Indépendantisme catalan - Libéré, Carles Puigdemont a été autorisé à quitter l’Italie

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Indépendantisme catalanLibéré, Carles Puigdemont a été autorisé à quitter l’Italie

La justice italienne a laissé vendredi, sortir de prison l’ex-leader catalan accusé par la justice espagnole de «sédition» et de «détournements de fonds publics».

Carles Puigdemont, ici en juin dernier.

Carles Puigdemont, ici en juin dernier.

REUTERS

L’ancien président séparatiste catalan Carles Puigdemont a quitté vendredi, la prison de Sassari, en Sardaigne, au lendemain de son arrestation à la demande de l’Espagne qui réclame son extradition pour la tentative de sécession de la Catalogne en 2017.

Carles Puigdemont, salué par ses partisans, a quitté la prison sans faire de déclaration. Selon son avocat, il a été autorisé à quitter l’Italie dans l’attente de la prochaine audience, à laquelle il prévoit d’assister, le 4 octobre.

L’eurodéputé indépendantiste et ex-président catalan, âgé de 58 ans, a passé la nuit en prison après avoir été arrêté jeudi soir, à son arrivée à Alghero, ville sarde de culture catalane où il devait participer à un festival culturel et s’entretenir avec des élus de l’île italienne, selon son entourage. Vendredi matin, son profil Twitter affichait un portrait de lui sur lequel est inscrit «ne jamais se rendre». Cette arrestation a provoqué la colère des indépendantistes catalans.

Le nouveau président régional de la Catalogne, Pere Aragones, un séparatiste de tendance plus modérée que Carles Puigdemont, a condamné sur Twitter «la persécution et cette répression judiciaire». Après l’annonce de la libération de l’indépendantiste, il a tweeté: «Nous fêtons le fait que le président Puigdemont reste en liberté mais nous continuons à condamner la persécution judiciaire qui, depuis 4 ans, l’oblige à vivre en exil.»

Réclamé en Espagne pour «sédition»

Vendredi matin, jour férié en Catalogne, plusieurs centaines d’indépendantistes manifestaient devant le consulat d’Italie, à Barcelone, pour dénoncer cette arrestation. Carles Puigdemont est toujours réclamé par la justice espagnole qui l’accuse de «sédition» et de «détournements de fonds publics».

«L’arrestation de Carles Puigdemont correspond à une procédure judiciaire en cours qui s’applique à tout citoyen de l’UE devant répondre de ses actes devant les tribunaux», a affirmé dans un communiqué, le gouvernement de gauche espagnol de Pedro Sanchez, ajoutant que Carles Puigdemont devrait «se soumettre à l’action de la justice comme tout autre citoyen».

Immunité levée

En mars 2018, Carles Puigdemont avait été arrêté une première fois à la demande de l’Espagne, en Allemagne cette fois. Mais il avait été libéré quelques jours plus tard après l’abandon par la justice allemande de l’accusation de «rébellion» qui pesait alors à son encontre en Espagne et a été requalifiée depuis en «sédition».

Eurodéputé depuis 2019, l’indépendantiste a bénéficié un temps d’une immunité parlementaire mais le Parlement européen a levé cette immunité le 9 mars, à une large majorité, mesure qui a été confirmée le 30 juillet, par le Tribunal de l’Union européenne.

Mais la décision du Parlement européen a fait l’objet d’un recours dont le jugement définitif sur le fond de la part de la justice de l’UE doit être prononcé «à une date ultérieure». L’avocat de Carles Puigdemont, Gonzalo Boye, considère donc que la décision du Parlement est «suspendue» et que son client doit encore bénéficier de son immunité.

Risque d’une nouvelle crise

L’arrestation de Carles Puigdemont, qui avait fui en Belgique après l’échec de la tentative de sécession pour échapper aux poursuites de la justice espagnole, fait planer le risque d’une nouvelle crise entre Madrid et les indépendantistes alors qu’elle intervient dans un moment de relative détente.

Le gouvernement Sanchez a gracié en juin les neuf dirigeants indépendantistes qui avaient été arrêtés en 2017 et condamnés à la prison en 2019 à l’issue d’un procès historique dont M. Puigdemont était le grand absent. Et son gouvernement a repris, le 15 septembre, ses négociations avec le gouvernement séparatiste régional destinées à trouver une issue à la crise séparatiste en Catalogne.

La tentative de sécession de la Catalogne, en octobre 2017, a été l’une des pires crises vécues par l’Espagne depuis la fin de la dictature franquiste en 1975.

Malgré l’interdiction de la justice, le gouvernement régional présidé par Carles Puigdemont avait organisé un référendum d’autodétermination émaillé de violences policières et suivi, quelques semaines plus tard, d’une déclaration d’indépendance mort-née.

Le gouvernement espagnol, alors dirigé par les conservateurs, avait réagi en mettant la région sous tutelle et en arrêtant les principaux dirigeants du mouvement qui n’avaient pas fui à l’étranger.

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