Drame de Sullens (VD) - Au deuxième jour du procès en appel, l’accusé se heurte à ses incohérences
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Drame de Sullens (VD)Au deuxième jour du procès en appel, l’accusé se heurte à ses incohérences

Au deuxième jour de son procès en appel, le meurtrier présumé d’une jeune prostituée roumaine à Sullens (VD) n’a cessé d’ajouter des «mensonges», selon le procureur.

Le meurtrier présumé d’une prostituée roumaine de 18 ans, à Sullens (VD), avait écopé de vingt ans de prison en première instance. Le verdict de son procès en appel tombera ce vendredi en France.

Le meurtrier présumé d’une prostituée roumaine de 18 ans, à Sullens (VD), avait écopé de vingt ans de prison en première instance. Le verdict de son procès en appel tombera ce vendredi en France.

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«Pouvez-vous expliquer vos multiples mensonges?»: le prévenu, accusé du meurtre dans le canton de Vaud d’une jeune prostituée roumaine, qu’il a toujours contesté, s’est heurté à ses mensonges et ses incohérences, jeudi, au deuxième jour de son procès en appel à Lons-le-Saunier, devant la Cour d’assises du département du Jura.

Cheveux noirs coupés ras et visage anguleux, le prévenu de 34 ans, qui a été condamné à 20 ans de réclusion en première instance, est revenu avec moult détails sur la nuit du 29 au 30 novembre 2016, où il a rencontré la jeune Roumaine de 18 ans, prostituée en Suisse par l’homme dont elle était tombée amoureuse à l’adolescence.

Deux hommes ont surgi dans une voiture…

Il a expliqué qu’il avait proposé à la jeune femme de monter dans sa voiture, alors qu’elle venait de se faire agresser. Ils ont ensuite eu une relation sexuelle tarifée au bord d’une route, à Sullens (VD). D’après son récit, deux hommes ont alors surgi dans une voiture: l’un l’a menacé pendant que l’autre tuait la jeune femme, avant de lui ordonner de «faire le nécessaire» s’il ne voulait pas qu’ils s’en prennent à sa famille.

«À chaque fois que vous racontez les faits, vous rajoutez des détails, certains venant d’ailleurs du dossier d’instruction…»

Le président de la Cour d’assises du département du Jura à l’accusé

Cet ancien gendarme réserviste raconte avoir chargé le corps dans sa voiture et être parti, suivi par les tueurs, jusqu’à ce qu’il abandonne le cadavre dans la forêt communale du Frasnois (Jura), en France. «À chaque fois que vous racontez les faits, vous rajoutez des détails, certains venant d’ailleurs du dossier d’instruction», relève le président de la Cour d’assises du Jura.

Pendant près d’un an, jusqu’à son interpellation, l’accusé, qui travaillait en Suisse et habitait à Mouthe (Doubs), avec sa compagne et son fils, ne dira rien de cette nuit.

«Paniqué», «tétanisé, «à bout»

L’avocat général l’a confronté à chacune de ses incohérences: le prévenu se décrit comme «un bon Samaritain», mais n’appelle pas les secours. Il veut se «tirer au plus vite», mais reste 40 minutes près du corps. Ou encore, il a peur des proxénètes, mais il revient vers eux au lieu de fuir dans la forêt. «J’étais paniqué, tétanisé, j’étais à bout, je voulais juste que ça s’arrête», tente de justifier l’accusé.

«J’ai été con d’enlever ses vêtements dans le bois.»

L’accusé

«Avez-vous une explication sur le fait qu’il n’y a que votre ADN sur le corps? C’est curieux qu’il n’y ait pas celui de ceux qui l’ont frappée et tuée», interroge encore le président de la Cour. «J’ai été con d’enlever ses vêtements dans le bois», rétorque l’homme.

Le corps nu de la jeune femme a été découvert par des bûcherons, le 15 décembre 2016. Tous les os de son visage étaient brisés par les coups, la rendant méconnaissable. Les enquêteurs ont confondu l’accusé en vérifiant les entrées dans les hôpitaux du secteur. Il s’était en effet rendu le 30 novembre 2016 à l’hôpital de Pontarlier (Doubs), pour faire soigner une blessure à une main.

La Cour d’assises rendra son verdict vendredi.

(AFP)

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