Football - Au LS, le découragement est un danger imminent

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FootballAu LS, le découragement est un danger imminent


A force de ne pas voir leurs efforts récompensés, le moral des joueurs d’Ilija Borenovic pourrait fortement s’en ressentir. Un abattement qui aurait de désastreuses conséquences.

par
André Boschetti

Grave mais pas encore désespérée. Ainsi pourrait-on résumer la situation dans laquelle se retrouve le Lausanne-Sport au moment d’aborder l’ultime ligne droite de cette première moitié de saison.

Cinq derniers matches qui diront beaucoup plus clairement quels sont les espoirs que les Vaudois peuvent encore nourrir dans un championnat qu’ils ont commencé de la pire des manières, avant de réussir à redresser quelque peu la barre depuis un mois. Pas suffisamment toutefois pour se départir de cette lanterne rouge qu’ils trimballent, presque en continuité, comme un fardeau depuis juillet. Avec, comme première et douloureuse conséquence, d’être aujourd’hui aux yeux de tous le principal candidat à la relégation en Challenge League.

Une situation toujours plus précaire d’autant plus rageante et frustrante que le calendrier leur offrait - avec trois rencontres à la Tuilière face à des adversaires à leur portée - une magnifique opportunité de donner un tour différent à un exercice jusque-là cauchemardesque. Or, les quatre unités récoltées contre Grasshopper, Lucerne et Lugano sont bien loin du butin espéré par le LS.

Un constat qui est heureusement plus alarmant sur le plan comptable qu’il ne l’est dans les faits. Avec un soupçon de lucidité et de chance en plus - un dernier point qui vient rarement au secours des équipes de bas de tableau - les Vaudois auraient certainement quelques précieuses unités supplémentaires à leur compteur. Ce qui présente au moins l’avantage de les conforter dans l’idée qu’ils ne sont pas inférieurs à leurs concurrents dans le jeu. Mais qui souligne aussi en gras les lacunes jusque-là rédhibitoires dont souffre ce très jeune groupe.

Un programme compliqué

Ilija Borenovic avait su, lors de la dernière pause internationale, travailler dur pour ranimer un LS alors proche de la perdition. Durant ces quinze prochains jours, il lui faudra en faire davantage encore pour que son équipe franchisse très rapidement un nouveau palier. Car le programme des Lausannois jusqu’à Noël s’annonce autrement plus compliqué que celui qu’ils viennent de connaître. Avec trois déplacements, dans l’ordre à Saint-Gall, Bâle et Sion, entrecoupés de deux matches à domicile seulement - Servette et Zurich -, le risque de sombrer existe.

Dans cet ordre d’idées, la prochaine confrontation en terres saint-galloises apparaît déjà cruciale. La question que les supporters se posent déjà est de savoir comment les Vaudois pourront proposer une performance collective sans tache pour s’offrir leur premier succès à l’extérieur de la saison. Car, comme on a pu le constater contre YB, Lucerne et Lugano, le LS a nettement baissé de ton après des premières mi-temps très encourageantes, au cours desquelles le dénominateur commun a été d'avoir vu ses louables efforts trop peu (Lucerne) ou pas du tout (YB et Lugano) récompensés.

La victoire comme seul remède

Une préoccupante baisse de régime qui pourrait avoir comme cause principale le découragement. Compréhensible pour un groupe inexpérimenté où les vrais leaders et les joueurs de caractère sont rares. La seule façon d’éviter de retomber dans une spirale négative reste donc toujours la même: gagner au plus vite un match.

Chacun a pu vérifier les bénéfices immédiats sur le jeu et l’attitude des Vaudois après leur unique victoire, contre Grasshopper. L’emporter à Saint-Gall dans deux semaines serait le meilleur - et peut-être le seul - remède contre cette sinistrose qui s’approche toujours plus à chaque revers. L’immense défi qu’auront Ilija Borenovic et son staff ces deux prochaines semaines sera de trouver en peu de temps la recette pour que leur groupe acquière un peu plus de cette indispensable confiance en eux, qui semble s’étioler au fil de ces résultats négatifs qui s’enchaînent.

Pour cela, il est primordial que leurs attaquants trouvent, dès le 19 novembre, un peu plus facilement le chemin des filets. Pas évident contre un adversaire qui vient coup sur coup de battre Bâle et Young Boys, les deux cadors du pays. Comme le souligne avec raison le coach lausannois «le LS ne joue actuellement pas comme un dernier». Mais il a déjà en lui les premiers symptômes d’un dernier. Et avec le découragement qui accompagnerait inévitablement de nouvelles défaites, le retard des Vaudois sur la huitième place et sur le futur barragiste risque dès lors de s’accroître dangereusement d’ici à Noël.

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