Tournée africaine: Au Kenya, Barack Obama réclame l'égalité des droits pour les homosexuels

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Tournée africaineAu Kenya, Barack Obama réclame l'égalité des droits pour les homosexuels

A Nairobi, Barack Obama a assuré samedi le gouvernement du soutien des Etats-Unis dans la lutte contre les islamistes somaliens shebab. Il a aussi réclamé l'«égalité des droits» pour les homosexuels en Afrique.

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Le président américain Barack Obama à la tribune de l'Union africaine à Addis Abeba ce 28 juillet 2015 a tenu un discours fort quant aux dirigeants africains qui s'accrochent au pouvoir. «Personne ne devrait être président à vie», a-t-il dit, songeant sans doute à Joseph Kabila (République démocratique du Congo, depuis 2001 et successeur de son propre père), à Paul Kagame (à la tête du Rwanda depuis 2000 après en avoir été vice-président durant 5 ans) ou encore à Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville, depuis 1997), José Eduardo dos Santos (Angola, depuis 1979) ou Paul Biya au pouvoir au Cameroun depuis 1982. Sans compter l'Afrique du nord avec Abdelaziz Bouteflika qui honore son quatrième mandat élu avec des scores staliniens. Que dire encore de l'Erythréen Issayas Afeworki et du Soudanais Omar el-Béchir tous deux présidents depuis 1993? (mardi 28 juillet 2015)

Le président américain Barack Obama à la tribune de l'Union africaine à Addis Abeba ce 28 juillet 2015 a tenu un discours fort quant aux dirigeants africains qui s'accrochent au pouvoir. «Personne ne devrait être président à vie», a-t-il dit, songeant sans doute à Joseph Kabila (République démocratique du Congo, depuis 2001 et successeur de son propre père), à Paul Kagame (à la tête du Rwanda depuis 2000 après en avoir été vice-président durant 5 ans) ou encore à Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville, depuis 1997), José Eduardo dos Santos (Angola, depuis 1979) ou Paul Biya au pouvoir au Cameroun depuis 1982. Sans compter l'Afrique du nord avec Abdelaziz Bouteflika qui honore son quatrième mandat élu avec des scores staliniens. Que dire encore de l'Erythréen Issayas Afeworki et du Soudanais Omar el-Béchir tous deux présidents depuis 1993? (mardi 28 juillet 2015)

Reuters
Le président Barack Obama est en Éthiopie pour le deuxième voyage de sa tournée africaine. (27 juillet 2015)

Le président Barack Obama est en Éthiopie pour le deuxième voyage de sa tournée africaine. (27 juillet 2015)

Reuters
Barack Obama ne mâche pas ses mots durant la réunion bilatérale. Pour lui, l'Ethiopie doit faire plus en matière de droits de l'Homme. (27 juillet 2015)

Barack Obama ne mâche pas ses mots durant la réunion bilatérale. Pour lui, l'Ethiopie doit faire plus en matière de droits de l'Homme. (27 juillet 2015)

Reuters

Le président américain a comparé l'homophobie à la discrimination raciale qu'ont connue les Etats-Unis. «Quand vous commencez à traiter les gens différemment parce qu'ils sont différents, vous vous engagez sur un terrain où la liberté s'érode», a dit M. Obama, lors de son bref séjour au Kenya, pays de son père.

Le président américain s'est exprimé durant une conférence de presse, à laquelle participait le président kényan Uhuru Kenyatta. Ce dernier lui a répondu sur ce sujet.

«Il est très difficile pour nous d'imposer à la population ce qu'elle n'accepte pas elle-même. C'est pour cela que je dis que pour les Kényans aujourd'hui, la question des droits des gays est vraiment un non-sujet». L'homosexualité reste illégale dans une grande majorité des pays d'Afrique.

Crises dans la région

Les deux dirigeants sont intervenus à l'issue d'un dialogue bilatéral qui a passé en revue les crises dans la région. Barack Obama a notamment dénoncé le processus électoral burundais, qui a reconduit le président Pierre Nkurunziza au pouvoir pour un troisième mandat controversé.

Le président américain a exigé la fin de «l'effroyable» guerre civile sud-soudanaise qui en 19 mois a fait des dizaines de milliers de morts. Il a aussi promis une coopération renforcée au Kenya dans la lutte contre les islamistes somaliens shebab.

Le Kenya est en proie à de spectaculaires et très meurtrières attaques des shebab depuis que son armée a commencé, fin 2011, à les combattre dans le Sud somalien. Les Etats-Unis mènent de régulières attaques de drones contre le groupe islamiste en Somalie.

Les shebab sont affiliés à Al-Qaïda, qui avait perpétré un attentat contre l'ambassade américaine à Nairobi en août 1998, faisant 213 victimes. Barack Obama leur a rendu hommage samedi.

Optimisme et critiques

Dans la matinée, en ouvrant avec Uhuru Kenyatta un sommet sur l'entrepreneuriat, Barack Obama a tenu un discours plein d'optimisme. Il a évoqué une «Afrique en marche», où les gens «sortent de la pauvreté, les revenus sont en hausse, la classe moyenne croît».

Dans l'après-midi, il s'est montré plus critique. Il a fustigé notamment la corruption, le «plus important obstacle à une croissance plus rapide du Kenya».

«Implorer le pardon»

Barack Obama a évoqué les «contraintes» liées à sa visite officielle au Kenya, entamée vendredi soir, la première depuis qu'il a accédé à la Maison Blanche en 2009. Au cours de ce déplacement, organisé sous très haute sécurité, il n'a par exemple pas pu placer une visite dans le village de sa famille kényane, Kogelo, dans l'ouest du pays.

Sa famille kényane n'a pas caché sa déception. Le président américain, qui a malgré tout dîné à Nairobi avec certains de ses membres, a dû «implorer le pardon» de proches qu'il n'avait auparavant jamais rencontrés.

Ferveur d'un pays

Au fil des semaines, à mesure que la visite de l'«enfant du pays» approchait, la ferveur n'a cessé de monter au Kenya. Samedi encore, les quotidiens ont consacré leurs «unes» à M. Obama, né à Hawaï d'une mère américaine et d'un père kényan: «Kenya je suis là», «Le moment Obama», «Obama arrive»...

Cette visite a longtemps été empêchée par l'inculpation du président Kenyatta devant la Cour pénale internationale (CPI) pour son rôle présumé dans les meurtrières violences postélectorales qui ont déchiré son pays fin 2007-début 2008. Mais ces poursuites ont été abandonnées en décembre, faute de preuves.

Prochaine escale l'Ethiopie

Barack Obama a terminé sa journée de samedi par un dîner au palais présidentiel. Il quittera dimanche soir le Kenya pour l'Ethiopie. Il compte en tout cas revenir en terre kényane une fois qu'il aura quitté la Maison Blanche. «Je ne porterai peut-être pas de costume», a-t-il précisé.

Pas «un foyer de terreur»

Le président kényan Uhuru Kenyatta a assuré samedi que son pays était «un foyer de culture bouillonnante». Il a égratigné la chaîne américaine CNN, pour qui le président Barack Obama, en visite officielle dans le pays, s'était rendu dans «un foyer de terreur».

Les commentaires de CNN ont déclenché ces derniers jours une déferlante de critiques et de sarcasmes sur les réseaux sociaux. De nombreux internautes ont répondu à la chaîne américaine en mettant en ligne des photos des sites touristiques les plus connus du pays d'Afrique de l'Est.

«Le Kenya est un foyer de culture bouillonnante, de beautés naturelles spectaculaires et de possibilités infinies», a déclaré le président Kenyatta, en ouvrant avec Barack Obama un sommet mondial sur l'entrepreneuriat à Nairobi.

(ats)

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