Football: Au combat avec les Marseillais

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FootballAu combat avec les Marseillais

Les joueurs de l'OM se sont offerts une séance de team-building très ludique lundi soir chez Cobalt Project, à Lutry. Ils ont adoré. «Le Matin» y était.

par
Tim Guillemin
Lutry
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L'arrivée chez Cobalt. Chaque joueur s'est choisi un pseudonyme. «Raminator» pour Adil Rami, par exemple.

L'arrivée chez Cobalt. Chaque joueur s'est choisi un pseudonyme. «Raminator» pour Adil Rami, par exemple.

Philippe Latour
Dimitri Payet, à droite, très attentif aux consignes.

Dimitri Payet, à droite, très attentif aux consignes.

Philippe Latour
Luiz Gustavo, Patrice Evra et Rolando se préparent.

Luiz Gustavo, Patrice Evra et Rolando se préparent.

Philippe Latour

Les joueurs de l'OM ont beaucoup transpiré sur les terrains depuis leur arrivée en Suisse. Ils ont travaillé le foncier sous les ordres de leur préparateur physique et leur coach Rudi Garcia a énormément insisté sur l'aspect tactique ces derniers jours. Beaucoup de nouveaux joueurs sont arrivés et il faut du temps, et beaucoup de séances, pour former un vrai collectif. Alors, lundi soir, le staff de l'OM a organisé une sortie originale: une visite chez Cobalt Project, à Lutry. «Le Matin» y était, en immersion.

Le but: se plonger pendant deux heures dans un jeu vidéo grandeur nature, sur plus de 30'000 m2, avec snipers embusqués, fumigènes, attaques-surprise et codes secrets transmis au QG par radio. Deux équipes de 13 joueurs ont été formées par le staff: d'un côté, les jeunes (de 18 à 24 ans). De l'autre, les «vieux» (de 25 à 35 ans). «On va les défoncer», a promis l'expérimenté Adil Rami en enfilant son casque de combat, déterminé comme sur le terrain. Tous les joueurs-cadres de l'OM étaient là, à l'exception de Florian Thauvin, qui a préféré rester à l'hôtel soigner un petit souci musculaire.

Adil Rami, déjà un leader

«Les gars, c'est comme sur le terrain! Il faut de la solidarité, de la camaraderie, de la communication. Et du leadership. C'est là qu'on va voir qui est un meneur», a prévenu Rudi Garcia au briefing d'avant-partie. De ce point de vue, difficile de ne pas voir l'apport d'Adil Rami dans le groupe olympien. A peine les dernière explications ont-elles données par Adrien de Meyer, le boss des lieux, que le défenseur central réunit ses troupes. Il est arrivé depuis quelques jours, mais il assume déjà un certain leadership, très largement perceptible. «Les gars, il faut vraiment qu'on se parle. Dès que l'un d'entre nous trouve une borne, il prévient les autres par radio», a-t-il immédiatement dit, juste avant de mettre son casque et de partir au combat. Hiroki Sakai et Tomas Hubocan, le Japonais et le Slovaque, étaient encore en train de se faire traduire les dernières indications en anglais que Rami était déjà chaud, prêt à faire feu sur les jeunes. «Il n'y a aucune chance qu'on ne gagne pas, je vous préviens!»

Des balles tirées à 300 km/h

Rudi Garcia, après avoir souhaité bonne chance à tout le monde, a bien insisté sur la sécurité. «N'enlevez jamais votre casque, les gars!», a tonné le coach, visiblement un peu inquiet quand même. Il faut dire qu'Adrien de Meyer venait d'expliquer que les balles pouvaient atteindre les 300 km/h! «Si vous êtes à moins de sept mètres, ne tirez pas», a ordonné le boss du jeu. Des consignes comprises par tout le monde, même par Luiz Gustavo, lequel avait un traducteur attitré en la personne de Rolando. Et pour ceux qui n'auraient vraiment pas compris, un des employés de Cobalt Project a montré sur son bras l'impact d'une balle reçue la veille. «Oh là», a grincé Patrice Evra, qui imaginait déjà ce vilain cercle rouge sur sa peau d'athlète. «Nous sommes ouverts depuis cinq ans et nous n'avons jamais eu d'accident», a cependant rassuré Adrien de Meyer.

Le «Raminator» et «Kalashnikov» Hubocan

Restait alors simplement à se mettre en piste et à aller activer ces fameuses bornes, gages de réussite. Depuis le QG, chaque chef d'équipe suit ses troupes en temps réel grâce à un GPS. Les noms des joueurs et leur position exacte s'affichent alors à l'écran. Voilà donc le «Raminator» (Adil Rami) qui part sur la droite, suivi de près par «Kalashnikov» (Tomas Hubocan). Où se cache «Paxious» (Patrice Evra)? La réponse se trouve sur l'écran de contrôle: le latéral gauche court en direction de la station-service où se trouvent John Wick (Rod Fanni) et NMP10 (Dimitri Payet). De l'autre côté, chez les jeunes, «Luky la Muerte» (Lucas Ocampos) n'est pas trop loin. A-t-il été reperé? Le grésillement de la radio se fait entendre. «Affirmatif», répond Adil Rami, extrêmement enthousiaste.

Adrien de Meyer sourit en observant tout cela. «Les joueurs de foot adorent cela. Ils sont vraiment dans leur élément et ça ne m'étonne pas du tout qu'ils nous aient demandé d'organiser cette partie», glisse le créateur de Cobalt Project, un concept qui est beaucoup plus élaboré qu'un simple «paintball». Sur les hauteurs de Lutry, chaque joueur se trouve plongé dans un véritable jeu vidéo à taille humaine. «On a fait un peu le contraire de tout le monde. D'habitude, les jeux vidéos s'inspirent de la réalité. Nous, on s'est inspirés des jeux pour créer une réalité», se marre le patron en gardant constamment un oeil sur le terrain de jeu. Son concept marche d'ailleurs tellement bien qu'il va l'exporter très prochainement à Bruxelles et à Dubaï, en attendant peut-être Los Angeles.

Le maillot du PSG caché quelque part!

Pendant ce temps, les 26 Marseillais continuent leur partie grandeur nature. Les voilà en train de passer sous un tunnel et de franchir une tyrolienne en ressortant, en faisant bien attention d'éviter les balles. A peine un joueur est-il touché qu'il doit retourner à son QG pour recharger un nouveau cycle de vie. Personne n'est ainsi éliminé définitivement. Les deux heures d'efforts ne valent peut-être pas un entraînement physique, mais l'essentiel est ailleurs pour Rudi Garcia. Une séance de team-building comme celle-là lui apporte quelque chose qu'il ne pourrait pas avoir autrement.

Pour apporter un peu de piment, les organisateurs avaient décidé de planquer un maillot du PSG quelque part dans les 300 hectares. «Les premiers qui le trouvent et le ramènent au QG ont trois bornes gratuites», a expliqué Adrien de Meyer, provoquant des éclats de rires chez les joueurs. «Très bonne idée», a souri Rudi Garcia.

Les jeunes ont gagné

Tiens, d'ailleurs, qui a gagné la partie? Malheureusement pour Adil Rami et les «vieux», ce sont les jeunes emmenés par Maxime Lopez et Clinton Njie qui se sont imposés. Et autant dire que les anciens se sont bien fait chambrer dans le bus du retour, Adil Rami en tête...

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