Justice: Assassinat de Frasses: plainte pénale entre avocats

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JusticeAssassinat de Frasses: plainte pénale entre avocats

Un des avocats de la famille a annoncé en pleine audience ce matin au Tribunal criminel de la Broye fribourgeoise son intention d'attaquer au pénal son confrère de la défense.

par
Benjamin Pillard
Ce matin au Tribunal criminel de la Broye fribourgeoise.

Ce matin au Tribunal criminel de la Broye fribourgeoise.

Laurent Crottet

«En 20 ans de pratique des autorités judiciaires romandes, ce que j'ai entendu tout à l'heure constitue assurément une première. Me André Clerc, je crois que vous êtes un irresponsable. Et je crois qu'il y a un certain nombre de choses que comme plaideur on s'abstient de faire.» Me Stefan Disch défend les intérêts de l'une des sœurs et de la jeune fiancée de Selim E., le père de famille kosovar abattu d'une quinzaine de balles devant sa maison du paisible village de Frasses (FR), une nuit de mai 2013, devant femme et enfants, sur fond d'une vendetta qui décime deux familles ennemies depuis une quinzaine d'années en lien avec un trafic de drogue.

Ce matin à Romont, quelques minutes seulement après l'ouverture du procès des deux tireurs ou complices présumés, devant le Tribunal criminel de la Broye fribourgeoise, le ténor du barreau lausannois a annoncé son intention de déposer plainte pénale pour calomnie contre son confrère fribourgeois Me André Clerc, le défenseur de l'un des deux prévenus. «Je ne sais pas si c'est de l'intimidation primaire ou une maladresse d'un avocat que j'estime…», a ajouté Me Disch, en précisant que «la liberté en plaidoirie a des limites».

L'incident fait suite à un coup de théâtre de l'homme de loi fribourgeois devant la Cour. «J'ai reçu hier des photographies par e-mail en provenance du Kosovo», a déclaré Me Clerc. «Samedi, deux grenades ont explosé dans la cour de la maison familiale de mon client, quelques minutes après qu'une dizaine d'enfants -dont ceux de ses sœurs- y aient joué. Je prétends que Me Disch a contribué à cette mise en danger, en donnant le nom de mon client à la famille de la victime dès le début de l'enquête.»

Sous haute tension, le procès est prévu sur cinq jours, avec un verdict attendu dans deux semaines.

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