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ÉcosseAttentat de Lockerbie: l’appel posthume du condamné examiné

La famille d’Abdelbaset Ali Mohmed al-Megrahi, le seul condamné dans l’attentat qui avait coûté la vie à 270 personnes en 1988, décédé depuis, a obtenu la révision du verdict.

En août 2009, le convoi de police escorte Abdelbaset Ali Mohmed al-Megrahi, libéré pour raisons de santé.

En août 2009, le convoi de police escorte Abdelbaset Ali Mohmed al-Megrahi, libéré pour raisons de santé.

AFP

L’unique condamné dans l’affaire de l’attentat meurtrier de Lockerbie en 1988 sera-t-il réhabilité à titre posthume? La justice écossaise examine à partir de mardi l’appel de la famille du Libyen Abdelbaset Ali Mohmed al-Megrahi, décédé depuis, contre sa condamnation à vie.

En raison de la pandémie, la Haute Cour de justice, plus haute juridiction pénale d’Écosse, examinera jusqu’à vendredi par vidéoconférence l’appel formé par la famille d’al-Megrahi. Une décision sera rendue ultérieurement.

Cet agent des services de renseignement libyens avait toujours clamé son innocence. Il avait été condamné à la prison à vie, en 2001, par une cour spéciale écossaise établie en terrain neutre aux Pays-Bas, avec un minimum de 27 ans, pour l’attentat à la bombe contre le Boeing 747 de la Pan Am.

L’appareil, qui effectuait la liaison Londres-New York, avait explosé le 21 décembre 1988 au-dessus de Lockerbie, tuant 270 personnes, dont de nombreux Américains et Britanniques – 243 passagers, 16 membres d’équipage et 11 habitants de la ville écossaise.

Il s’agit de l’attentat le plus meurtrier jamais commis sur le territoire du Royaume-Uni.

«Le cas d’Abdelbaset al-Megrahi, le seul homme jamais condamné pour ce crime, a été décrit comme la pire erreur judiciaire de l’histoire judiciaire britannique», a affirmé l’avocat de la famille du Libyen, Aamer Anwar.

«Il ne peut jamais y avoir de limite de temps pour la justice», a-t-il ajouté dans un communiqué. «Les familles qui soutiennent cet appel», celle du condamné mais aussi celles de victimes britanniques, «n’ont jamais renoncé à leur recherche pour la vérité».

Documents secrets

Megrahi avait été libéré en 2009 pour raisons médicales et est mort en 2012 à l’âge de 60 ans dans son pays, où il avait été accueilli en héros.

En mars, saisie par la famille du Libyen, la Commission écossaise de révision des condamnations pénales (SRRC) avait décidé de saisir la Haute Cour de justice, n’excluant pas une «erreur judiciaire».

Cette commission avait estimé que le verdict était «déraisonnable» en raison de la faiblesse des preuves produites pour retenir la culpabilité de Megrahi.

En août, la Haute Cour avait accepté d’examiner sur le fond l’appel de la famille.

«Pour la famille de Megrahi et de nombreuses familles de victimes britanniques soutenant aussi l’appel, une révision du verdict soutiendrait leur opinion que les gouvernements américain et britannique (…) vivent dans le mensonge depuis 31 ans, emprisonnant un homme qu’ils savent innocent», a insisté l’avocat Aamer Anwar.

Les représentants de la famille Megrahi regrettent notamment la confirmation par la Haute Cour vendredi d’une décision du chef de la diplomatie britannique, Dominic Raab, d’empêcher durant l’examen de l’appel la divulgation de documents classifiés liés à l’affaire, au motif que «cela causerait un réel dommage à la sécurité nationale du Royaume-Uni», notamment en matière d’anti-terrorisme.

Selon le journal The Guardian, ces documents évoqueraient l’implication, dans la fabrication de la bombe, d’un agent de renseignement jordanien au sein du Front populaire de libération de la Palestine-Commandement général (FPLP-CG).

Lors du procès en 2001, les juges avaient rejeté une théorie mettant en cause l’Iran, la Syrie et ce groupe palestinien, qui auraient agi en représailles à la destruction accidentelle d’un avion iranien par un missile américain en juillet 1988, qui avait fait 290 morts.

(AFP/NXP)

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