Football: Au Lausanne-Sport, un avant-goût de tranquillité

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FootballAu Lausanne-Sport, un avant-goût de tranquillité

Le LS est un leader de Challenge League qui joue mieux. Il retrouve des sensations qu’il ne connaissait plus depuis longtemps. Il va peut-être falloir apprendre à vivre avec.

par
Florian Vaney
(Lausanne)
 Brighton Labeau et le LS ont toutes les raisons de jubiler.

 Brighton Labeau et le LS ont toutes les raisons de jubiler.

Urs Lindt/freshfocus

Ludovic Magnin a donné trois jours de vacances à ses joueurs la semaine dernière. Récompense qui résulte autant de la réalité logistique (c’était la pause internationale, avant une succession de cinq matches en trois semaines) que des prestations sportives récentes. «Si je leur donne congé et qu’on se plante derrière contre Wil, ça ne va pas. Là, ils me l’ont bien rendu. Ils me prouvent que je peux leur faire confiance et leur accorder ce genre de libertés. On a beaucoup rigolé à l’entraînement cette semaine à leur retour, comme toujours, mais on a surtout bossé très dur.» L’option choisie a donc été validée par une victoire contre Wil. C’est donc ça, la tranquillité? 

Le Lausanne-Sport n’est pas (encore?) une machine intouchable qu’on imagine facilement se défendre en Super League. Mais il avance sur son chemin de croix de Challenge League en se délestant pas à pas de ses doutes. Ses trois dernières sorties sont réjouissantes, parfois enthousiasmantes, elles valent six points en championnat et une qualification de prestige en Coupe de Suisse. Mais elles présentent une autre vertu: elles donnent du crédit à certains choix importants effectués récemment.

Gianluca Gaudino, plus qu’un numéro 10

Il est notamment ici question de repositionnement. Dans «l’ancien LS», Archie Brown était un latéral dont il était difficile d’apercevoir le potentiel et qu’on avait fini par envoyer en 1re ligue avec le Team Vaud. Il est aujourd’hui un défenseur central très convaincant dont Lausanne ne se passe plus. «Dans une logique similaire, les gens ont collé à Gianluca Gaudino l’étiquette de numéro 10, qui doit jouer derrière l’attaquant. Il est tellement plus polyvalent que ça», lance Ludovic Magnin. Lui en a fait un huit, au cœur de son 3-5-2. La montée en puissance de l’Allemand va de pair avec le relief que les Vaudois sont en train de trouver dans leur jeu.

Domination à deux vitesses

Parce que le Lausanne-Sport a offert beaucoup de bonheur à ses spectateurs entre les réceptions d’Yverdon, Zurich et Wil, parce qu’il a conclu le premier des quatre tours sur un rythme de promu (19 points sur 27), le voilà dans la plus enviable des positions. Il ne fait pas tout juste, mais s’offre le temps de pouvoir corriger ses erreurs. Un luxe qu’il avait longtemps perdu. «Mon job, c’est de ne pas être content avec ce qu’on a déjà, glisse encore le technicien. Vendredi, notre première mi-temps n’a pas toujours été flamboyante.» Pourtant, Lausanne a rejoint les vestiaires avec cinq grosses occasions à son compte, parmi lesquelles deux buts.

Ce qu’il faut peut-être comprendre dans cette démonstration d’exigence, c’est que le pensionnaire de la Tuilière n’est pas un leader qui tourne autour de ses adversaires pendant nonante minutes. Par contre, il sait frapper vite vers l’avant. En résultent donc certains temps morts au cours d’un même match, qui ont tendance à s’étendre lors des soirées difficiles. Faudrait-il qu’Olivier Custodio se montre plus créatif et enclin à jouer vers l’avant dans son rôle de demi défensif? «Il a les capacités pour le faire, lance Ludovic Magnin. Mais j’ai besoin d’un gars comme lui, capable de poser le jeu et de nous équilibrer.» Une question d’équilibre, oui. Dans une tranquillité retrouvée, celui du LS progresse.

«Mon job, c’est de ne pas être content avec ce qu’on a déjà.»

Ludovic Magnin, entraîneur du Lausanne-Sport

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