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TessinArrestation musclée pour une famille émiratie

Des touristes ont été interpellés sous la menace d'une arme parce que leur voiture de location était recherchée par la police. Ils veulent déposer plainte.

par
Sarah Zeines
Sept policiers tessinois ont interpellé la famille arme à la main.

Sept policiers tessinois ont interpellé la famille arme à la main.

DR

Les vacances suisses de Bu Hamad, son épouse et leurs deux jeunes enfants devaient être bucoliques. C'était compter sans l'arrestation musclée à laquelle la famille allait être soumise, rapporte le journal anglophone The National. Alors que les touristes émirati se déplaçaient de Zurich à Lugano jeudi dernier à bord de leur voiture de location, la police tessinoise a intercepté le véhicule et sommé ses occupants de descendre.

Armes de poing sur la tête

«Ils ont pointé leurs armes sur ma tête, ainsi que sur celle de ma femme, déplore Bu Hamad, un consultant financier pour son gouvernement, âgé de 43 ans. Il y avait sept officiers et ils nous ont parlé en italien. Je ne comprenais rien.» Croyant dans un premier temps à une violation des codes de la route, le père de famille se rend rapidement compte que les actions des forces de l'ordre comportent des motifs plus graves. «J'ai dit à mon épouse de faire ce qu'on nous ordonnait, de leur répondre, de ne pas résister et de ne pas être agressif.»

Emmenés au poste de police de Bellinzone pour être auditionnés, les membres de la famille se rendent rapidement compte des raisons de leur interpellation. L'Audi avec laquelle ils circulent est recherchée. «Les officiers m'ont demandé où je l'avais louée et quand.» L'innocence du touriste est ensuite rapidement établie. «Quand ils ont terminé leur interrogation, ils se sont excusés et nous ont laissés partir.»

«Une erreur»

Interviewée par le journal émirati, Lulzana Musliu, porte-parole de l'Office fédéral de la police (fedpol), a assuré que la détention de la famille était une erreur. «Les personnes à l'intérieur du véhicule n'ont pas été fouillées. Cela dit, la voiture l'a été, a-t-elle insisté. Il s'est avéré que nous ne recherchions pas ces individus. Ils ont tout simplement loué l'auto.»

Seul bémol: le refus de laisser la famille appeler les Affaires étrangères de leur pays, une demande faite au début de l'interpellation. «Toute personne a le droit de contacter son ambassade immédiatement, a déclaré une représentante de l'ambassade des Émirats Arabes Unis. Ils n'avaient pas à attendre une arrivée au poste de police.»

Pour sa part, Bu Hamad examine actuellement la possibilité d'entreprendre une action en justice contre les forces de l'ordre tessinoises.

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