Bienne: «Assez des cyclistes sur les trottoirs!»

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Bienne«Assez des cyclistes sur les trottoirs!»

Le parlementaire biennois Pierre Ogi veut protéger les piétons, avec à l'appui le mauvais exemple d'un magistrat.

par
Vincent Donzé
Rouler sur un trottoir en vélo est passible d'une amende 40 francs.

Rouler sur un trottoir en vélo est passible d'une amende 40 francs.

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«Normalement, les piétons marchent sur les trottoirs et les cyclistes roulent sur les route», estime le parlementaire biennois Pierre Ogi. Problème à ses yeux: «Des cyclistes peu respectueux utilisent les trottoirs, notamment pour éviter de se retrouver devant un feu rouge.»

Le constat de cet ancien jardinier municipal: «Très souvent, des piétons voient des cyclistes surgir à toute vitesse et ont à peine le temps de s'écarter pour les laisser passer». Un avis partagé par les journalistes de l'hebdomadaire «Biel Bienne», dont la porte de la rédaction débouche sur un trottoir, route de Neuchâtel.

Règles de la circulation

Son intervention a trouvé un écho poli au Conseil municipal, conscient «des risques que font courir à la population les cyclistes qui ne respectent pas les règles de la circulation en vigueur.»

«J'en ai assez des cyclistes sur les trottoirs!», martèle Pierre Ogi. Que faire? Selon les autorités municipales, «la Confédération, les cantons et les communes disposent de nombreux moyens pour influencer le flux de la circulation routière, et cela comprend tant des instruments préventifs que répressifs et des infrastructures techniques.»

«L'ordre voulu»

En clair, les communes peuvent «imposer l'ordre voulu en termes de circulation», mais la police cantonale est seule habilitée à sanctionner les infractions commises par les cyclistes. Rouler sur un trottoir en vélo est passible d'une amende 40 francs.

La police cantonale fait aussi dans la prévention quand elle soutient les cours pour cyclistes organisés par Pro Velo.

Attention particulière

L'unité municipale SIP (Sécurité-Intervention-Prévention) du Département de la sécurité publique patrouille régulièrement sur le territoire communal et accorde une attention particulière aux cyclistes ne se comportant pas correctement.

La réponse à l'intervention de Pierre Ogi est cosignée par le maire Erich Fehr et le chancelier Julien Steiner, mais pas par le conseiller municipal Beat Feurer, directeur de la Sécurité. Au Conseil de Ville, Pierre Ogi fait allusion à un conseiller municipal qu'il a vu rouler sur un trottoir, mais sans le nommer.

Un danger pour les aveugles

«Jusqu'à présent, les trottoirs étaient l'unique terrain sur lequel je me sentais en sécurité et où je pouvais me déplacer de façon totalement autonome, pour aller prendre les transports publics par exemple. Mais aujourd'hui, ils sont devenus de véritables pièges», dénonçait un malvoyant mardi dans «Le Journal du Jura». Sceptique face à l'intention du législateur d'autoriser les enfants jusqu'à douze ans à rouler sur les trottoirs, ce malvoyant craint surtout les adultes: «Nous sommes (...) effrayés lorsque des cyclistes et autres amateurs de roller surgissant comme des diables de leur boîte, le tout, bien sûr, sans sonnette ni lumière depuis la suppression de leur obligation, le 1er janvier 2018».

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