Football - Arthur Cabral, tout un changement
Publié

FootballArthur Cabral, tout un changement

Le Brésilien du FC Bâle semble de nouveau totalement investi dans son rôle d’attaquant, loin du joueur qui traînait les pieds il y a quelques semaines.

par
Florian Vaney
Freshfocus

Les joueurs de football ne s'épanchant pas facilement en public sur leurs traquas, leur attitude corporelle sur le terrain est parfois un excellent instrument de mesure. Comme un révélateur de leur niveau de bien-être actuel.

Depuis le début de la saison, celle qui se dégage d'Arthur Cabral se veut pas loin d'être catastrophique. Ou plutôt était, on y reviendra. On l'a vu discuter avec véhémence les ordres de son ancien coach, Ciriaco Sforza, fait plutôt rare dans le haut niveau. On l'a vu traîner les pieds théâtralement dans ses replacements. Sans parler de tous ces petits gestes d'agacement nettement plus communs pour un attaquant, qui lui donnaient malgré tout des allures de footballeur tourmenté.

Sous Sforza, le sentiment d’un potentiel gâché

Le problème n'en était pas un petit pour le FC Bâle. Remis en cause dans chacun de ses choix depuis qu'il ne trône plus au sommet du football suisse, le club rhénan n'avait pas hésité à poser 4 millions de francs sur la table l'été dernier pour prolonger son attaquant brésilien après une première saison effectuée en prêt. Pas si loin, le spectre du fiasco Dimitri Oberlin, engagé pour plus de 4 millions à l'été 2018 et tombé dans l'oubli depuis.

Malgré ses humeurs, Arthur Cabral n'est pas tombé aussi bas. De loin pas, même. Reste que derrière ses buts (19 déjà cette saison) a longtemps subsisté une impression de potentiel gâché. Lorsqu'on dit longtemps, cela correspond assez précisément au temps passé par Ciriaco Sforza sur le banc bâlois.

S'il y avait de la friture sur la ligne entre les deux hommes? On n'en sait rien. Mais si on se réfère à l'attitude corporelle du Brésilien durant l'ère Sforza, on peut en faire l'hypothèse. Une hypothèse qui prend un peu plus de valeur au regard de la situation depuis que Patrick Rahmen est en charge des Rotblau.

Marquer et faire marquer

Le technicien a déjà disputé quatre rencontres, Cabral a pris part à trois d'entre elles pour autant de buts et deux passes décisives. Le tout en manquant les portes ouvertes de dimanche dernier contre Servette (5-0, il était suspendu) et en offrant dans un soulagement général les trois points aux Bâlois une semaine plus tôt à Lucerne (but du 4-3 inscrit à la 93e).

Mais ses stats, au fond, n'ont jamais été le nœud du problème. Elles étaient bonnes jusqu'il y a peu, elles pourraient devenir excellentes. Le changement, c'est que l'ancien de Palmeiras n'existe plus que comme un buteur monotâche. Il semble davantage investi par le plan de jeu en général. Il pèse sur les défenses adverses, prend de la place, met son travail au service des autres. C'est un début, d'accord, mais le changement est palpable.

Le FC Bâle n'a toujours pas retrouvé un rythme de croisière digne d'un tout grand. Mais commencer par redonner le sourire à son joyau brésilien, qui pourrait bien finir par voler le titre de meilleur buteur de Super League à Jean-Pierre Nsame, était sans doute le meilleur point de départ. En tout cas, lui ne traîne plus les pieds.

Votre opinion