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EurogroupeAucune décision sur la Grèce, le défaut guette

La réunion consacrée à la Grèce s'est achevée sans accord ni décision, rapprochant un peu plus le pays d'un défaut de paiement.

Ci-dessus, le ministre grec des finances Yanis Varoufakis et la directrice du FMI Christine Lagarde.

Ci-dessus, le ministre grec des finances Yanis Varoufakis et la directrice du FMI Christine Lagarde.

Keystone

La réunion des ministres des Finances de la zone euro consacrée à la Grèce s'est terminée sur un échec jeudi 18 juin au soir à Luxembourg. Cette nouvelle impasse rapproche encore un peu plus Athènes du défaut de paiement, avec une date couperet au 30 juin. Un sommet de crise est convoqué lundi à Bruxelles avec les dirigeants de la zone euro.

«J'ai décidé de convoquer un sommet de la zone euro le lundi 22 juin à 19 heures», a déclaré le président du Conseil européen Donald Tusk, cité dans un communiqué. «Il est temps de discuter de façon urgente de la situation de la Grèce au plus haut niveau politique».

Donald Tusk a pris cette décision «à la lumière du résultat de la réunion de l'Eurogroupe» (ministres des Finances de la zone euro) avec les créanciers de la Grèce, ce jeudi à Luxembourg.

Pas d'accord ni décision

Cette réunion de la zone euro consacrée à la Grèce s'est conclue sans accord, ni aucune décision, ont indiqué plusieurs responsables européens en début de soirée. Cette nouvelle impasse rapproche un peu plus le pays d'un défaut de paiement à la fin du mois.

Le ministre des Finances maltais a noté que son homologue grec avait présenté «une sorte» de plan de dernière minute lors de l'Eurogroupe, ajoutant que personne n'avait voulu le discuter.

La réunion aura duré quatre heures en tout, dont seulement une heure et demie consacrée à la crise grecque. Une source européenne au fait des discussions a qualifié la réunion de «tragique». «Il n'y a même pas eu de demande pour prolonger le programme» d'assistance financière en cours, dont bénéficie Athènes depuis 2012, a insisté cette source.

Dialogue «avec des adultes»

Lors de la conférence de presse de clôture de la réunion, le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, a appelé les autorités grecques à accepter un «compromis raisonnable» pour éviter «un sort catastrophique». Le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a souhaité qu'Athènes fasse enfin de nouvelles propositions «crédibles».

«L'urgence est de rétablir le dialogue, avec des adultes dans la salle», a pour sa part lancé la patronne du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde. «Si le paiement dû au 30 juin n'est pas effectué, la Grèce sera en situation de défaut par rapport au FMI», a-t-elle averti.

Dans pareil cas, la Banque centrale européenne pourrait ne plus maintenir le financement d'urgence des banques grecques, aggravant la situation du pays.

Du côté grec, le ministre des Finances Yanis Varoufakis a mis en garde ses partenaires de la zone euro: «Nous sommes dangereusement proches de l'état d'esprit où l'on accepte un accident», a-t-il dit après la réunion.«J'ai demandé à mes collègues de ne pas accepter une telle façon de penser», a-t-il ajouté.

Pas de différences «monstrueuses»

Le sort de la Grèce dépend d'un accord sur les économies budgétaires à réaliser et les réformes à mettre en place, mais les discussions sont dans l'impasse depuis presque cinq mois. Athènes doit rembourser quelque 1,5 milliard d'euros au FMI le 30 juin. Or les caisses sont vides, ce qui rend impératif le versement au pays des 7,2 milliards d'euros promis par ses créanciers et en suspens depuis des mois.

Cette somme ne sera plus disponible après le 30 juin, avait averti le patron de la zone euro, Jeroen Dijsselbloem, à son arrivée à Luxembourg. Certains ministres, comme M. Stubb et l'Irlandais Michael Noonan, avaient même indiqué qu'ils commençaient à se préparer au «plan B» d'un défaut grec.

Si Athènes et ses bailleurs de fonds sont d'accord sur l'ampleur de l'effort budgétaire à faire dans les années qui viennent, ils se disputent sur les moyens d'y parvenir même s'il n'y pas de «différences monstrueuses», selon les termes du Français Michel Sapin.

Athènes au pied du mur

Un des principaux points d'achoppement est la question des retraites. Sur ce point, le FMI avait tendu la main jeudi à la partie grecque avant la réunion, en se disant prêt «à la discussion».

Mais pour cela la Grèce doit «s'atteler de manière décidée» aux réformes promises à ses partenaires, avait averti à Berlin la chancelière Angela Merkel, alors qu'Athènes et ses créanciers ne cessent de se renvoyer la balle pour expliquer le blocage des négociations.

Les chances de voir le sommet de lundi aboutir à une conclusion dépendra de l'envoi par Athènes de nouvelles propositions d'ici-là, a estimé Jeroen Dijssebloem. Il a ajouté qu'en cas d'accord avec la Grèce, il faudrait une extension du plan d'aide actuel pour permettre au pays d'honorer ses échéances de remboursement du 30 juin.

(AFP)

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