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JO-2014: Isinbayeva se dit "mal comprise" sur ses remarques anti-gay (PAPIER GENERAL) Par Benoit FINCK MOSCOU, 16 août 2013 (AFP) - La star russe de la perche Yelena Isinbayeva a tenté vendredi de minimiser la polémique provoquée par ses déclarations anti-gay, se disant "mal comprise" et opposée à toute "discrimination" contre les homosexuels.

"Je suis opposée à toute discrimination contre les homosexuels, qui se base sur la sexualité (ce qui est contraire à la charte Olympique)", a déclaré Isinbayeva, 31 ans, dans un communiqué publié au lendemain de sa conférence de presse, expliquant qu'elle avait été "mal comprise". "L'anglais n'est pas ma première langue et je crois que j'ai peut-être été mal comprise quand je me suis exprimée hier" jeudi, a indiqué Isinbayeva. "Ce que je voulais dire, c'est que les gens doivent respecter les lois d'autres pays, en particulier quand ils sont invités", a-t-elle souligné dans le communiqué. Au cours de sa conférence de presse au stade Luzhniki de Moscou, où se déroulent les Mondiaux-2013 d'athlétisme, Isinbayeva avait pris la défense d'une loi russe interdisant la "propagande" homosexuelle devant mineurs, un texte passible d'une peine d'amende et de prison, jugé discriminatoire par des défenseurs des droits de l'homme. Répondant à une question sur une athlète suédoise dont les ongles étaient vernis aux couleurs du drapeau arc-en-ciel symbole de l'homosexualité, Isinbayeva avait défendu la loi promulguée en juin par le président Vladimir Poutine, un texte très controversé dans la perspective des jeux Olympiques d'hiver organisés en février 2014 à Sotchi, dans le sud de la Russie. En Russie, "nous nous considérons comme des gens normaux où des garçons sont avec des filles, et des filles avec des garçons", avait déclaré Isinbayeva, certes dans un anglais approximatif. "La propagande des relations non traditionnelles serait un grand signe de non-respect des citoyens de notre pays et de nos lois. Toute personne qui viendra pour les JO de Sotchi doit respecter nos lois", avait-elle ajouté. "Nous tolérons toutes les opinions et nous respectons tout le monde, mais en retour, ces personnes doivent respecter nos lois et ne pas promouvoir dans les rues les orientations (sexuelles, ndlr) non traditionnelles", avait insisté Isinbayeva, deux jours après sa médaille d'or pour un saut à 4,89m. Les propos de la "tsarine" ont provoqué de vives critiques, notamment d'anciens athlètes, comme Michael Johnson, légende américaine du 400 mètres, considéré comme l'un des plus grands sprinters de tous les temps. "Elle est très populaire ici et fait partie d'un petit groupe de gens qui ont beaucoup de pouvoir et défendent cette vision des choses dans le pays", a déclaré Johnson, expert de la BBC pour le sport. "C'est un mauvais jugement et une très mauvaise opinion", a-t-il insisté. Isinbayeva est "vraiment déconnectée du reste du monde", a renchéri l'athlète britannique Denise Lewis, championne olympique du heptathlon en 2000. "Je suis très surprise que ses dirigeants ne lui aient pas conseillé d'être un peu plus prudente en s'abstenant d'exposer ses vues lors de cet événement. C'est vraiment accablant pour elle en tant que superstar mondiale", a-t-elle estimé. L'Australienne Sally Pearson, championne olympique du 100m haies, qui va défendre son titre vendredi, s'est montrée plus mesurée: "Je pense que la politique et le sport ne vont pas ensemble, ils devraient rester séparés et les personnes de ces deux mondes ne devraient pas passer de l'un à l'autre". "Aurait-elle dû dire ça? C'est d'elle que ça dépend. Chacun a le droit de faire des commentaires et d'avoir son point de vue", a-t-elle ajouté. Aux termes de la loi russe interdisant tout acte de "propagande" homosexuelle devant les mineurs, les étrangers risquent une amende de 100.000 roubles (2.300 euros) maximum, jusqu'à 15 jours de détention et l'expulsion du pays. Ce texte continue de susciter des critiques à travers le monde et des appels à boycotter les jeux de Sotchi. Un site "Boycott Sotchi 2014" créé sur Facebook par la communauté homosexuelle a déjà recueilli des milliers de signatures, et des défenseurs de la cause gay ont appelé à boycotter aussi la vodka russe. bfi/neo/gv

(AFP)

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