Actualisé 14.11.2018 à 15:53

Astérix décorait sa hutte avec la tête de ses ennemis

Archéologie

De récentes découvertes confirment que les Gaulois clouaient les crânes de leurs rivaux devant leur porte. Après les avoir momifiés.

par
Michel Pralong
En fait, les Gaulois ne plantaient pas des crânes, mais des têtes momifiées à la cire pour orner leurs portes.

En fait, les Gaulois ne plantaient pas des crânes, mais des têtes momifiées à la cire pour orner leurs portes.

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Dans «Astérix», seul les Normands boivent dans le crâne de leurs ennemis. Pourtant, Goscinny et Uderzo auraient pu ajouter quelques crânes plantés sur des piques en guise de décoration du village du petit Gaulois. De récentes découvertes semblent confirmer d'antiques écrits: les Celtes, dont les Gaulois, réservaient un drôle de sort aux têtes de leurs ennemis.

Selon Science et avenir, l'auteur grec Strabon (63 av.J.C – 24 ap.J.C) décrivait que les Celtes, «au retour du combat, attachaient les têtes de leurs ennemis à l'encolure de leurs chevaux pour, une fois rentrés chez eux, les enclouer devant leurs portes». En fait, ils faisaient même plus que cela. Ce n'est pas les crânes qu'ils utilisaient en guise de trophées, mais les têtes avec peau et cheveux. Ils pratiquaient une technique d'embaumement sur elles.

C'est en tout cas ce qu'a découvert une équipe d'archéologues français des Universités de Montpellier et d'Avignon. Dans le «Journal of Archeological Science», qui ont analysé des crânes découverts à Le Cailar, capitale de la Petite Camargue. Exhumé en 2000, ce site a été occupé par des populations celtes dès le quatrième ou troisième siècle av.J.C. Près de 50 crânes, brisés en 2800 morceaux ont été trouvés à côté d'armes. Cette proximité laisse penser que certains d'entre eux étaient exposés comme trophées guerriers.

Cerveau retiré

Après avoir analysé les ossements, les scientifiques ont confirmé y avoir trouvé des traces d'huile de cèdre, qui avait été chauffée à haute température. Une technique pour préserver les traits du visage de leur ennemi tué au combat. Des marques sur les crânes suggèrent aussi qu'ils en ont retiré le cerveau, afin que la tête se conserve plus longtemps.

Ainsi traités, de tels trophées pouvaient servir à souligner la valeur du guerrier qui les exposait. Mais les archéologues suggèrent que certaines personnalités de la tribu auraient également pu subir le même traitement après leur mort, leur tête étant gardée pour honorer leur mémoire. De plus amples recherches devront être menées pour répondre à cette question.

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