Actualisé 10.04.2016 à 18:44

Frontière grecqueAu moins 260 migrants blessés à Idomeni

La police de Macédoine a repoussé des réfugiés venant de Grèce en utilisant des des gaz lacrymogènes.

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Le camp d'Idomeni a été évacué. Plusieurs milliers de personnes ont été déplacées vers des centres d'accueils, notamment à Thessalonique. (26 mai 2016)

Le camp d'Idomeni a été évacué. Plusieurs milliers de personnes ont été déplacées vers des centres d'accueils, notamment à Thessalonique. (26 mai 2016)

Marko Djurica, Reuters
A Idomeni, des heurts ont éclaté entre migrants et policiers macédoniens. Ces derniers ont utilisé des gaz lacrymogènes. (Dimanche 10 avril)

A Idomeni, des heurts ont éclaté entre migrants et policiers macédoniens. Ces derniers ont utilisé des gaz lacrymogènes. (Dimanche 10 avril)

Stoyan Nenov, Reuters
Peu après 5 heures, un petit ferry, Lesvos, et un catamaran plus imposant, Nezli Jale, ont embarqué un total de 131 personnes (Lundi 4 avril 2016).

Peu après 5 heures, un petit ferry, Lesvos, et un catamaran plus imposant, Nezli Jale, ont embarqué un total de 131 personnes (Lundi 4 avril 2016).

Keystone

La tension est montée d'un cran dimanche dans le camp de réfugiés d'Idomeni, à la frontière gréco-macédonienne. La police macédonienne a utilisé des gaz lacrymogènes pour repousser plusieurs centaines de migrants massés en territoire grec. Au moins 260 personnes ont été blessées, selon MSF.

Les incidents ont commencé en fin matinée. Des témoins ont expliqué que la tension était progressivement montée alors qu'un petit groupe de migrants tentait de discuter avec des gardes-frontières macédoniens et demandaient l'ouverture de la barrière.

Face au refus de leurs interlocuteurs, d'autres migrants ont commencé à marcher vers la frontière, ont-ils ajouté. Ils étaient environ 500 rassemblés le long de la barrière frontalière lorsque certains d'entre eux ont tenté de forcer le grillage et ont jeté des pierres contre les policiers macédoniens.

Ces derniers ont répondu en tirant des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes, selon des sources policières grecque et macédonienne. Des dizaines de migrants se sont évanouis et ont été secourus dans les unités médicales des ONG du camp d'Idomeni. Certains migrants ont couvert de dentifrice leur visage pour, selon eux, se protéger, selon un photographe de l'AFP sur place.

Balles en plastique?

«Environ 300 personnes ont été blessées, dont 200 ont été secourues par notre unité médicale pour des problèmes respiratoires, 30 pour des blessures provenant des balles en plastique et 30 pour d'autres blessures», a indiqué Achilleas Tzemos, responsable de Médecins sans Frontières (MSF) dans le camp d'Idomeni.

La police macédonienne a nié avoir utilisé des balles. Selon elle, «trois policiers ont été blessés légèrement». Les policiers macédoniens «ont tiré des gaz pour se protéger et (protéger) la frontière quand un groupe de migrants a tenté de détruire le grillage», a indiqué Toni Angelovski, porte-parole du ministère de l'Intérieur. Il a assuré que «la situation était sous contrôle, mais que les incidents continuaient (dimanche après-midi) et qu'aucun migrant n'a réussi à franchir la frontière».

Le gouvernement grec a dénoncé le recours à la force contre des migrants. «L'usage sans discernement de produits chimiques, de balles en caoutchouc ou de grenades assourdissantes contre des populations vulnérables, et particulièrement sans qu'une telle force soit justifiée, constitue un acte dangereux et déplorable», selon George Kyritsis, porte-parole de la coordination des migrations au sein du gouvernement.

Sur la base d'une rumeur

Le nombre des migrants et réfugiés n'a cessé d'augmenter à Idomeni, comme dans d'autres camps en Grèce, depuis février après la fermeture des frontières décrétée par plusieurs Etats des Balkans. A Idomeni, personne n'a pu passer la frontière vers la Macédoine depuis plusieurs semaines.

Plus de 11'000 migrants et réfugiés campent depuis un mois et demi à Idomeni dans des conditions misérables. Ils manifestent quasi quotidiennement pour l'ouverture de la frontière.

La manifestation de dimanche a été organisée après des rumeurs qui avaient circulé la veille dans le camp. Des tracts distribués en langue arabe indiquaient que la frontière allait rouvrir, a indiqué une source policière grecque.

«Non aux camps-prisons»

Les tentatives du gouvernement grec pour convaincre les migrants d'Idomeni et du port du Pirée de quitter les lieux et d'être transférés dans des centres d'accueil n'ont pour le moment pas eu les résultats attendus. Les migrants craignent d'être enfermés ou expulsés.

Dans le port d'Athènes, au Pirée, plusieurs centaines de migrants ont manifesté dimanche à l'appel d'une commission de coordination de sympathisants, de syndicats, du parti de gauche Antarsya et de l'ONG «Open the borders». «Liberté», «Non aux camps-prisons» étaient inscrits en anglais et en arabe sur les banderoles en tête du cortège.

(ats)

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