08.03.2016 à 06:47

LaosAu Laos communiste, des pionniers du sport aérien (REPORTAGE)

Vientiane, 8 mars 2016 (AFP) - Au Laos, des passionnés de sports aériens qui rêvaient de voir le Mékong d'en haut ont réussi à convaincre le régime communiste que leur passion ne constituait pas une menace à la "sécurité nationale".

Apprentis pilotes d'ULM, de parapentes ou d'avions légers, la minorité ayant les moyens de ce coûteux loisir se réunit désormais le week-end, pour apprendre à voler.

Un événement banal ailleurs, mais qui n'a pas été si simple à organiser dans un pays soumis à un régime autoritaire, cultivant la culture du secret.

"Il a fallu se battre pour avoir toutes les autorisations. Maintenant on les a. On a réussi à convaincre les autorités que ce sport n'était pas dangereux au sens où il menaçait la sécurité nationale. Et du coup maintenant, ils se rendent compte que c'est un sport comme un autre", se félicite Ravansith Thammarangsy, fondateur du Club des sports aériens du Laos.

Ce Franco-Laotien, revenu sur sa terre natale avec en poche un diplôme d'instructeur, a inauguré en 2010 le premier aéroclub du pays. Le Club des sports aériens du Laos s'est considérablement développé, comptant parmi ses élèves Soutilack Intsaboung, par ailleurs Miss Laos.

"C'est un rêve d'enfance. J'habite près de l'aéroport, tous les jours je regarde les avions passer, et c'est vraiment super aujourd'hui de pouvoir venir ici apprendre à piloter moi-même", explique-t-elle.

Si les avions sont surtout prisés par les expatriés, des Laotiens investissent le champ du paramoteur et du parapente, moins coûteux, et se lancent même dans la compétition.

"On est vraiment fiers d'être la première équipe laotienne à participer à une compétition de parapente, c'est une bonne chose de montrer que désormais on connaît ce sport au Laos et qu'on est capable d'affronter des athlètes internationaux", témoigne Soulisack Silisavadymao, de l'équipe de parapente du Laos.

Faute d'espace aménagé au Laos, la première compétition internationale co-organisée par le pays a eu lieu... en Thaïlande voisine.

Mais pour toutes les fédérations asiatiques, l'objectif est le même.

Veerayuth Didyasarin, président de l'Association royale des sports aériens de Thaïlande, promeut le développement des sports aériens à travers toute l'Asie du Sud-Est, jusqu'au petit Laos.

"Notre objectif est de les faire reconnaître au sein des grandes compétitions multisports asiatiques et mondiales", plaide-t-il.

En décembre dernier, 11 fédérations asiatiques ont créé l'Airsport Federation of Asia.

Le Laos, plus connu jusqu'ici pour emprisonner ses opposants, pourrait un jour se retrouver à organiser des compétitions internationales de sports aériens, lui aussi, se prennent à rêver les pionniers du secteur.

D'ici là, la volonté d'ouverture internationale du régime laotien est testée dès cette année, avec l'organisation dans la capitale Vientiane en septembre du sommet de l'Association des pays d'Asie du Sud-Est.

Barack Obama y est attendu, ce qui serait le premier voyage d'un président américain en exercice dans cette ancienne possession coloniale française.

bur-dth/tib/mba

(AFP)

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