Actualisé 14.10.2020 à 16:30

Procès à ParisCondamné à 28 ans de prison pour une attaque au marteau

Un Algérien de 43 ans a été reconnu coupable de «tentative d’homicides volontaires avec préméditation» mercredi à Paris, pour l’attaque d’un policier au marteau devant Notre-Dame en juin 2017.

L’attaque d’un policier avait eu lieu devant la Cathédrale de Notre-Dame, à Paris.

L’attaque d’un policier avait eu lieu devant la Cathédrale de Notre-Dame, à Paris.

AFP

La justice française a condamné mercredi à 28 ans de prison l’auteur d’une attaque au marteau contre des policiers devant Notre-Dame de Paris en 2017. L’homme n’a aucun regret et «le sentiment du devoir accompli».

La cour d’assises spéciale de Paris a suivi les réquisitions de l’avocate générale, qui avait appelé à punir sévèrement un homme devenu selon elle un «extrémiste total», un «fanatique de l’Etat islamique» enfermé dans un seul horizon: «le djihad».

L’ancien étudiant algérien de 43 ans a été reconnu coupable de «tentative d’homicides volontaires avec préméditation sur des personnes dépositaires de l’autorité publique» et «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste».

Sa peine de prison est assortie d’une période de sûreté des deux tiers. Il a également écopé d’une interdiction définitive du territoire français.

Procès singulier

Ouvert lundi, le procès s’annonçait singulier au regard de la personnalité de l’accusé: un étudiant doctorant et multidiplômé qui a basculé dans la violence djihadiste le 6 juin 2017, stupéfiant tous ces proches qui le décrivaient comme un homme doux, avenant, ouvert et démocrate.

Il l’est devenu encore plus mardi, lorsque l’accusé, interrogé par la cour, n’a exprimé ni excuses, ni regrets, ajoutant avoir toujours la «satisfaction du devoir accompli» pour ses «frères musulmans», sous le regard médusé des deux policiers attaqués présents à l’audience.

Il a également réaffirmé son adhésion entière au groupe Etat islamique (EI) et à son ancien chef Abou Bakr al-Baghdadi, un «homme intègre» et «un modèle». Et refusé de condamner les attentats de Mohammed Merah, Amédy Coulibaly et des frères Kouachi. A ses yeux, ces «moudjahidines martyrs» ont agi, comme lui, «en représailles» des attaques occidentales «contre les musulmans» en Irak et en Syrie.

Ces propos ont visiblement interpellé la cour et pesé dans le verdict, d’autant que le policier blessé et ses deux collègues présents à ses côtés ce jour-là ont décrit devant la cour leurs séquelles (dépression, hypervigilance) durables depuis l’attaque.

«C’est rare, y compris dans des procès terroristes, d’avoir quelqu’un à ce point satisfait de son action», a souligné l’avocate générale.

Propagande djihadiste

Le 6 juin 2017 à 16h19, l’homme avait bondi sur un groupe de trois policiers, frappant l’un d’eux avec un marteau en criant «C’est pour la Syrie!" Le policier, légèrement blessé à la tête, et un de ses collègues avaient ouvert le feu et l’avaient blessé au thorax, avant de l’arrêter.

Dans ses affaires et à son domicile, les enquêteurs ont retrouvé du matériel de propagande djihadiste en nombre et une vidéo enregistrée juste avant l’attaque où il prêtait allégeance à l’EI.

L’accusé a nié toute volonté de tuer. Il a affirmé avoir voulu blesser dans un «acte de résistance politique» destiné à «attirer l’attention de l’opinion publique française» sur les «milliers de musulmans tués à l’époque en Irak et Syrie par l’armée française» dans ses bombardements au sein de la coalition anti-EI.

Pour les policiers comme pour l’avocate générale, en revanche, la tentative d’homicide ne faisait aucun doute. Si le policier visé n’a été que légèrement blessé, «c’est uniquement parce que sa collègue a crié et qu’il a replié la tête par réflexe» alors que le coup se dirigeait vers le milieu du crâne, a estimé la magistrate.

(ATS/NXP)

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