Football: Aucun coach encore viré, du quasi jamais vu en Super League!

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FootballAucun coach encore viré, du quasi jamais vu en Super League!

Le premier tour du championnat s'est terminé sans la moindre révolution de banc. Mais certains occupants peuvent commencer à trembler…

par
Nicolas Jacquier
Après la défaite contre NE Xamax, Fabio Celestini, coach du FC Lugano, regagne les vestiaires.

Après la défaite contre NE Xamax, Fabio Celestini, coach du FC Lugano, regagne les vestiaires.

Keystone

C'est une très agréable première en même temps qu'une relative surprise dont il faut se réjouir: le premier tour du championnat s'est achevé sans aucun changement de banc en Super League. Une telle situation ne s'était plus produite depuis la saison 2014-2015. A l'époque, Frédéric Chassot, alors coach du FC Sion, avait «sauté» après la dixième journée et une défaite à Vaduz (1-0).

A titre comparatif, deux clubs avaient déjà viré leur entraîneur la saison passée à pareille époque. A Bâle, Raphaël Wicky avait même été remplacé dès la première journée. Le technicien valaisan n'avait pas survécu à la défaite initiale concédée contre Saint-Gall au Parc Saint-Jacques (1-2). Il avait été suivi trois semaines plus tard par Maurizio Jacobacci (FC Sion), évincé au profit de Murat Yakin. Au total, on avait enregistré pas moins de sept changements de coaches, tous victimes de l'impatience de leurs dirigeants respectifs.

Une année plus tôt, c'est Carlos Bernegger (Grasshopper) qui avait très rapidement, dès le 24 août, bouclé ses valises et inauguré le carrousel des coaches. Lors de la saison 2016-2017, c'est le FC Sion qui avait eu cet «honneur», avec la mise à pied de Didier Tholot le 12 août. Bien sûr, la situation actuelle qui prévaut en Super League n'est que très provisoire. Il convient donc d'en profiter car les candidats au siège éjectable ne manquent pas.

Celestini en sursis à Lugano

Alors que Ludovic Magnin (FC Zurich) a peut-être sauvé sa tête en l'emportant contre Servette, Marc Schneider, le doyen des entraîneurs de Super League - il est en poste depuis le 1er juillet 2017 -, sait qu'il lui faudra rapidement inverser la tendance, quand bien même le FC Thoune n'est pas du genre à dégainer plus vite que son ombre.

Au Tessin, la défaite dominicale de Lugano contre l'ancienne lanterne rouge Xamax a encore davantage fragilisé Fabio Celestini, dont l'équipe peine à reproduire le jeu parfois enthousiasment pratiqué ce printemps. «Il nous a manqué beaucoup de choses. Nous n'avions plus beaucoup d'essence dans le réservoir, devait confier le Vaudois du Cornaredo à l'issue du match. Ce résultat ne renforce bien sûr pas ma position.» Seul l'enchaînement rapproché des matches, Lugano rejouant dès jeudi en Ligue Europa contre les Ukrainiens du Dynamo Kiev à… Saint-Gall, offre aujourd'hui à Fabio Celestini un sursis bienvenu (lire ci-contre).

Au moment où Servette plonge dangereusement dans la sinistrose, Alain Geiger lui-même peut sans doute commencer à se faire quelques soucis. Sans être directement menacé, le coach de la Praille doit redresser un bateau qui tangue. A lui de trouver la solution gagnante pour relancer des «grenat» qui ne peuvent avoir tout perdu en l'espace d'un mois. Si vite en haut, si vite en bas. Vite adulé, vite critiqué. Pour les héros de hier, il y a souvent des lendemains qui peuvent déchanter.

On le sait, chaque changement d'entraînement représente aussi un important coût financier (avec des contrats qu'il faut honorer), ce qui peut conduire les présidents concernés à y réfléchir à deux fois avant d'actionner le couperet. Pour l'instant, personne ne semble d'ailleurs vouloir précipiter le mouvement...

«Celestini s'est un peu emballé avec ses idées»

Stop ou encore? Après une nuit de réflexion, Angelo Renzetti, le bouillant président du FC Lugano, a décidé de maintenir, en tout cas provisoirement, sa confiance à Fabio Celestini. «J'ai réfléchi, a expliqué le boss du Cornaredo au Corriere Del Ticino. J'ai imaginé la possibilité de confier l'équipe à Mirko Conte et Mattia Croci-Torti (ndlr: les deux adjoints) avant de me dire que cela n'aurait eu aucun sens avant deux matches aussi importants.» Quoi qu'il arrive jeudi en Ligue Europa, Celestini est donc assuré d'être assis sur le banc tessinois dimanche à Tourbillon. «Je crois que Celestini s'est un peu emballé avec ses idées, reprend son président. J'espère qu'il utilisera ces prochains jours pour réaliser un miracle, que quelque chose en sortira. Si rien ne devait se produire, il est clair que nous devrions alors effectuer un changement…»

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