Actualisé 25.09.2020 à 17:02

FranceAttaque à l’arme blanche près des anciens locaux de «Charlie Hebdo»

Deux salariés d’une société de production TV ont été blessés à l’arme blanche ce vendredi à Paris à proximité des anciens locaux du journal satirique «Charlie Hebdo». Sept suspects ont été placés en garde à vue.

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Paris, 25 septembre 2020.

Paris, 25 septembre 2020.

AFP
Paris, 25 septembre 2020.

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Paris, 25 septembre 2020.

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Un homme et une femme ont été blessés à l’arme blanche à Paris ce vendredi près des anciens locaux du journal Charlie Hebdo, en plein procès des attentats meurtriers qui l’avaient notamment visé en janvier 2015, a-t-on appris de sources concordantes.

Elise Lucet, la journaliste de France 2, a confirmé qu’il s’agissait de deux collaborateurs de la société de production télévisée Premières Lignes qui produit notamment son émission phare «Cash Investigation». «Leurs vies ne sont pas en danger, Dieu merci», a déclaré le Premier ministre Jean Castex lors d’un déplacement sur les lieux.

«Cela s’est passé vers 11h45, un homme est arrivé et a attaqué avec un hachoir deux salariés qui fumaient devant l’immeuble, un homme et une femme», a déclaré Paul Moreira, fondateur et co-dirigeant de Premières Lignes. «L’homme et la femme ont été tous les deux très gravement blessés», a-t-il ajouté.

Sept suspects en garde à vue

Peu après les faits, un homme a été interpellé à proximité de la place de la Bastille (est). Âgé de 18 ans, il s’agit de l’«auteur principal des faits», a déclaré Jean-François Ricard, le chef du parquet national antiterroriste, en charge de l’enquête. Selon les premiers éléments, il serait né au Pakistan.

Une deuxième personne, âgée de 33 ans, a ensuite été placée en garde à vue «afin de procéder à un certain nombre de vérifications» sur «ses relations avec l’auteur principal», a dit Jean-François Ricard.

Cinq hommes nés entre 1983 et 1996 et interpellés à Pantin (banlieue parisienne) ont été placés en garde à vue dans la soirée. D’après une source judiciaire, ils ont été interpellés à par les enquêteurs lors d’une perquisition dans l’un des domiciles supposés du principal suspect de l’attaque.

L’information judiciaire ouverte par le Parquet antiterroriste pour «tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste» et «association de malfaiteurs terroriste criminelle» a été confiée à la police judiciaire parisienne et à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

«Lutter contre le terrorisme»

Le Premier ministre français Jean Castex a affirmé vendredi sa «volonté résolue, par tous les moyens, de lutter contre le terrorisme» en se rendant sur les lieux.

Cette attaque à l’arme blanche est survenue «dans un lieu symbolique et au moment même où se déroule le procès des auteurs des actes indignes contre Charlie Hebdo», a souligné vendredi le chef du gouvernement, en référence à l’attentat qui avait visé l’hebdomadaire en janvier 2015.

«C’est l’occasion pour le gouvernement de la République de rappeler son attachement indéfectible à la liberté de la presse, sa volonté résolue par tous les moyens de lutter contre le terrorisme», a-t-il ajouté. La vie des deux victimes de l’attaque «n’est pas en danger», a précisé le Premier ministre.

«Toute l’équipe de Charlie apporte son soutien et sa solidarité à ses anciens voisins et confrères PLTVfilms et aux personnes touchées par cette odieuse attaque», a affirmé de son côté l’hebdomadaire satirique sur Twitter.

Tous les élèves aux abris

«Des milliers d’élèves», de la crèche au lycée, ont été confinés par précaution dans plusieurs quartiers du centre de Paris après cette attaque, a indiqué à l’AFP la mairie de la capitale.

Cinq écoles dans l’arrondissement où a eu lieu l’attaque et toutes les écoles d’arrondissements voisins ont été confinées. «Ça représente des milliers d’élèves, de la crèche au lycée. On se met en sécurité. On est de train de fermer les équipements municipaux et les gymnases aussi», a expliqué Ariel Weil, maire des quartiers du centre de Paris.

«Extrêmement choquée par l’attaque meurtrière à proximité des anciens locaux de #CharlieHebdo, dans un arrondissement de Paris qui a déjà payé un lourd tribut à la violence terroriste», a réagi sur Twitter la présidente de la région parisienne Valérie Pécresse.

Un périmètre élargi a été établi dans la zone pour un «colis suspect», a aussi indiqué la préfecture, en invitant à «éviter le secteur».

La rue Nicolas Appert est bloquée, avec une dizaine de policiers déployés sur place, a constaté une journaliste de l’AFP.

Le parquet antiterroriste saisi

Le parquet national antiterroriste français a annoncé être saisi de l’enquête après cette attaque. L’enquête de flagrance est ouverte pour «tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste» et «association de malfaiteurs terroriste criminelle», a-t-il précisé.

L’attaque s’est déroulée quelques jours après une grande mobilisation de près de 100 médias, dans une lettre ouverte, en soutien à Charlie Hebdo, objet de nouvelles menaces.

Après la republication des caricatures de Mahomet le 2 septembre, «Charlie Hebdo est à nouveau menacé par des organisations terroristes. Des menaces qui constituent une véritable provocation en plein procès des attentats de janvier 2015.

Des menaces qui vont bien au-delà de Charlie puisqu’elles visent aussi tous les médias et même le Président de la République», déplorait cette semaine Riss, le directeur de Charlie Hebdo, dans une déclaration à l’AFP.

(ATS/NXP)

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