Jeu vidéo: «Assassin's Creed Origins» est un retour gagnant

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Jeu vidéo«Assassin's Creed Origins» est un retour gagnant

Graphismes, gameplay et scénario: l'air égyptien aura été profitable à la franchise d'Ubisoft. Notre verdict.

par
Jean-Charles Canet

Voilà. On y est presque. Nous approchons gentiment du niveau 40 dans «Assassin's Creed Origins», le jeu triple A (ça veut dire gros budget et grosses ambitions) d'Ubisoft et donc au terme d'un arc scénarisé qui nous aura tenu en haleine un nombre conséquent d'heures. La partie historiquement correcte (Cléopâtre et son petit frère qui se disputent le trône de sable) est désormais derrière, reste encore un pan costaud consacré aux origines du combat, au travers des siècles et jusqu'à nos jours, entre l'ordre des Assassins et celui des Templiers. Avec toujours une pointe de science-fiction, comme de bien entendu.

Un sphynx plus petit qu'on ne se l'était imaginé

Un sphynx plus petit qu'on ne se l'était imaginé

Dans le bac à sable, nous avons beaucoup chevauché, rencontré les PNJ (personne non-jouable) qui nous ont confié des missions, combattu les séides de Ptolémée XIII, l'irascible frère cadet. Nous nous sommes infiltrés dans des grottes, des temples, des camps retranchée et, bien évidemment, dans les plus célèbres pyramides de l'Egypte antique. Nous avons intensément marqué nos cibles à l'aide de notre fidèle rapace, ce qui a permis de décimer des garnisons entières dans la plus élégante des furtivités. Et lorsque ce n'était plus possible, nous avons découvert un système de combat plus efficace et satisfaisant que ce que la franchise avait jusqu'ici proposé.

Nous avons pris soin de ne pas trop nous attaquer à plus fort que nous, ce qui a permis de faire progresser le héros de Bayek puis de revenir vers les épreuve impossibles encore une heure auparavant. Nous avons entretenu notre équipement, veillé à la solidité de notre trésorerie et choisi nos compétences préférées. Nous avons repéré des constellations dans le ciel. Nous avons aussi chassé une faune parfois agressive composée essentiellement d'hippopotames, de crocodiles, de hyènes, de lions et autre félins, puis attaqué quelques convoyeurs de matières premières.

Des affrontements possibles aussi à dos de chameau.

Des affrontements possibles aussi à dos de chameau.

Nous avons aussi retrouvé des corps de joueurs tombés au combat avec le devoir nous commandant de les venger (c'est, avec un système de partage de photos, la seule composante multijoueur du titre). Nous avons encore participé à quelques batailles navales épiques mais fait l'impasse sur les courses de char (pas envie et, de plus, facultatives). Tout cela pour dire que le bilan, le nôtre en tout cas, est extrêmement satisfait. Déjà sur le plan de gameplay, aspect essentiel s'il en est. Cela ne veut pas dire que nous n'avons pas vécu ça et là quelques contrariétés, ni été épargné par des bugs qui subsistent toujours dans un monde ouvert de cette ampleur. Mais dans l'ensemble, l'année de développement supplémentaire accordée par Ubisoft, après la contre-performance d'«Assassin's Creed Unity» puis la lassitude engendrée par «Syndicate», combiné au bon air égyptien a été profitable à l'équipe déjà derrière l'un des épisodes les plus abouti de la saga soit «Assassin's Creed IV - Black Flag».

Outre sa splendeur graphique repérable dès les premières minutes, «Origins» a su réunir les meilleurs éléments de gameplay expérimentés dans d'autre titres Ubi – on pense notamment à «Watch Dogs», «Ghost Recon Wildlands», «Far Cry» et même «For Honor» – sans pour autant perdre son âme.

Tout au plus, le principal reproche que nous pourrions faire à «Assassin's Creed Origins» se situe du côté de la narration, aspect qui n'est pas encore le point fort des écuries Ubisoft. Du moins pas au niveau, il est vrai exceptionnel, de «Gran Theft Auto V», chez Rockstar ou de «Witcher III», chez CD Projekt RED, deux productions qui en matière de crédibilité des personnages (même les secondaires) et de dialogues, n'ont que peu à envier aux meilleures fictions non interactives.

Si la trame, soit l'accomplissement d'une vengeance sur fond de guerre de succession, est habilement insérée dans le jeu, elle souffre de l'inégalité des séquences, tantôt brillantes, tantôt un poil précipitées ou victimes de dialogues un peu cucul la praline. C'est d'autant plus dommage que la relation entre Bayek et sa compagne Aya est très habilement écrite avec une pointe de sensualité subtile assez rare dans un jeu vidéo. On attendait cependant un peu plus de Cléopâtre et de César. En revanche, toutes les séquences oniriques qui suivent chaque assassinat majeur sont inventives et remarquablement construites. Autrement dit, en terme de narration, le meilleur côtoie la série B.

Cléopâtre qui, paraît-il, avait un très joli nez.

Cléopâtre qui, paraît-il, avait un très joli nez.

«Assassin's Creed Origins» n'en reste pas moins le seul blockbuster d'avant Noël à nous avoir donné l'envie d'y revenir aussi souvent que possible, avec ce sentiment fort agréable de n'en avoir pas épuisé toutes les surprises.

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