Ghouta: Attaque chimique en Syrie? Accusations et démenti
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GhoutaAttaque chimique en Syrie? Accusations et démenti

Des Casques blancs ont signalé un recours au «gaz de chlore toxique» samedi dans la Ghouta orientale. Washington a accusé Moscou qui a démenti. Le pape a lui dénoncé.

La dernière poche rebelle de la Ghouta orientale est la cible de nombreux raids du régime de Bachar al-Assad. (Samedi 7 avril 2018)

La dernière poche rebelle de la Ghouta orientale est la cible de nombreux raids du régime de Bachar al-Assad. (Samedi 7 avril 2018)

AFP

La Russie a affirmé dimanche que le régime syrien n'a pas employé d'armes chimiques lors de ses raids contre les rebelles à Douma, dans la Ghouta orientale. Les Etats-Unis soupçonnent le contraire.

«Nous démentons fermement cette information», a déclaré le général Youri Evtouchenko, chef du Centre russe pour la réconciliation des parties en conflit en Syrie, selon des propos rapportés par les agences russes. «Nous sommes prêts, une fois que Douma sera libérée, à envoyer immédiatement des spécialistes russes en défense nucléaire, chimique et biologique pour recueillir les données qui confirmeront que ces assertions sont montées de toutes pièces.»

Des Casques blancs, secouristes en zones rebelles, ont dénoncé un recours au «gaz de chlore toxique», ce qui a été immédiatement démenti par les médias d'Etat syriens.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a pour sa part fait état de dizaines de cas de suffocation, dont certains mortels, sans toutefois se prononcer sur l'emploi ou non d'armes chimiques.

Le régime syrien a été accusé à plusieurs reprises d'avoir utilisé l'arme chimique contre les rebelles depuis le début du conflit. Les Nations unies estiment notamment qu'il a employé du gaz sarin dans une attaque en avril 2017 contre le village de Khan Sheikhun, tenu par l'opposition.

Le pape dénonce

Le pape François a dénoncé dimanche le recours aux armes chimiques en Syrie en déplorant les «dizaines de victimes» des bombardements récents. «Des nouvelles terribles nous parviennent de la Syrie avec des dizaines de victimes, dont beaucoup de femmes et d'enfants (...) tant de personnes frappées par les effets des substances chimiques contenues dans les bombes», a-t-il déclaré devant des milliers de fidèles rassemblés place Saint-Pierre.

«Il n'y a pas une bonne guerre et une mauvaise, et rien, rien ne peut justifier l'usage de tels instuments d'extermination contre des personnes et des populations sans défense», a-t-il ajouté, après avoir dit la messe dans la basilique Saint-Pierre.

«Prions pour que les responsables politiques et militaires choisissent l'autre voie, celle de la négociation, la seule qui peut apporter une paix, qui ne soit pas celle de la mort et de la destruction», a encore dit le pape argentin.

Frappes sur Douma

L'aviation du régime syrien a bombardé dimanche pour le troisième jour consécutif la dernière poche rebelle près de Damas, où des dizaines de civils ont péri en 48 heures dans les raids y compris une attaque chimique présumée dénoncée par les Etats-Unis.

La reprise vendredi des bombardements sur Douma est intervenue après l'échec de négociations en vue d'une évacuation du groupe rebelle Jaich al-islam de cette dernière ville qui échappe au contrôle du pouvoir dans la vaste région de la Ghouta orientale.

Les médias officiels syriens ont annoncé une relance des négociations plus tard dimanche, alors que l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a fait état de plus de 90 civils tués dans les frappes du régime depuis vendredi. Ces négociations sont parrainées par la Russie, alliée indéfectible du président Bachar el-Assad, engagé militairement à ses côtés dans la guerre qui ravage le pays.

(afp/ats)

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