Coronavirus: Assouplissements le 22 mars: c’est mal barré
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CoronavirusAssouplissements le 22 mars: c’est mal barré

Le Conseil fédéral avait retenu quatre indicateurs sur la pandémie avec des limites à ne pas atteindre. On est loin du compte.

par
Renaud Michiels
Que vont annoncer Alain Berset et Guy Parmelin pour le 22 mars? Peut-être pas grand-chose…

Que vont annoncer Alain Berset et Guy Parmelin pour le 22 mars? Peut-être pas grand-chose…

AFP

Le 24 février, à l’heure d’annoncer les réouvertures des commerces pour le 1er mars, le Conseil fédéral annonçait l’étape suivante. Elle concerne une éventuelle autorisation des manifestations sportives et culturelles accueillant du public comme les activités sportives à lintérieur, la fin du télétravail obligatoire ou la réouverture des terrasses, voire des restaurants tout court.

Ce vendredi, le Conseil fédéral doit annoncer ce qu’il compte entreprendre et lancer une consultation auprès des cantons. Puis le gouvernement prendra sa décision le 19 mars pour de possibles assouplissements des mesures de lutte contre la pandémie qui entreraient en vigueur le 22 mars.

Mais il y a un gros mais. Les 7 sages ont précisé qu’ils se baseront sur plusieurs données pour prendre leurs décisions. Alors où en est-on à une semaine du verdict? Voici ces quatre indicateurs retenus et leur niveau actuel.

Positivité et hospitalisations

1: Pour des assouplissements, «le taux de positivité doit être inférieur à 5%», avait indiqué le Conseil fédéral. Un certain flou règne autour de ce taux de positivité des tests puisque l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) en communique en fait deux, un pour les tests PCR et un autre pour les tests rapides antigéniques. Mais les données de ces derniers jours sont régulièrement entre 4 et 5%. On peut donc imaginer que l’objectif pourrait être atteint et que ce critère ne sera pas déterminant.

2: «le nombre de lits aux soins intensifs occupés par des patients Covid-19 ne doit pas dépasser 250». Pas trop de problèmes de ce côté-là, à en croire les données de l’OFSP. Ce jeudi, un peu plus de 170 lits de soins intensifs étaient occupés par des personnes atteintes par le coronavirus, soit 18% de l’ensemble des lits dans ces unités. On voit mal comment on passerait à 250 en une semaine: cet objectif devrait être atteint.

Taux R et incidence

3: «le taux de reproduction moyen des sept derniers jours doit être inférieur à 1.» Cet objectif, par contre, semble impossible à atteindre. Le taux de reproduction (R) est supérieur à 1 sans discontinuer depuis le 26 février en Suisse. Et la situation se détériore: 1,09 selon les derniers chiffres. En plus le Conseil fédéral parle des «sept derniers jours». En clair, ce taux devrait passer sous la barre du 1 dès aujourd’hui: inimaginable.

4: «lincidence sur quatorze jours le 17 mars ne doit pas dépasser celle du 1er mars lors des premiers assouplissements». Là aussi, l’objectif semble compliqué à atteindre. Cette incidence était de 162 le 1er mars et elle n’a pas cessé d’augmenter depuis. Nous étions ce jeudi à 175. De plus il s’agit là d’une donnée qui évolue lentement. Donc on voit mal comment on pourrait retourner à 162 dès le 17 mars, soit mercredi prochain.

Au final, donc, le verdict est assez clair: si le Conseil fédéral s’en tient vraiment stricto sensu aux critères qu’il a fixés, il ne faut vraiment pas s’attendre à dimportants assouplissements pour le 22 mars. Mais il n’a cependant aucune obligation de le faire. Reste à savoir comment il appréciera d’avoir atteint deux objectifs sur quatre.

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