Crise de la dette: Athènes et l'UE disent croire encore à un accord
Publié

Crise de la detteAthènes et l'UE disent croire encore à un accord

La Grèce espère conclure un accord avec ses créanciers lors de la réunion des ministres des Finances de la zone euro le 18 juin.

Le ton des discussions entre Athènes et ses créanciers s'est durci jeudi avec le départ des négociateurs du FMI de la table des pourparlers, justifié par des «divergences majeures».

Le ton des discussions entre Athènes et ses créanciers s'est durci jeudi avec le départ des négociateurs du FMI de la table des pourparlers, justifié par des «divergences majeures».

Archives/photo d'illustration, AFP

Ce vendredi 12 juin, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker affirme que «la balle est dans le camp grec».

«Il y aura un accord le 18 juin ou jamais», a affirmé également le ministre de la défense Panos Kammenos. «J'espère qu'il y aura un accord bientôt, le 18 juin, lors de l'Eurogroupe», a de son côté déclaré le ministre d'Etat, Alekos Flambouraris, un proche d'Alexis Tsipras. «Il y aura un accord car une faillite n'est ni dans notre intérêt, ni dans celui des créanciers», a-t-il ajouté.

Le chef du parti de droite souverainiste Grecs indépendants (ANEL), partenaire de Syriza au gouvernement, a pour sa part estimé que «s'il n'y a pas de solution d'ici la fin du mois, nous ne paierons pas le FMI» car le pays «n'est pas en position, s'il ne touche pas un euro (d'aide, NDLR), de rembourser son emprunt». Il a également estimé qu'Athènes avait fait suffisamment de concessions à ce jour.

Le FMI durcit le ton

L'UE et le Fonds monétaire international (FMI) ont au contraire fait comprendre à la Grèce que c'était à elle de rapprocher ses positions de celles de ses interlocuteurs.

Le ton des discussions entre Athènes et ses créanciers s'est durci jeudi avec le départ des négociateurs du FMI de la table des pourparlers, justifié par des «divergences majeures». Une source grecque a parallèlement déclaré à Reuters que la totalité de la délégation grecque présente à Bruxelles avait regagné Athènes.

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a relativisé ce départ. «Ça arrive souvent», a-t-il dit sur la radio France Culture. «Ceux qui partent doivent toujours revenir.»

Reprise des discussions

Le Luxembourgeois a toutefois affirmé que la conclusion d'un accord est nécessaire «dans les jours qui viennent». «Je crois que la balle est dans le camp grec», a-t-il ajouté, alors que le président du Conseil européen, Donald Tusk, a jugé que les deux parties n'avaient «plus le temps de marchander».

Jean-Claude Juncker a par ailleurs estimé que «les négociations vont reprendre sur un plan technique d'abord, politique ensuite». Il a expliqué avoir «fait le tour de la question hier avec le Premier ministre grec. J'ai formulé un certain nombre d'observations et de propositions sur lesquelles le gouvernement grec s'est penché hier soir.»

La Grèce doit trouver un terrain d'accord avec ses créanciers avant le 30 juin, date de l'expiration du plan d'aide international en cours et d'une échéance de 1,6 milliard d'euros de dettes au FMI. Faute d'accord, Athènes risque de se trouver en situation de défaut de paiement, ce qui pourrait provoquer sa sortie de la zone euro.

Parmi les points sur lesquels achoppent les pourparlers figurent la baisse de certaines pensions de retraite réclamée par les créanciers, le relèvement de la TVA et l'excédent budgétaire primaire (hors service de la dette).

Renégociation de la dette

Le gouvernement d'Alexis Tsipras réclame en outre une nouvelle renégociation du fardeau de la dette publique, une question que les créanciers ne veulent aborder qu'une fois conclu un accord sur l'aide.

«Quoi que nous fassions, quelles que soient les mesures que nous prenions, si nous ne commençons pas par traiter la question de la dette, il n'y a aucune chance que l'économie grecque redémarre», a dit M. Flambouraris. «Et si l'économie grecque ne redémarre pas, nous ne pourrons pas répondre au chômage et les magasins fermeront.»

(ats)

Votre opinion