 30 car on perdait de 20 points.»

Coincé aux États-Unis pour les fêtes, le Valaisan ne rentrera pas en Suisse avant l’été. Il espère d’ici là pouvoir enfin assister à une rencontre NBA (ndlr: tout est à huis-clos, pour l’heure) et retrouver une vie plus proche de la réalité sur le site de son Uni. «Je dois avouer qu’en tant que jeune, j’étais presque content qu’il n’y ait pas eu de public pour mes débuts, car c’est un stress supplémentaire d’évoluer devant une salle pleine (le Xfinity Center compte 18’000 places). Depuis le terrain, cela doit être intimidant de jouer devant ces tribunes qui n’en finissent plus de monter. Mais j’espère que le Covid sera bientôt un lointain souvenir et que tout ça va revenir à la normale.»

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