08.12.2017 à 06:58

AnimauxAttention, mini-chien méchant

Carlins, bichons, yorkshires: les petits chiens mordent de plus en plus, selon la presse alémanique. En Suisse romande, ils mordent au moins autant que les gros. Explications.

von
Renaud Michiels
«Beaucoup sont probablement mis à une place ambiguë pour eux», explique Claire Zen-Ruffinen, adjointe du vétérinaire cantonal valaisan.

«Beaucoup sont probablement mis à une place ambiguë pour eux», explique Claire Zen-Ruffinen, adjointe du vétérinaire cantonal valaisan.

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Inoffensifs, les petits toutous? Au contraire: «Les attaques de petits chiens augmentent, parce qu’ils sont peu éduqués», titrait la semaine dernière l’ Argauer Zeitung . «Nous supposons que jusqu’à un tiers des incidents concernent aujourd’hui les petits chiens tels que les carlins, bichons ou yorkshires», explique la vétérinaire cantonale argovienne Erika Wunderlin.

Gare aux roquets hargneux, donc? Il y a dix ans, une recherche de l’Université de Pennsylvanie cassait des préjugés en affirmant que les trois Médor les plus agressifs sont les teckels, les chihuahuas et les jack russell. Or ici les chiens de poche sont toujours plus nombreux. Selon les derniers chiffres de la banque de données nationale Amicus, le chihuahua est devenu pour la première fois le toutou préféré des Suisses, devant le labrador. Suivent deux autres petits formats, le yorkshire et le jack russell. Davantage de chiens, davantage de morsures? Ça semble logique. Mais Berne ne tient plus de statistiques sur le sujet depuis 2011.

Il faut se tourner vers les cantons. En Suisse romande, certains n’ont pas de chiffres. Et la problématique n’apparaît pas prioritaire. «La presque totalité des blessures graves ont été infligées par des chiens de moyenne ou grande taille», relève José Cachim, vétérinaire officiel jurassien. Oui: mieux vaut se faire agresser par un yorkshire que par un pitbull. Mais on préfère ne pas être mordu du tout…

Des chiffres à nuancer

À Genève, depuis le début de l’année, on dénombre 277 annonces de morsures et comportements agressifs. 64 concernent des chiens de petite taille. «La tendance observée dans le canton d’Argovie ne se confirme pas à Genève. Il faut toutefois nuancer, car les plaignants sont plus enclins à annoncer les agressions des chiens de grande taille», note le vétérinaire cantonal Michel Rérat.

Dans le canton de Vaud, on recense les morsures de chiens de moins de 20 kilos – ce qui inclut énormément de races. Elles sont en baisse. «Ces chiens sont à l’origine d’environ 60% des morsures. Sachant que début 2015, l’effectif vaudois était constitué de 51% de chiens de petite taille et de 14% de chiens de taille moyenne, il y a donc une corrélation entre le nombre de morsures et l’importance de la population», explique le Dr Giovanni Peduto, vétérinaire cantonal.

Les petits chiens mordent donc autant que les gros. En Valais, «on relève une augmentation des annonces de faible gravité», précise l’adjointe du vétérinaire cantonal Claire Zen-Ruffinen, sans pouvoir cependant les attribuer avec certitude aux minichiens. «Beaucoup sont probablement mis à une place ambiguë pour eux, en termes de hiérarchie comme de relation à l’être humain», commente la spécialiste.

Position physique: dans un sac, sous le bras, sur les genoux. Et position symbolique: certains étant des centres d’attention probablement disproportionnés. «De plus, au vu de sa petite taille, il est pris dans des endroits denses en humains, ce qui peut générer une pression plus importante sur le chien et un stress qui peuvent l’amener à réagir. Soit par un repli sur soi, soit par une agression», conclut Claire Zen-Ruffinen. À méditer.

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