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EgypteAttentat meurtrier: l'Etat accuse les Frères musulmans

L'Egypte vient de reconnaître officiellement les Frères musulmans comme «organisation terroriste». Les membres sont accusés d'avoir organisé l'attentat contre la police de mardi.

Ces interdictions interviennent au lendemain d'un attentat suicide visant un bâtiment de la police dans le nord du pays qui a fait 15 morts.

Ces interdictions interviennent au lendemain d'un attentat suicide visant un bâtiment de la police dans le nord du pays qui a fait 15 morts.

Un dirigeant des Frères musulmans a appelé mercredi ses partisans à poursuivre la mobilisation contre les nouvelles autorités en Egypte. Il a qualifié d'«invalide» la décision du gouvernement de déclarer la confrérie «organisation terroriste».

«Les manifestations vont continuer, c'est certain», a déclaré Ibrahim Mounir, membre du bureau de la Guidance de la confrérie en exil à Londres. Les islamistes manifestent quasi quotidiennement en Egypte pour réclamer le retour au pouvoir du président Mohamed Morsi destitué par l'armée le 3 juillet.

«C'est une façon d'incriminer les Frères musulmans», a estimé M. Mounir, évoquant cette décision gouvernementale prise au lendemain d'un attentat-suicide à la voiture piégée qui a tué 15 personnes dans le nord du pays.

Un groupe jihadiste disant s'inspirer d'Al-Qaïda a revendiqué cette attaque, condamnée par les Frères musulmans. Le gouvernement a toutefois accusé la confrérie fondée en 1928 et qui avait remporté tous les scrutins organisés après la révolte populaire du début 2011 qui a chassé Hosni Moubarak du pouvoir.

Interdiction de manifester

L'Egypte a officiellement déclaré «organisation terroriste» les Frères musulmans du président destitué Mohamed Morsi, les accusant d'avoir perpétré l'attentat contre la police.

Le vice-Premier ministre Hossam Eissa a annoncé que la confrérie vieille de 85 ans et actuellement cible d'une répression meurtrière avait été déclarée «organisation terroriste», ajoutant que le gouvernement avait décidé de «punir conformément à la loi quiconque appartiendrait à ce groupe». Le ministre de la Solidarité sociale Ahmad el-Boraie a ensuite indiqué que «toutes ses activités» étaient désormais interdites, notamment «les manifestations».

Cette annonce est la dernière mesure prise par les nouvelles autorités dirigées de facto par l'armée qui a destitué M. Morsi le 3 juillet avant de se lancer dans une sanglante répression des manifestants pro-Morsi. Cette implacable campagne a fait à ce jour plus d'un millier de morts et des milliers d'arrestations dans les rangs des islamistes, notamment la quasi-totalité de la direction des Frères musulmans.

Après la décision gouvernementale, les Frères musulmans tomberont désormais sous le coup de la loi anti-terrorisme promulguée en 1992 sur fond d'attentats menés par des mouvements islamistes radicaux. Cette loi prévoit des sanctions renforcées, allant jusqu'à la peine capitale.

Le 23 septembre, un tribunal égyptien avait interdit les activités de la confrérie et gelé ses avoirs financiers jusqu'à ce que ses leaders soient jugés pour des faits criminels qui leur sont reprochés. Mais un appel au fond sur le jugement était encore attendu.

Interrogé sur le sort du Parti Liberté et Justice (PLJ), vitrine politique des Frères qui a remporté toutes les élections depuis la révolte populaire qui a chassé du pouvoir Hosni Moubarak début 2011, M. Boraie a expliqué que «l'interdiction s'appliquait à toutes les organisations liées aux Frères musulmans». «Et nous appliquerons strictement cette loi», a-t-il ajouté.Enfin, alors que les islamistes ont fait des universités le dernier bastion de leur mobilisation, le ministre Boraie a prévenu que la police allait «entrer dans les campus», ce qu'elle ne pouvait jusqu'à présent faire que sur ordre de la justice.

(AFP)

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