Vaud/Valais: Au lit avec une ado de 15 ans, le prédateur présumé sera jugé à Lausanne
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Vaud/ValaisAu lit avec une ado de 15 ans, le prédateur présumé sera jugé à Lausanne

Cerveau d’un rapt spectaculaire en 1998, l’homme de 47 ans était arrêté en flagrant délit il y a un an à Vercorin (VS). Cette fois-ci, le Ministère public vaudois le renvoie en justice pour abus sexuels sur plusieurs mineurs.

par
Evelyne Emeri
Âgé aujourd’hui de 47 ans, le Vaudois vivait dans ce chalet de Vercorin en Valais au moment de son arrestation le 1er décembre 2019. Des soirées à huis clos s’y déroulaient avec de très jeunes gens en rupture avec leur milieu, qui étaient poussés à la dépravation. Prévenu notamment d’actes d’ordre sexuel avec des mineurs, il espérait être libéré. C’est le banc des accusés du Tribunal de Lausanne qui l’attend désormais. Les débats n’ont pas encore été appointés.

Âgé aujourd’hui de 47 ans, le Vaudois vivait dans ce chalet de Vercorin en Valais au moment de son arrestation le 1er décembre 2019. Des soirées à huis clos s’y déroulaient avec de très jeunes gens en rupture avec leur milieu, qui étaient poussés à la dépravation. Prévenu notamment d’actes d’ordre sexuel avec des mineurs, il espérait être libéré. C’est le banc des accusés du Tribunal de Lausanne qui l’attend désormais. Les débats n’ont pas encore été appointés.

Le Matin

Depuis son interpellation en flagrant délit le 1er décembre 2019 dans le chalet qu’il occupait à Vercorin (VS), le Vaudois de 47 ans dort en prison. Le récit de l’adolescente, retrouvée dans ses draps, a été pris très au sérieux. Et d’autres sont venus corroborer ses dires. Toutes les demandes de libération et les mesures de substitution proposées par la défense ont du reste été rejetées en raison du risque de fuite et de récidive, mais également du risque de collusion.

Maintien en détention

Parce que les faits sont à nouveau gravissimes à en croire le Ministère public du canton de Vaud qui a décidé de renvoyer l’accusé devant une Cour correctionnelle de l’arrondissement de Lausanne. Quant au Tribunal des mesures de contrainte, il continue à suivre en tout point les charges retenues par le Parquet et a confirmé récemment le maintien en détention du prévenu pour des motifs de sûreté.

Très jeunes gens

Fils adoptif d’un ancien conseiller d’État vaudois, l’ex-ravisseur ne fait plus parler de lui pour avoir été le commanditaire de l’enlèvement d’un avocat stagiaire de la place lausannoise en décembre 1998 et pour avoir tenté d’extorquer 5 millions à sa riche famille. Cette fois-ci, les infractions ont trait, en particulier, à l’intégrité sexuelle de très jeunes gens, n’ayant parfois pas atteint la majorité sexuelle fixée à 16 ans.

Penchants admis

Des proies faciles, en fugue, en rupture, vulnérables et influençables que le quadra conviait à des soirées festives chez lui dans le val d’Anniviers où le cannabis et l’alcool fort circulaient en libre-service, la cocaïne n’aurait été distribuée qu’à des majeurs. Face aux procureurs (il y en a eu plusieurs), il n’aurait pas caché son penchant pour les adolescentes et même admis avoir entretenu des relations complètes avec certaines.

Dénoncé en janvier 2019

L’affaire a débuté en janvier 2019 - quatre cas durant ce même mois -, lorsque le Service de protection de la Jeunesse (SPJ) dénonce le présumé coupable aux autorités judiciaires. Si une première perquisition a lieu en avril 2019 et permet de mettre la main sur de la cocaïne et du cannabis, le résident valaisan n’est pas inquiété, mais simplement mis en garde s’agissant de l’âge de ses fréquentations, la plupart étant placées en foyer et précisément suivies par le SPJ.

Incarcéré 10 mois plus tard

Les fêtes dans l’antre de Vercorin ne s’arrêteront pas pour autant. Les cibles ont toujours le même profil, piégées par une dépendance toxique. Leurs témoignages seront accablants et leurs allégations concorderont lors de leurs auditions devant la justice. Le 1er décembre à 9 h, plus de dix mois après la dénonciation du Service de protection de la Jeunesse, un mandat d’amener est enfin délivré. L’homme au casier fourni est attrapé dans son lit avec une mineure de 15 ans, alcoolisée et sous THC. Il est arrêté et placé en détention.

Acte d’accusation accablant

Lematin.ch s’est procuré l’acte d’accusation signé par la procureure Carole Deletra. Seize pages qui chargent lourdement le Vaudois. La date de son procès n’est pas encore connue. La liste des infractions retenues par le Ministère public est longue. L’accusé risque à nouveau d’écoper de plusieurs années de prison. À l’époque, pour l’enlèvement de l’avocat stagiaire, il avait été condamné à 7 ans et demi; et encore à 3 ans il y a une dizaine d’années pour des délits routiers et extorsion.

Depuis fin 2017 déjà

C’est ainsi que l’on apprend que l’intéressé aurait accueilli des mineurs en détresse dans ses différents domiciles dans le canton de Vaud, puis en Valais, depuis fin 2017 déjà, bien avant les premières dénonciations du SPJ de janvier 2019. Que lors de ses invitations, il aurait également organisé des jeux et donné des gages à ses convives, majeurs et mineurs, les enjoignant par exemple à sauter en sous-vêtement dans un jacuzzi ou les incitant à se dénuder et à le rester. Ceci, contre de l’argent.

Photos et vidéos

Il est également reproché au prévenu d’avoir entretenu des relations avec des jeunes de moins de 16 ans ainsi qu’avec des mineurs âgés de 16 à 18 ans. Des photographies et des vidéos à caractère sexuel auraient aussi été retrouvées par les enquêteurs et saisies par la police et mettraient en scène plusieurs d’entre eux, majoritairement des filles.

Abus et stups

Le prédateur présumé devra ainsi répondre d’actes d’ordre sexuel avec des enfants (moins de 16 ans), d’actes d’ordre sexuel avec des personnes dépendantes (mineurs de plus de 16 ans), de remise à des enfants de substances pouvant mettre en danger leur santé, d’infraction grave et de contravention à la Loi fédérale sur les stupéfiants (trafic et consommation).

Au volant d’une Maserati

Il sera également jugé pour vol, escroquerie, utilisation frauduleuse d’un ordinateur et faux dans les titres dans une cause jointe, couvrant la période d’octobre 2017 à mars 2019. Il aurait tenté de berner une femme bien plus âgée que lui avec laquelle il entretenait une relation sentimentale. Pour rouler au volant d’une Maserati et se servir sur son compte en banque à son insu.

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