Football - Au LS, éviter la feuille blanche pour Noël
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FootballAu LS, éviter la feuille blanche pour Noël

Ce Lausanne en progrès a fait un pas en arrière dimanche à Bâle (1-1). Rien de rédhibitoire. Mais atteindre la pause avec aussi peu de certitudes qu’à Saint-Jacques serait problématique.

par
Florian Vaney
(Bâle)
Pascal Muller/Freshfocus

Le Lausanne-Sport a sans doute apporté la pire réponse à son problème le plus récurrent dimanche. Le problème en question? Sa fragilité à la finition, qui lui vaut d’être capable de déstabiliser à peu près tous ses adversaires tout en conservant la pire attaque de Super League. À Bâle, personne n’a pu reprocher à Zeki Amdouni et ses coéquipiers leur manque de réalisme. Parce qu’occasions il n’y a quasiment pas eus. Le LS a même réussi à s’inventer un but, ce penalty transformé par Stjepan Kukuruzovic. Plus qu’il ne pouvait sincèrement espérer au regard de sa production offensive.

Un problème? Disons plutôt un pas en arrière, nécessairement embêtant lorsqu’on a déjà du retard sur le reste de la classe. Il y aura toujours des matches moins aboutis que d’autres, se rendre à Saint-Jacques n’a jamais rien eu d’évident, encore moins sans deux milieux titulaires (Cameron Puertas et Trazié Thomas), alors cette contre-performance (sur la forme) vaut davantage pour l’alerte qu’elle envoie que pour la vérité du jour. La vérité du jour, c’est ce Lausanne-Sport qui a réussi l’exploit de sortir avec des regrets d’un match où il n’a cessé d’être dominé. La faute à l’égalisation de Pajtim Kasami à la dernière minute. L’alerte, c’est d’arriver à Noël sans être beaucoup plus avancé que l’été dernier.

Lorsqu’on revient quatre ou cinq mois en arrière, on aperçoit la feuille blanche avec laquelle les Vaudois ont débuté leur saison. Trois ou quatre griffures noires en guise de certitudes: Mory Diaw valeur sûre dans les buts, un milieu de terrain bâti autour de Cameron Puertas et Stjepan Kukuruzovic, éventuellement Hicham Mahou pour sa vivacité aux avant-postes. Le reste, c’était l’inconnue. Des paris, des coups, des espoirs de progression plus ou moins fulgurante. Autrement dit, miser sur la jeunesse en espérant que l’insouciance prenne le dessus sur l’inexpérience.

Saint-Gall-Lausanne, point de chute ou de départ?

Le fait est que, tant bien que mal, la feuille a fini par se noircir. Grâce à ceux qui avaient la carrure pour réussir sans attendre (Zeki Amdouni par exemple), ceux qui se sont révélés (Anel Husic) ou ceux qui sont arrivés pour combler les lacunes (la charnière centrale Lamine Koné et Simone Grippo). Même avec ces certitudes-là, Lausanne n’a pas l’étoffe d’un cador. Mais assurément un rôle à jouer au sein d’une Super League qui se cherche chaque année de bonnes surprises. Quand le LS bat Saint-Gall il y a deux semaines, il ne devient pas soudain un prétendant à l’Europe. Mais il prouve que ses progrès peuvent faire de lui un adversaire respecté de la ligue.

Seulement, ce succès ne peut pas être un aboutissement, une valeur référence. Pas lorsqu’il faut un autogoal pour passer l’épaule. Encore moins lorsqu’il a fallu quatorze matches pour y arriver. Au Kybunpark, le LS a juste trouvé un point de repère. Avant ça, il était l’équipe qui inquiétait par son classement et qui générait de l’espoir par ses progrès. Depuis, il est celle qui avance à reculons: une situation un poil plus confortable au classement, davantage d’inquiétudes dans le jeu. Et cette feuille qui blanchit à nouveau, même si sa charnière centrale ressemble aujourd’hui à un vrai bon point d’encrage. Rien n’est figé, mais s’il termine le premier tour sur cette dynamique, on n’aimerait pas être dans la tête de ses membres durant la trêve.

Anel Husic s’est bâti un statut à défendre

Il n’y a pas de honte à perdre à Bâle. Donc encore moins à ramener un point. Seulement, celui-ci ne peut effacer les constats et les questionnements dérangeants. Où se trouvait l’équipe en passe de réussir un exploit grandiose et d’obtenir une victoire capitale de la 92e à la 95e minutes? Pourquoi une telle difficulté à construire une sortie de balle ou une rupture efficaces? Voilà pour les questions. L’un des constats qui fâchent, c’est ce couloir gauche défendu avec tellement de peine dimanche. D’abord par Anel Husic, qui a prouvé avoir le niveau de Super League et qui doit constituer une certitude pour les Vaudois. Ensuite par Toichi Suzuki.

Le Lausanne-Sport a deux matches avant Noël. Zurich puis Sion. Qui doivent servir à se dessiner un avenir et une direction, avant toutes considérations comptables.

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