Publié

ConclaveAucun candidat fort n'émerge pour le poste de pape

Il n'y a aucun candidat fort à l'heure actuelle qui sort du lot pour être élu pape au cours du conclave qui débutera vraisemblablement la semaine prochaine, a estimé jeudi le vaticaniste italien Marco Politi.

Benoît XVI délivre son message d'adieu aux cardinaux le 28 février 2013.

Benoît XVI délivre son message d'adieu aux cardinaux le 28 février 2013.

Keystone

«En 2005 il y avait un candidat fort, Joseph Ratzinger, qui avait recueilli dès le premier vote 47 à 49 voix» sur les 77 nécessaires pour être élu à l'époque quand deux 'groupes' s'affrontaient, celui des 'progressistes' et celui des 'conservateurs', a rappelé Marco Politi devant la presse étrangère à Rome.

«A l'heure actuelle il n'y a pas deux blocs définis, ni de candidats forts. La situation est très mouvante, il y a beaucoup de confusion», a-t-il ajouté. Le groupe de cardinaux le plus important dans le conclave qui réunit 115 cardinaux électeurs est celui des Italiens avec 28 princes de l'Eglise «mais ils sont divisés, ils ne se battent pas en faveur d'un candidat».

Marco Politi a ainsi estimé que la Curie romaine, le gouvernement central de l'Eglise catholique, était divisée en «quatre courants», deux gravitant autour des cardinaux italiens Tarcisio Bertone et Mauro Piacenza, le troisième autour de l'ancienne équipe diplomatique vaticane et le dernier étant formé d'«indépendants».

«Le courant réformateur a plusieurs 'faiseurs de rois', comme les cardinaux autrichien Christoph Schönborn, allemand Walter Kasper, ou français André Vingt-Trois, mais il n'a pas un favori, un candidat clair», a estimé Marco Politi. «D'une manière générale, il n'y a pas de blocs nationaux unis», a-t-il ajouté.

Conclave de plusieurs jours

«Les cardinaux américains, qui arrivent et repartent ensemble et tenaient des conférences de presse avant de se faire rappeler à l'ordre par les autres cardinaux, sont unis dans la méthode, comme épiscopat, pour affronter l'opinion publique, mais pas sur un candidat», a estimé Marco Politi.

Sans vouloir se livrer à des pronostics, il a estimé que le conclave pourrait durer trois ou quatre jours et qu'il faudrait «au moins» huit votes, «sans exclure cependant une solution plus rapide». Évoquant la démission de Benoît XVI, il a estimé que cette dernière a été «le dernier acte de la crise de son pontificat» et elle a été «traumatique car les cardinaux ne s'y attendaient pas».

Selon l'expert, elle n'était pas cependant totalement imprévisible, Joseph Ratzinger ayant déjà affirmé à l'époque où son prédécesseur Jean Paul II était encore en vie mais malade, qu'il était juste que ce dernier démissionne s'il ne se sentait pas la force de continuer. Pour Marco Politi, l'affaire Vatileaks sur la fuite de documents confidentiels du Vatican n'a fait qu'«accélérer sa décision de démissionner».

(AFP)

Votre opinion