Football: Au FC Sion, les points poussent dans le désert

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FootballAu FC Sion, les points poussent dans le désert

La victoire arrachée par les Valaisans à Lugano (0-1) leur permet de masquer les apparences.

par
Simon Meier
Lugano

Il y a toujours plusieurs façons d'envisager la vie – le FC Sion, dont l'existence est par tradition si colorée, le sait bien. Ce lundi matin, les Valaisans ont le choix entre primo, fêter cette deuxième victoire consécutive et se réjouir d'une si flatteuse troisième place au classement de Super League; deuzio, s'inquiéter du fonds de jeu pitoyable vu dimanche à Lugano; tertio, se fondre dans un aigre-doux mélange des deux aspects. Stéphane Henchoz avait déjà choisi la troisième option, une vingtaine de minutes après ce drôle de non-match au Cornaredo, disputé dans une étouffante chaleur – seule circonstance atténuante pour les joueurs.

L'entraîneur fribourgeois du FC Sion ne boudait surtout pas le sacro-saint plaisir des trois points. On dit que bien mal acquis ne profite jamais, c'est faux. Le butin que les Valaisans ont ramené du Tessin, au terme d'une prestation collective très pauvre et grâce à une tête victorieuse du Brésilien Itaitinga sur un corner d'Anto Grgic (86e), offrira une dose bienvenue de sérénité à Tourbillon. Après avoir battu Zurich le week-end précédent, déjà dans la difficulté, les Sédunois sont au moins «en ordre» sur le plan mathématique. Ils occupent le podium de Super League après quatre journée et cela doit à peu près correspondre à l'objectif que s'est fixé le président Christian Constantin.

Le mot d'ordre? Progresser!

Reste à savoir que faire des 32 journées qui restent à disputer – et de ce ballon si rude à maîtriser dimanche. A ce propos, Stéphane Henchoz, qui n'est ni sot ni aveugle, a déjà fixé un mot d'ordre: progresser. Individuellement, techniquement, collectivement. Au vu de la copie rendue à Lugano, avec tout ce «déchet technique» souligné par le coach, il y a de la marge en ce sens. Parce qu'à part Bastien Toma, dont chaque coup de patte est un délice dans l'entrejeu, il y a largement de quoi faire mieux.

Sion, qui a débuté une rencontre avec une défense à quatre pour la première fois de la saison, n'a pas pris de but. Mais les Valaisans, davantage qu'à leur propre solidité, doivent ce blanchissage à la maladresse adverse. Seraient-ils revenus avec quelque chose du Cornaredo si Carlinhos Junior, seul face à Kevin Fickentscher suite à une trouée aérienne de Mattias Andersson, avait trouvé le cadre à la 25e? Et si les poteaux avaient été moins complices sur les essais du Brésilien à la 69e et d'Alexander Gerndt à la 83e? Non, le navire aurait probablement coulé, tant les matelots semblaient à la ramasse.

Mais il n'a pas coulé, malgré une avalanche de blessures – Yassin Fortune (40e), Mattias Andersson (53e) et Ermir Lenjani (55e) ont dû sortir alors que le gardien Fickentscher, victime d'un choc à la 56e, a courageusement terminé le match avant de se faire poser six points de suture au front. Non, malgré ses failles, ses béances et les vents contraires, le navire sédunois n'a pas coulé. On peut le voir comme un signe. Ceux qui savent gagner même lorsqu'ils jouent mal, en général, réussissent une bonne saison. Mais on peut aussi voir ce succès à Lugano comme un avertissement: si les Valaisans ne haussent pas rapidement leur niveau de jeu et de performance, il est peu probable que le sort lui sourie longtemps.

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